Fin de vie > Euthanasie et suicide assisté

Aide au suicide pour "vie accomplie" : quelle place pour les personnes âgées dans nos sociétés occidentales aisées ?

Pays-Bas - Aide au suicide pour "vie accomplie" : quelle place pour les personnes âgées dans nos sociétés occidentales aisées ?

La nouvelle proposition de loi hollandaise - visant à autoriser l'aide au suicide pour "vie accomplie" à partir de 75 ans - pose la question de la place des personnes âgées dans nos sociétés occidentales aisées.

Une opinion de Constance du Bus, juriste à l'Institut Européen de Bioéthique, parue dans La Libre Belgique du 2 septembre 2020. 

La période estivale n'est sans doute pas la plus propice au débat public sur les questions de bioéthique. L'esprit est à la détente ou à l'adaptation des projets familiaux et scolaires aux nouvelles mesures sanitaires... moins à l'actualité parlementaire des Pays-Bas sur la fin de vie. Et pourtant, le 2 juillet dernier, une proposition de loi visant à autoriser l'aide au suicide pour "vie accomplie" à partir de 75 ans, en dehors de toute condition médicale, a bien été déposée sur le bureau des parlementaires néerlandais. Dans un pays où déjà 4,2 % des personnes décédées en 2019 ont été euthanasiées,  le texte de la députée Pia Dijkstra....

 

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Euthanasie au Canada : quels enseignements tirer du premier rapport annuel ?

Canada - Euthanasie au Canada : quels enseignements tirer du premier rapport annuel ?

Nombre de décès par euthanasie, âge moyen du demandeur, affection médicale, disponibilité des soins palliatifs, ... L'administration fédérale du Canada a publié, en juillet dernier, le premier rapport complet au sujet de l'aide médicale à mourir (AMM, terme choisi par l'administration pour désigner l'euthanasie).

 

Dépénalisée au Canada en juin 2016 (voy. loi), l'euthanasie ne peut être envisagée qu'à l'égard des personnes majeures qui en font volontairement la demande, et qui sont « affectées de problèmes de santé graves et irrémédiables leur causant des souffrances persistantes et intolérables ». L'acceptation de la demande est par ailleurs soumise au caractère incurable de l'affection dont souffre la personne, au « déclin avancé et irréversible de ses capacités », et au fait que « sa mort naturelle soit devenue raisonnablement prévisible ».

 

Jusqu'ici, l'administration fédérale n'avait publié que des rapports « intérimaires » semestriels, fournissant des données partielles au...

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Flandre : les professionnels de la santé impliqués dans des IMG largement favorables à l’euthanasie néonatale

Belgique - Flandre : les professionnels de la santé impliqués dans des IMG largement favorables à l’euthanasie néonatale

9 professionnels sur 10 impliqués dans des avortements pour raison médicale en centre pour soins intensifs néonataux en Flandre estiment que pour les nouveaux-nés « présentant un état de santé grave, dans certains cas, il est acceptable de mettre activement fin à leurs jours ». 88% de ces professionnels pensent que la loi devrait être modifiée de façon à permettre un tel geste.

 

Une première étude réalisée par le groupe de recherche End of Life Research Group rattaché à la Vrije Universiteit Brussel (VUB), avait interrogé les médecins et infirmiers en néonatologie sur leur opinion par rapport à l'euthanasie des nouveau-nés. (Voir Bulletin de l'IEB)

 

Dans cette deuxième étude publiée le 2 août 2020, le groupe de recherche a interpellé cette fois-ci des professionnels de la santé impliqués non pas en néonatologie, mais dans des interruptions tardives de grossesse (après 22 semaines) pour raison médicale chez la mère ou l'enfant. Ces professionnels étaient actifs dans 8  cent...

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L’euthanasie au Canada, réponse à la vulnérabilité sociale et économique des citoyens ?

Canada - L’euthanasie au Canada, réponse à la vulnérabilité sociale et économique des citoyens ?

Selon une enquête menée dans la province de l'Ontario au Canada, la plupart des personnes euthanasiées entre juin 2016 et octobre 2018 n'étaient pas spécialement confrontées à une vulnérabilité sociale ou économique. Tout au contraire, elles étaient plus jeunes et avaient un niveau de revenus plus élevé en moyenne que les personnes décédées naturellement dans cette province. Ce constat rejoint l'observation de l'écrivain Wesley J. Smith dans le National Review - « Assisted Suicide and White Privilege » selon laquelle les patients Latino-Américains et Afro-Américains choisissent rarement le suicide assisté en comparaison avec les patients blancs disposant d'une bonne situation financière (87% des suicides assistés). De même, l'étude indique qu'en Suisse, les personnes ayant demandé le suicide assisté étaient en moyenne plus aisées et plus instruites que l'ensemble des personnes décédées.

L'étude menée en Ontario a montré également que la majorité des personnes euthanasiées souffraie...

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Pays-Bas : une proposition de loi pour autoriser le suicide assisté à partir de 75 ans

Pays-Bas - Pays-Bas : une proposition de loi pour autoriser le suicide assisté à partir de 75 ans

Le Parlement néerlandais se penchera prochainement sur une proposition de loi visant à autoriser l'aide au suicide pour "vie accomplie" à partir de 75 ans, en dehors de toute condition médicale. Le texte, déposé par la députée Pia Dijkstra du parti D66 (gauche libérale), représente un pas de plus vers la consécration d'un "droit à mourir", dans un pays où déjà 4,2 % (en 2019) de la population meurt par euthanasie.

 

L'exposé des motifs de la proposition pose comme principe de départ que la décision du suicide est strictement personnelle et que "personne ne pourra jamais dire d'un autre que sa vie est accomplie". Pourtant, le texte légal prévoit qu'un "accompagnateur de fin de vie" devra vérifier le respect de plusieurs conditions, de forme mais aussi de fond : il devra discuter avec la personne âgée de l'opportunité d'impliquer ses proches dans la discussion, avoir la conviction que la demande de mourir est "libre, réfléchie et persistante", s'entretenir avec la personne au moins d...

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Malaise chez les médecins par rapport à l’euthanasie pour souffrance psychique

Belgique - Malaise chez les médecins par rapport à l’euthanasie pour souffrance psychique

Une enquête réalisée par MediQuality, une communauté médicale digitale pour le Benelux, a sondé les médecins pour savoir ce qu'ils pensaient de l'euthanasie en cas de souffrances psychiques et de démence. Sans doute encore secoués par l'affaire Tine Nys, une nette majorité d'entre eux (78%) estime qu'il faut évaluer et/ou adapter la loi sur l'euthanasie en ce qui concerne la souffrance psychique insupportable.

Ce sont 737 médecins qui ont librement répondu aux « questions éthiques en milieu médical » adressées par la plateforme à ses membres. L'enquête est donc sans prétention scientifique, même si elle donne à réfléchir.

Pour 4 médecins sur 10, l'euthanasie ne devrait pas être autorisée pour des cas de souffrance psychique insupportable (alors qu'elle est aujourd'hui légale), soit parce qu'ils considèrent que ces souffrances ne sont pas irréversibles et qu'il faut chercher des solutions alternatives, soit parce qu'il n'y a pas, selon eux, de critères objectifs pour démontrer le ca...

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Coronavirus et confinement : quel impact sur les demandes d’euthanasie ?

Belgique - Coronavirus et confinement : quel impact sur les demandes d’euthanasie ?

La fin progressive de la crise sanitaire est l'occasion de dresser un premier bilan de l'impact sociétal du confinement, en particulier concernant les personnes âgées.

L'on sait en effet le lourd tribut qu'a payé cette catégorie de la population, tant du point de vue des décès que de l'isolement.

Au coeur de la tourmente, les maisons de repos se sont vu contraintes de couper leurs résidents de tout contact physique avec l'extérieur, en ce compris leurs proches.

Confinement et "euthanasie passive"

Si un tel isolement a pu être jugé nécessaire pour ralentir la propagation du virus, son coût s'est indéniablement répercuté sur le moral des résidents. Le syndrome de glissement (décès par désespoir) est difficilement quantifiable mais non moins tangible. Plusieurs institutions n'ont alors pas hésité à parler d' « euthanasie passive », expression désignant le sacrifice dont auraient été l'objet les personnes âgées en maison de repos : le refus quasi-systématique de prise en charge à l'h...

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Uruguay : une proposition de loi pour légaliser l’euthanasie

Uruguay : une proposition de loi pour légaliser l’euthanasie

Le 11 mars 2020, cinq députés uruguayens ont déposé une proposition de loi pour dépénaliser l'euthanasie et le suicide assisté. Le texte prévoit que ne pourra être poursuivi pénalement le médecin qui provoquera la mort ou assistera dans son suicide une personne adulte, "capable psychologiquement", "atteint d'une maladie terminale, irréversible et incurable ou endurant des souffrances insupportables". Ces critères, sujets à interprétation, ne sont assortis d'aucune définition ou autre précision. On en déduit que le fait d'endurer des souffrances insupportables pourrait suffire, une fois respectées les conditions de forme, pour obtenir l'euthanasie.

 

Le médecin doit s'assurer de la volonté libre du patient à être euthanasié, et "l'informer des possibilités thérapeutiques et palliatives disponibles", sans pour autant que la curabilité de la maladie ne constitue un obstacle à l'euthanasie. L'avis d'un deuxième médecin est requis sans être contraignant. Une deuxième visite médicale est...

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Suicide et euthanasie ne méritent-ils pas le même effort de prévention ?

Etats-Unis - Suicide et euthanasie ne méritent-ils pas le même effort de prévention ?

Depuis août 2019, les citoyens du New-Jersey peuvent demander le suicide assisté lorsqu'ils souffrent d'une maladie réduisant leur espérance de vie à moins de 6 mois. Dans un article du National Review, l'écrivain et juriste Wesley J. Smith met cette législation en perspective avec les milliers de suicides que d'aucuns prédisent suite à la crise globale liée au Coronavirus (isolement, perte d'emploi, deuils,...).

 

Une étude du Well Being Trust et de l'American Academy of Family Physicians estime en effet que les "morts par désespoir" aux Etats-Unis suite à la crise du Coronavirus pourraient atteindre 150 000 personnes dans la prochaine décennie, soit la moitié de plus qu'en temps normal. "Nous voyons des signes très troublants à travers le pays", confie Elinore McCance-Katz, du Département de la Santé. L'isolement et l'incertitude par rapport au futur mènent déjà à "davantage d'abus de drogues, plus d'overdoses, plus de violence domestique et de maltraitance infantile." Les autori...

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Personnes démentes et consentement à l’euthanasie : la Cour suprême des Pays-Bas livre son interprétation

Pays-Bas - Personnes démentes et consentement à l’euthanasie : la Cour suprême des Pays-Bas livre son interprétation

Amenée à se prononcer sur l'euthanasie des personnes démentes, la Cour suprême des Pays-Bas estime qu'une déclaration anticipée d'euthanasie peut être sujette à interprétation, et que certaines circonstances peuvent empêcher de donner suite à une telle déclaration. Mais les lignes directrices énoncées par la Cour, si elles paraissent rassurantes à première vue, reçoivent une application préoccupante dans le cas qui lui a été soumis.

Cet arrêt clôture l'affaire dite de la « koffie-euthanasie » (euthanasie-café), nommée ainsi du fait de l'administration d'un sédatif, par le médecin, dans la tasse d'une personne atteinte de démence, afin de pouvoir l'euthanasier. Cette dernière avait certes préalablement déclaré par écrit vouloir l'euthanasie, mais « à sa demande » et « quand elle estimerait que le moment était venu ». Malgré ces précisions et l'attitude confuse de la patiente sur son désir de mourir, le médecin n'avait pas jugé nécessaire de requérir son consentement pour procéder à ...

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