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"Soulager mais pas tuer" : l'Assemblée nationale française n'adopte pas la proposition de loi sur l'euthanasie

France - "Soulager mais pas tuer" : l'Assemblée nationale française n'adopte pas la proposition de loi sur l'euthanasie

- Euthanasie et suicide assisté

Le 8 avril dernier, les députés français ont débattu d'une proposition de loi visant à dépénaliser l'euthanasie. Déposée par un groupe parlementaire d'opposition (Libertés et Territoires), la proposition vise, selon ses auteurs, à « donner le droit à une fin de vie libre et choisie », en permettant à un médecin de donner la mort au patient qui le demande et qui répond aux conditions de la loi.

 

Si la proposition parle d' « aide active à mourir », il s'agit effectivement pour le médecin, aux termes de l'article 1er, d'administrer une substance létale consistant et visant à mettre fin à la vie de la personne.

 

La proposition de loi s'inscrit par ailleurs dans le contexte d'une offensive parlementaire constituée de plusieurs propositions de loi visant chacune à dépénaliser l'euthanasie en France, alors que la crise sanitaire révèle la nécessité d'un accompagnement médicosocial renforcé des personnes vulnérables et des patients en fin de vie.

Tenant compte des défauts persistants ...

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Pour les soignants, une formation à l’accompagnement du deuil périnatal

Belgique - Pour les soignants, une formation à l’accompagnement du deuil périnatal

- Grossesse



La perte d'un enfant autour de sa naissance peut s'avérer d'autant plus difficile à traverser pour les parents que le deuil périnatal est encore peu reconnu dans notre société. Et pour cause : les parents sont parfois les seuls à avoir vu l'enfant ou senti sa présence, voire la mère uniquement lorsque l'enfant décède durant la grossesse. Ainsi, il peut arriver que les soignants ou les proches n'accordent pas toute la place nécessaire à ce deuil très particulier.

Les professionnels de la santé se trouvent parfois démunis lorsqu'ils doivent annoncer une pathologie grave ou le décès du bébé. Leurs gestes et mots ont pourtant toute leur importance dans l'accueil de la souffrance des parents. Consciente de leurs besoins, la thérapeute Hélène Gérin a mis sur pied une nouvelle formation pour les soignants qui accompagnent les parents dont le bébé décède : sages-femmes, infirmiers-ères, gynécologues, échographistes, pédiatres, thérapeutes, doulas etc. La formation se déroule sous forme de...

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Le Canada autorise l’euthanasie des personnes handicapées qui ne sont pas en fin de vie

Canada - Le Canada autorise l’euthanasie des personnes handicapées qui ne sont pas en fin de vie

- Euthanasie et suicide assisté

Moins de cinq ans après avoir dépénalisé l'euthanasie, le Canada vient d'en assouplir largement les conditions d'accès.

L'euthanasie, désignée par l'expression d'« aide médicale à mourir » (AMM, MAiD en anglais) dans la loi canadienne, est désormais ouverte à toute personne atteinte d'une affection grave et incurable et qui souhaite mourir.

La loi C-7, votée en février dernier par le Parlement fédéral et entrée en vigueur ce 17 mars, contient ainsi trois modifications substantielles des conditions d'accès à l'euthanasie.

 

Suppression du critère de fin de vie et élargissement aux personnes handicapées physiques

En premier lieu, est désormais supprimé le critère de « mort raisonnablement prévisible » conditionnant jusqu'ici la pratique de l'euthanasie. Sur le plan médical, ne subsiste dès lors plus que la condition liée à l'existence d'une maladie grave et incurable et au fait, pour le patient, d'éprouver des souffrances qu'il juge lui-même insupportables.

 

En pratique, cet él...

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Espagne : la loi euthanasie bientôt déclarée inconstitutionnelle ?

Espagne - Espagne : la loi euthanasie bientôt déclarée inconstitutionnelle ?

- Euthanasie et suicide assisté

Dans un vote définitif intervenu le 18 mars dernier, le Parlement espagnol a adopté la « loi organique sur la réglementation de l'euthanasie ».

Cette loi introduit une exception à l'interdiction de mettre fin à la vie d'autrui, dans le cas où le patient ayant effectué la demande d'euthanasie est atteint d'une « maladie grave et incurable » ou d'une « affection grave, chronique et invalidante », provoquant dans chaque cas « une souffrance physique ou psychique constante et intolérable pour la personne qui en souffre ».

  Dans chaque cas, le critère lié à la souffrance est envisagé de manière subjective : ce que dit le patient de sa souffrance fait loi, et implique que le corps médical fasse droit à sa demande qu'il soit mis fin à sa vie. Quant à la deuxième hypothèse, liée à l'absence de maladie incurable mais à une affection chronique, l'accent est mis sur ce qui est considéré comme une perte d'autonomie - physique ou relationnelle - de la personne. L'existence de cette deuxième hy...

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« Laissez-nous entrer dans l’histoire » : une campagne grand format pour l'accueil des personnes trisomiques

« Laissez-nous entrer dans l’histoire » : une campagne grand format pour l'accueil des personnes trisomiques

- Trisomie 21

Du 18 au 24 mars dernier, les métros parisiens ont déroulé le tapis rouge en l'honneur des personnes porteuses de trisomie 21, fêtées annuellement le 21 mars. Dans plus de 130 stations, d'imposantes affiches laissaient voir les visages souriants d'enfants porteurs de trisomie dans les tenues de Charlie Chaplin, du Général De Gaulle, d'Edith Piaf, de Napoléon ou encore d'une joueuse de l'équipe de France de football. Ces petits héros lançaient un appel aux voyageurs : "Laissez-nous entrer dans l'histoire !". La Fondation Jérôme Lejeune, auteur de la campagne, a souhaité par-là rendre « visibles les rêves intimes de ceux qui sont de moins en moins visibles dans notre société ». La Fondation constitue le plus grand centre médical d'Europe spécialisé dans la Trisomie 21 et le premier financeur de la recherche sur ce handicap. Depuis sa création après le décès du Professeur Jérôme Lejeune, découvreur de la trisomie, elle s'attache à défendre la dignité de ces personnes quel que ...

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Nouveau dossier de l'IEB : l'usage des mots en bioéthique

Nouveau dossier de l'IEB : l'usage des mots en bioéthique

- Embryons

Choisir les bons mots lorsqu'on parle de sujets aussi délicats que la vie naissante, la mort, une grossesse imprévue, la découverte d'un handicap, les soins en fin de vie ou l'euthanasie, constitue un défi perpétuel. Comment tendre vers les mots justes tout en prenant soin du dialogue ?

 

"Mal nommer les choses, disait Albert Camus, c'est ajouter au malheur du monde." Si nous voulons bâtir un monde plus accueillant pour la personne et la vie humaines, aussi fragiles soient-elle, la question du choix des mots est essentielle.

 

Le choix des mots en bioéthique : c'est ce que propose Xavier Dijon, professeur em. de philosophie du droit à l'UNamur dans ce nouveau dossier de l'IEB.

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Portugal : la loi sur l'euthanasie déclarée inconstitutionnelle

Portugal - Portugal : la loi sur l'euthanasie déclarée inconstitutionnelle

- Euthanasie et suicide assisté

Dans un arrêt rendu ce lundi 15 mars, le Tribunal constitutionnel portugais juge la loi sur l'euthanasie contraire à la Constitution.

Quelques jours après l'adoption de la proposition de loi par le Parlement portugais le 29 janvier 2021, le Président de la République, Marcelo Rebelo de Sousa a saisi la juridiction suprême du Portugal pour qu'elle examine la conformité de la loi à la constitution. Le Président pointait en particulier le manque de précision des conditions d'accès à la mort médicalement assistée, parmi lesquelles la « situation de souffrances intolérables » et la présence d'une « lésion définitive et d'extrême gravité selon le consensus scientifique » pouvant donner lieu à une insécurité juridique dans l'application de la loi.

 

Conclusions du Tribunal

Dans son arrêt, rendu à une majorité de sept juges contre cinq, le Tribunal constitutionnel s'est prononcé en faveur de l'inconstitutionnalité de la loi de dépénalisation de l'euthanasie. Aux yeux du Tribunal, la cond...

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Développement d’embryons humains en laboratoire au-delà des 14 jours ?

Développement d’embryons humains en laboratoire au-delà des 14 jours ?

- Recherche sur les embryons

Dans un article publié le 5 mars dernier, des scientifiques invitent les décideurs politiques à repousser la limite des 14 jours durant laquelle les chercheurs sont autorisés à observer le développement d'embryons en éprouvette (in vitro). L'appel s'adresse également à la Société Internationale pour la Recherche sur les Cellules souches (ISSCR), l'organisation phare qui rassemble les chercheurs en matière de cellules souches et dont la position revêt une certaine autorité pour les législateurs nationaux. L'auteur principal de l'article, Insoo Hyun, est professeur de bioéthique à l'Université de Cleveland (Ohio, USA), et fut titulaire de plusieurs responsabilités au sein de l'ISSCR, notamment comme président de son Comité d'Ethique et de Politique publique. Le moment choisi pour lancer l'appel n'est pas anodin : l'ISSCR devrait bientôt réviser ses lignes de conduite en matière de recherche sur l'embryon.

  Pourquoi 14 jours ?

  Depuis la fin des années 70 et les premières fécondatio...

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Baisse inédite du nombre d'euthanasies déclarées en Belgique en 2020 : quel lien avec le COVID ?

Belgique - Baisse inédite du nombre d'euthanasies déclarées en Belgique en 2020 : quel lien avec le COVID ?

- Euthanasie et suicide assisté

Le 2 mars dernier, la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie en Belgique a publié les chiffres relatifs aux euthanasies déclarées durant l'année 2020.

 

Des données publiées, il ressort en premier lieu une baisse inédite du nombre d'euthanasies déclarées à la Commission en 2020, en comparaison de l'année 2019 : de 2656 euthanasies déclarées en 2019, l'on passe à 2444 euthanasies, soit une baisse de 7,9%. C'est ainsi la première fois, depuis la dépénalisation de l'euthanasie en 2002, qu'une telle baisse est déclarée, après seize années de hausse continue (les chiffres ayant littéralement décuplé).

 

Dans la mesure où le rapport en question est principalement descriptif, les membres de la Commission n'indiquent pas les raisons pouvant expliquer une telle baisse. Il conviendra d'attendre le rapport bisannuel à paraître en 2022, proposant une analyse détaillée des tendances chiffrées.

 

Quel lien entre cette baisse des euthanasies déclarées et les mesures s...

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Rapport avortement : impossible de poser un juste diagnostic sur les raisons qui poussent les femmes à avorter

Belgique - Rapport avortement : impossible de poser un juste diagnostic sur les raisons qui poussent les femmes à avorter

- Avortement

Version complète de l'analyse ICI.

  18 273 avortements ont été déclarés en 2018 d'après le nouveau rapport de la Commission nationale d'évaluation de l'interruption volontaire de grossesse (ci-après : "la Commission"). Ce chiffre a légèrement baissé en 2019 avec 18 027 avortements, ce qui revient à un avortement pour 7,7 naissances et à 8,4 femmes concernées pour 1000 femmes en âge de procréer.

  Près d'un tiers des femmes (7 198) ayant avorté en 2018 ont expliqué leur démarche par le fait qu'elles n'avaient « pas de souhait d'enfant pour le moment ». Par ailleurs, 3 389 (14%) femmes déclaraient avoir une "famille complète".

  Depuis la fin de 2018, indique le rapport, et en raison de la nouvelle loi du 15 octobre 2018 qui ne rend plus obligatoire la mention d'une cause de détresse - obligation jugée trop paternaliste et contraire à l'idée d'un "droit" à l'avortement-, le médecin n'est plus tenu d'indiquer une raison particulière pour l'avortement dans le fo...

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