Recherche biomédicale

Le programme génétique de l’Estonie pour ficher l'ADN de sa population

Le programme génétique de l’Estonie pour ficher l'ADN de sa population

En Estonie, 20% des adultes ont déjà donné leur ADN au gouvernement. Ce pays est le premier à avoir créé une banque publique de collecte et d'analyse d'ADN à l'échelle de toute sa population.  Depuis deux ans, le gouvernement accélère son programme génétique et prélève, stocke et analyse les génomes. L'Etat dit vouloir mettre en place la médecine prédictive, en permettant aux praticiens d'utiliser l'analyse génétique pour anticiper d'éventuelles maladies, affiner leur diagnostic et mieux connaitre l'influence du génotype sur l'efficacité des traitements médicamenteux.

Les investissements publics (8 millions d'euros depuis 2017) dans ce programme génétique ont payé : de plus en plus de citoyens se rendent dans les hôpitaux, pharmacies ou laboratoires privés pour se voir prélever du sang afin d'en extraire leur ADN et, s'ils le souhaitent, de recevoir un diagnostic prédictif. 80 % de la population adhère au programme génétique, en partie financé par l'Union européenne, contre 25 % il ...

Lire la suite 


Des singes « augmentés » grâce à des gènes humains

Des singes « augmentés » grâce à des gènes humains

Des gènes humains ont été implanté chez 11 embryons de singes rhésus par des chercheurs chinois de l'Institut de zoologie de Kunming (sud-ouest de la Chine) et de l'Académie des sciences chinoise engagés dans un programme de recherche sur la génétique et les fonctionnalités cognitives du cerveau humain.

Sur les 11 macaques génétiquement modifiés, seuls cinq ont survécu jusqu'à la phase de tests dont les résultats devaient offrir une meilleure compréhension du cerveau humain. Au cours de ces tests, les singes devaient repérer des couleurs et des formes sur écran, alors que leur comportement cérébral était étudié par IRM. D'après les chercheurs, les animaux modifiés ont obtenu de meilleurs résultats aux tests sur la mémoire à court terme, et un meilleur temps de réaction par rapport aux singes « non-modifiés ».

Cette expérimentation ne manque pas de susciter une nouvelle controverse suite à l'affaire des bébés génétiquement modifiés (Bulletin de l'IEB) et celle du clonage de cinq sin...

Lire la suite 


Reins, cœurs, peau, cornées de porcs implantés chez des nouveau-nés

Reins, cœurs, peau, cornées de porcs implantés chez des nouveau-nés

Des xénogreffes aux chimères : une limite de plus en plus difficile à contenir.

En Corée du Sud, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, des chercheurs s'apprêtent à transplanter des organes et des tissus d'animaux chez l'homme : c'est la xénotransplantation.

Les essais cliniques devraient ainsi conduire vers des greffes de cornées de porc, de reins, de coeurs porcins chez des nouveau-nés, de peau de porc sur des grands brûlés, mais aussi de sang, de cellules pancréatiques pour traiter les patients diabétiques, ou des cellules productrices de dopamine en cas de Parkinson.

Les chercheurs ont peu à peu réussi à contourner la difficulté du rejet de l'organe animal par le corps humain, grâce à la technologie d'édition du génome : avec la technique CRISPR-Cas9 (Dossier de l'IEB), ils éliminent chez l'être humain « les marqueurs qui identifient les cellules de porcs comme étrangères, pour éviter toute réaction de rejet ».

Une chose est de greffer du matériel corporel animal chez un être huma...

Lire la suite 


Les citoyens sont-ils prêts au partage de leurs données génétiques ?

Les citoyens sont-ils prêts au partage de leurs données génétiques ?

La Fondation Roi Baudouin et Sciensano ont organisé un forum citoyen dont le but était de discuter en détails de l'emploi des données ADN dans le domaine médical. Cette démarche à eu lieu suite à la demande de la ministre de la Santé Publique qui souhaite élaborer une politique sur le sujet, politique qu'elle veut conforme aux attentes de la population belge.

Ainsi, les 32 participants du forum ont dû répondre à plusieurs questions : Peut-on partager nos données génétiques ? Avec qui ? Pour quelles utilisations ? Quelles données le chercheur peut-il utiliser ?

En général, les citoyens se disent prêts à partager leur données génétiques tant que cela sert au bien commun. Néanmoins, ils désirent garder un droit de regard sur l'utilisation de ces informations et insistent sur l'obtention préalable de leur consentement personnel, explicite et éclairé. En effet, les citoyens estiment que l'ADN est d'une donnée « intime » qui contient de nombreuses informations sur ce qu'ils sont et qui d...

Lire la suite 


Chercheurs irresponsables mais aucune interdiction

Le comité consultatif « pour l'encadrement et la surveillance de la correction du génome humain »  de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s'est réuni pour la première fois à Genève ces 18 et 19 mars.

Pendant ces deux jours, les experts ont analysé la situation de la science et de la technologie aujourd'hui. Ils ont reconnu qu'il était « pour l'instant irresponsable de la part de quiconque de travailler à des applications cliniques de la correction du génome » sur des gamètes ou des embryons. Cependant, ils ne réclament aucune interdiction même temporaire de ces procédés rejetant ainsi le moratoire proposé cinq jours plus tôt par dix-huit éminents scientifiques et éthiciens (voir Bulletin IEB). 

Les membres du comité se sont surtout accordés sur l'importance d'avoir une « base de données ouverte et transparente sur les travaux en cours ». Ils ont donc demandé à l'OMS de créer rapidement un registre centralisant toutes les recherches. Le comité invite également « tous ceux qui ...

Lire la suite 


Bébés génétiquement modifiés : des spécialistes réclament un moratoire

Ce mercredi 13 mars, dans la revue « Nature », un groupe composé de 18 scientifiques et éthiciens de renom réclamait un moratoire international sur l'édition de l'ADN héréditaire de l'homme (gamètes, embryons)  afin d'éviter « de créer des bébés génétiquement modifiés. »

Cette demande fait suite au scandale qui a eu lieu en Chine après la naissance de petites jumelles dont l'ADN a été modifié pour les prémunir contre le SIDA (Voir Bulletin IEB).

Ce moratoire ne s'appliquerait pas dans le cadre de thérapie où la modification de l'ADN concerne les cellules somatiques (non-héréditaires). Les spécialistes ne souhaitent pas non plus « faire obstacle » à la recherche. Ainsi, les scientifiques pourraient continuer leurs expérimentations sur les gamètes et les embryons tant que cela ne débouche pas sur une naissance.

Le moratoire durerait cinq ans.  Une durée qui devrait donner à la technique le temps de se développer et d'atteindre un niveau de « sécurité et d'efficacité » suffisant. Ce...

Lire la suite 


Modification génétique : les chinois vont-ils « fabriquer » des génies ?

Le Docteur Laurent Alexandre, essayiste et intervenant régulier sur les questions du transhumanisme, a récemment écrit un article s'inquiétant de la naissance des jumelles génétiquement modifiées en Chine (Bulletin de l'IEB). Il s'interroge sur un possible but caché derrière cette action immorale et irresponsable.

 

En effet, un article du MIT Technology Review paru fin février, a rapporté que le cerveau des deux petites filles aurait été « accidentellement » augmenté grâce à la manipulation du gène CCR5 les protégeant du SIDA. Le Dr Alexandre se pose la question : le chercheur, plutôt que d'essayer de prémunir les deux enfants contre la maladie de leur père, n'aurait-il pas plutôt tenté « de faire la première neuro-modification au monde » ? D'autant plus que les risques encourrus suite à cette modification génétique sont élevés par rapport au simple but de la prévention du SIDA (dont le risque de transmission parent-enfant reste faible).

Il ajoute : « les transhumanistes les plu...

Lire la suite 


Plus de 25.000 embryons utilisés pour la recherche en Belgique depuis 10 ans

Nouveau Dossier de l'IEB : "La recherche sur les embryons humains"

La loi du 11 mai 2003 relative à la recherche sur les embryons in vitro, votée par le Sénat et la Chambre des représentants de Belgique, permet non seulement la recherche sur les embryons surnuméraires produits dans le cadre des procréations médicalement assistées (PMA), mais elle autorise, à titre d'exception, la création d'embryons « frais » pour la recherche.

Cherchant à se conformer à la loi, trois universités du pays - KULeuven, Vrije Universiteit Brussel (VUB) et UGent soumettent chaque année leurs projets de recherche pour avis et autorisation à la Commission Fédérale pour la recherche médicale et scientifique sur les Embryons in vitro (CFE). Le rapport de ladite commission est ensuite envoyé à la Chambre.

 

Ce dossier présente d'abord un aperçu des conditions posées par la loi pour autoriser la recherche sur embryons, ensuite une analyse des derniers rapports publiés par la CFE et les fruits de son symposi...

Lire la suite 


Séquençage du génome complet : la Belgique avance

Séquençage du génome complet : la Belgique avance

L'Institut de Pathologie et de Génétique (IPG), situé au sein du Biopôle de Gosselies, acquiert un séquenceur d'ADN dernière génération : le NovaSeq. C'est l'occasion, pour l'Institut européen de Bioéthique, de revenir sur les enjeux cliniques et éthiques des tests génétiques, de plus en plus performants et répandus.

Acquis ces deux dernières années par la majorité des centres de génétiques belges, cette machine permet de séquencer l'entièreté du génome et constitue un changement de paradigme dans la clinique génétique. Pour les tests classiques, il faut d'abord déterminer sur quels gènes doivent porter les analyses. Or, le séquençage de l'entièreté de l'ADN apporte d'emblée l'information génétique sur tous les gènes et permet donc une meilleure détection des variants d'ADN et un diagnostic plus rapide.  Il génère cependant des quantités considérables de données brutes à analyser et de nombreux résultats non sollicités.

Actuellement, ces analyses sont principalement utilisées pour ...

Lire la suite 


Bébés-OGM en Chine : expérimentation confirmée et autres victimes

Un rapport d'enquête gouvernementale en Chine a confirmé que les deux jumelles nées en novembre dernier avaient bien été modifiées génétiquement à l'aide de la technique CRISPR-Cas9, par le Dr He Jiankui.

« La sécurité et l'efficacité des technologies qu'il a utilisées ne sont pas fiables et la création de bébés génétiquement modifiés pour la reproduction est interdite par décret national », énonce le rapport. En effet, une loi chinoise de 2003 interdit l'implantation d'embryons modifiés génétiquement et oblige les chercheurs à les détruire au bout de 14 jours. Selon le rapport, le chercheur a « rédigé de faux documents d'éthique pour trouver des volontaires pour la procédure » et levé des fonds privés pour mener ses opérations.   

L'enquête a également confirmé l'existence d'une autre femme enceinte d'un bébé « génétiquement modifié » par le scientifique chinois. Les deux jumelles, cette femme et son enfant « vont être placés sous observation médicale », tandis que le Dr He Jiank...

Lire la suite