Statut du corps humain

France/Espagne : transfert de gamètes pour une insémination post mortem

France/Espagne : transfert de gamètes pour une insémination post mortem

Le mercredi 31 mai 2016, le Conseil d'Etat français a rendu une décision ordonnant le transfert de gamètes du mari défunt d'une requérante afin que cette dernière puisse bénéficier d'une insémination artificielle post mortem.

L'histoire de cette femme espagnole, Mariana Gonzalez-Gomez-Turri, défraie la chronique depuis quelques temps. En 2013, son mari, atteint d'un cancer, a fait congeler son sperme, peu de temps avant un traitement risquant de le rendre stérile. Le couple vivait alors en France depuis 2013. Après une période de rémission, le jeune homme sera emporté par une leucémie le 9 juillet 2015.

Malgré l'annonce de la maladie, le couple souhaitait mettre en oeuvre une procréation médicalement assistée à l'aide des paillettes de sperme du mari conservées au Centre d'Etude et de Conservation des Œufs et du Sperme (CECOS) de l'hôpital de Tenon. La mort du jeune homme est venue interrompre ce projet.

Malgré le décès de son mari, la jeune veuve souhaite mettre en oeuvre leur « ...

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Belgique : pas de statistiques relatives au nombre total d'embryons surnuméraires congelés

Belgique - Belgique : pas de statistiques relatives au nombre total d'embryons surnuméraires congelés

Le nombre total d'embryons cryopréservés dans les congélateurs des centres de PMA en Belgique n'est pas connu. C'est le constat posé par la Ministre de la santé dans la réponse à une question parlementaire de la députée Catherine Fonck (question n°785) ce 25 avril 2016.

La congélation d'embryons remonte à plus de 30 ans, époque à laquelle s'est développée la procréation médicalement assistée. Trois lois s'attachent à régler le sort des embryons : la loi du 6 juillet 2007 relative à la procréation médicalement assistée et à la destination des embryons surnuméraires et des gamètes, la loi du 11 mai 2003 relative à la recherche sur les embryons in vitro autorisant la création et l'utilisation d'embryons humains aux seules fins de recherche et la loi du 19 décembre 2008 relative à l'obtention et à l'utilisation du matériel corporel humain destiné à des applications médicales humaines ou à des fins de recherches scientifiques, réglant le stockage et la distribution de ces embryons consid...

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Union européenne : autorisation d’un médicament à base de cellules souches humaines

Union européenne : autorisation d’un médicament à base de cellules souches humaines

A l'heure où la communauté scientifique internationale se penche sur l'avènement de la nouvelle thérapie génique du CRISPR-Cas9, la Commission européenne a autorisé pour la première fois la commercialisation d'une thérapie génique à base de cellules souches, par l'adoption de la « Décision d'exécution de la Commission portant autorisation de mise sur le marché du médicament orphelin à usage humain "Strimvelis" » le 27 mai 2016. 

Cette thérapie nouvelle, dénommée Strimvelis est produite par la multinationale pharmaceutique GlaxoSmithKline et vise à soigner les enfants atteints d'une maladie génétique extrêmement rare (15 enfants par an en moyenne en Europe), dénommée lymphocytose, et plus communément connue sous le nom de « bébés-bulle » ou « enfants-bulle ».

Elle se fonde sur l'utilisation de cellules souches de la moelle épinière de l'enfant, que l'on modifie à l'aide d'une enzyme avant de la réinjecter. Lancée il y a trois ans, l'étude clinique de cette thérapie montre que 100% d...

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Pays-Bas : euthanasies et don d’organes

Pays-Bas - Pays-Bas : euthanasies et don d’organes

Aux Pays-Bas, pour la première fois, l'Erasmus Medisch Centrum (EMC) de Rotterdam en partenariat avec la Clinique de fin de vie a expérimenté une euthanasie avec plusieurs personnes bénéficiaires, pour un foie, un rein, un pancréas. Le prélèvement a dû se faire à l'hôpital et de manière assez rapide, car les patients attendaient dans cinq salles attenantes pour recevoir leur organe.

Bien que cette pratique ne soit applicable que pour les patients non cancéreux, le don d'organes post-euthanasique gagne du terrain. Depuis 2012, on estime que des organes ont été prélevés sur 15 personnes euthanasiées, parmi lesquelles 9 personnes rien que pour 2015. Il n'existe cependant pas de sources statistiques officielles et fiables en la matière.

La pratique du don d'organes lié à une euthanasie n'est pas sans poser certaines questions éthiques, comme le souligne l'article que le Dr Van Dijk, éthicien à l'Erasmus MC, a fait paraître en 2013 dans le Nederlands Tijdschrift voor Geneeskunde. Si l'o...

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Pays-Bas : un courrier ministériel aux jeunes pour inciter au don d’organes

Pays-Bas - Pays-Bas : un courrier ministériel aux jeunes pour inciter au don d’organes

La Ministre néerlandaise de la Santé, Edith Schippers, a décidé d'envoyer une lettre personnelle à tous les jeunes de 18 ans afin de les inviter à s'enregistrer auprès de leur administration communale comme donneurs d'organes. Cette campagne est appuyée par des clip-vidéos télévisés qui encouragent les jeunes à parler avec leur proches et parents de cette problématique.

Actuellement, aux Pays-Bas, 40% des habitants se sont déclarés donneurs d'organes. Sur un total estimé de 2.9 millions de donneurs potentiels, 730.000 se sont opposés à tout prélèvement. La Ministre de la santé voudrait réformer le système en faveur d'un régime juridique de consentement présumé. Tout citoyen qui n'aurait pas explicité officiellement son refus de don d'organes serait automatiquement considéré comme donneur potentiel. Ce système est actuellement en vigueur en Belgique et en France.

La philosophie et la dynamique du don d'organes sont ici questionnées. Donner ses organes suite à une démarche consciente...

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France : extension du don de gamètes aux personnes n’ayant pas eu d’enfants

France : extension du don de gamètes aux personnes n’ayant pas eu d’enfants

Le 15 octobre 2015, Marisol Touraine, Ministre en charge de la Santé en France a pris un décret en application de la loi de bioéthique du 7 juillet 2011 afin d'élargir les conditions de don d'ovocytes aux personnes n'ayant pas eu d'enfants, alors que la loi limitait auparavant le don d'ovocytes aux femmes majeures jusque 37 ans et ayant déjà donné naissance à un enfant. Les hommes ont jusque 45 ans pour effectuer un don de sperme.

Le but de cette nouvelle mesure est d'accroître le nombre de Fécondations In Vitro Et Transfert d'Embryon (FIVETE) d'une part et d'élargir le pourcentage de chances de réussite des FIVETE car le taux de réussite augmente avec des donneuses plus jeunes qui produisent davantage d'ovocytes. Les derniers chiffres fournis par l'Agence de la Biomédecine (ABM) indiquent qu'en 2013, sur 797 tentatives, seuls 198 enfants sont nés. Près de ¾ des opérations ont donc échoué. Ainsi, il faut beaucoup de gamètes pour peu de chances de réussite. L'objectif du Ministère de...

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Belgique : prélèvement d’organes après euthanasie : une nouvelle catégorie

Belgique - Belgique : prélèvement d’organes après euthanasie : une nouvelle catégorie

Le prélèvement d'organes est réglementé et contrôlé de façon stricte dans nos pays. Depuis plus de 15 ans, la Belgique se trouve parmi les 3 pays du monde comptant le plus grand nombre de donneurs d'organes post-mortem (entre 25 et 30 par million d'habitants). Ce résultat est la conséquence de la loi belge de type « opting-out » (qui ne dit mot consent), de la motivation des équipes médicales et paramédicales, et des diverses politiques d'information de la population sur l'importance du don d'organe.
Dans certains cas, un prélèvement après un arrêt cardiaque est envisageable. La classification de Maastricht prévoit 4 situations :
Catégorie I : arrêt cardiaque sur le lieu de l'accident ou à domicile.
Catégorie II : arrêt cardiaque à l'arrivée à l'hôpital et échec des manoeuvres de réanimation.
Catégorie III : arrêt thérapeutique programmé.
Catégorie IV : arrêt cardiaque chez un sujet dont la mort cérébrale a été diagnostiquée.
Forte de son expérience, non seulement en matière de trans...

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Royaume-Uni : un bébé devient donneur d’organes quelques heures après sa naissance

Royaume-Uni - Royaume-Uni : un bébé devient donneur d’organes quelques heures après sa naissance

En 2014, à la douzième semaine d'une grossesse gémellaire, des médecins britanniques ont détecté chez l'un des deux foetus une anencéphalie, c'est-à-dire une absence de cerveau, laissant augurer d'une mort certaine dès la naissance. Après avoir proposé un avortement thérapeutique à la mère, intervention qu'elle a refusée, celle-ci a demandé si le don d'organes d'un bébé de moins de 2 mois serait autorisé.
Le 22 avril 2014, à l'hôpital universitaire du Pays de Galles, les jumeaux sont nés et le petit Teddy est décédé après 100 minutes. Ses parents ont alors offert ses reins à un adulte souffrant d'insuffisance rénale. « Jusqu'à une période relativement récente, il n'y avait pas de dons (d'organes) de bébé de moins de deux mois. Mais il existe des preuves montrant que de nombreux organes de bébés peuvent être transplantés avec succès chez des enfants et des adultes », a expliqué le chirurgien qui a effectué l'opération, Niaz Ahmad.
Selon le Dr. Paul Murphy, un spécialiste des transplan...

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Belgique : utiliser Facebook pour trouver un donneur d'organes ?

Belgique - Belgique : utiliser Facebook pour trouver un donneur d'organes ?

Découragé face au nombre de personnes en attente d'un don d'organe (1248 patients), un père de famille de Flandre âgé de 39 ans, Marien, et dont la vie dépend d'un don de rein, a pris les choses en mains il y a 4 mois. Doué en communication, Marien a fait un appel, via les réseaux sociaux, afin de se trouver un donneur compatible, âgé entre 18 et 45 ans, parmi ses « amis » Facebook.
Moins d'un mois après, 8 personnes se sont manifestées et se sont dit prêtes à lui donner l'un de leurs reins. Toutefois, les médecins du Centre universitaire de Leuven chargés des transplantations, ont refusé de procéder au prélèvement et à la transplantation arguant que cela posait non seulement des questions éthiques et de « justice sociale » par rapport aux autres personnes en attente, mais surtout qu'il y avait un cadre légal strict relatif au don d'organes en Belgique. Celui-ci exige en effet que l'anonymat du donneur soit préservé, sauf s'il s'agit de proches ou de membres de la famille. Steven Ver...

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Trafic d’organes : une convention internationale contre le trafic d'organes

Trafic d’organes : une convention internationale contre le trafic d'organes

Le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe avait adopté le 9/07/2014 la 1ère convention internationale contraignante en matière de lutte contre le trafic d'organes.
Ce 25 mars 2015, lors de la cérémonie d'ouverture à la signature qui s'est déroulée en Espagne, cette Convention a été soumise à la signature de tous les Etats, qu'ils soient membres ou non du Conseil de l'Europe. Etant donné que le trafic d'organes constitue une violation des droits fondamentaux, notamment de la dignité humaine et de l'intégrité de la personne, cette Convention pénale contre le trafic d'organes constitue une opportunité pour sanctionner les actes inacceptables liés à la transplantation d'organes. Cet instrument juridique vient s'ajouter aux outils juridiques internationaux de lutte contre la traite d'êtres humains, y compris la traite à des fins de prélèvement d'organes. Jusqu'à ce jour, le fait de disposer de normes strictes concernant les centres de prélèvement et de transplantation, l'allocation d...

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