Fin de vie

Eric Vermeer : "La pandémie de la peur est tout aussi délétère que la pandémie du virus"

Eric Vermeer : "La pandémie de la peur est tout aussi délétère que la pandémie du virus"

Au sortir de la crise sanitaire, la tendance est forte d'oublier les répercussions de la pandémie et du confinement sur les personnes plus fragiles. Avec l'éclairage d'Eric Vermeer, infirmier, éthicien, psychothérapeuthe et président d'un comité d'éthique, l'Institut Européen de Bioéthique souhaite revenir sur le vécu de cette crise par les patients psychiatriques. Malgré le contexte actuel de reprise économique et sociale, Eric Vermeer invite à ne pas oublier les répercussions physiques et psychologiques du confinement, et à tirer des leçons pour l'avenir.

  Comment avez-vous été confronté, dans votre profession, au Covid-19 et aux mesures sanitaires qui ont été prises par les autorités ? Le monde des soignants a été fortement ébranlé avec l'arrivée de la pandémie. Pour ma part, j'ai pu le constater avant tout à travers ma fonction d'éthicien et de président d'un comité d'éthique au sein d'un centre neuro-psychiatrique.

Très vite, un sentiment d'insécurité s'est installé dans l'...

Lire la suite 


Malaise chez les médecins par rapport à l’euthanasie pour souffrance psychique

Belgique - Malaise chez les médecins par rapport à l’euthanasie pour souffrance psychique

Une enquête réalisée par MediQuality, une communauté médicale digitale pour le Benelux, a sondé les médecins pour savoir ce qu'ils pensaient de l'euthanasie en cas de souffrances psychiques et de démence. Sans doute encore secoués par l'affaire Tine Nys, une nette majorité d'entre eux (78%) estime qu'il faut évaluer et/ou adapter la loi sur l'euthanasie en ce qui concerne la souffrance psychique insupportable.

Ce sont 737 médecins qui ont librement répondu aux « questions éthiques en milieu médical » adressées par la plateforme à ses membres. L'enquête est donc sans prétention scientifique, même si elle donne à réfléchir.

Pour 4 médecins sur 10, l'euthanasie ne devrait pas être autorisée pour des cas de souffrance psychique insupportable (alors qu'elle est aujourd'hui légale), soit parce qu'ils considèrent que ces souffrances ne sont pas irréversibles et qu'il faut chercher des solutions alternatives, soit parce qu'il n'y a pas, selon eux, de critères objectifs pour démontrer le ca...

Lire la suite 


Une euthanasie passive autorisée par un tribunal britannique

Royaume-Uni - Une euthanasie passive autorisée par un tribunal britannique

Au Royaume-Uni, un homme de 34 ans souffrant de graves problèmes intestinaux depuis 10 ans a été placé dans un coma artificiel et privé d'alimentation et d'hydratation jusqu'à sa mort.

L'homme en question présentait par ailleurs des antécédents dépressifs. Pour remédier à ses problèmes intestinaux, une opération a été réalisée, consistant à lui implanter une stomie de manière provisoire. Une stomie est une déviation chirurgicale d'un conduit naturel permettant de court-circuiter le ou les organes défaillants. Les patient "stomisés" portent alors une poche leur permettant de recueillir leurs selles ou leurs urines.

Dans le cas d'espèce, les médecins se sont rendus compte de la nécessité de recourir à une stomie permanente car les jours du patient étaient en danger. Or, ce dernier avait émis une déclaration anticipée refusant ce type de traitement. Dans cette déclaration, communiquée par écrit à sa famille proche, le patient explique qu'il « refuse les éléments de traitement qui, bie...

Lire la suite 


‘Village Alzheimer’ et websérie ‘Vivre dans la dignité’ : deux belles initiatives

‘Village Alzheimer’ et websérie ‘Vivre dans la dignité’ : deux belles initiatives

Au sortir d'une période qui a montré toute la nécessité d'un accompagnement des personnes âgées, deux initiatives voient le jour, visant précisément à encourager l'accompagnement et la prise en charge de nos aînés.

Le 'Village Landais Alzheimer'

Dans les Landes françaises, a récemment ouvert le premier « Village Alzheimer » de France. Destiné à accueillir 120 résidents atteints de cette maladie, l'établissement a vu arriver ses premiers hôtes le 11 juin dernier. Situé à proximité de la ville de Dax, le site est conçu comme un véritable village, organisé en quatre quartiers comprenant chacun plusieurs maisonnées. Au coeur du village se trouvent en outre un restaurant, un auditorium, une supérette ainsi qu'un salon de coiffure et d'esthétique. Outre les contacts avec les riverains, le village pourra compter sur l'implication d'une centaine de bénévoles.

D'un point de vue médical, l'objectif consiste à maintenir le plus possible les capacités cognitives des villageois résidents, en l...

Lire la suite 


Coronavirus et confinement : quel impact sur les demandes d’euthanasie ?

Belgique - Coronavirus et confinement : quel impact sur les demandes d’euthanasie ?

La fin progressive de la crise sanitaire est l'occasion de dresser un premier bilan de l'impact sociétal du confinement, en particulier concernant les personnes âgées.

L'on sait en effet le lourd tribut qu'a payé cette catégorie de la population, tant du point de vue des décès que de l'isolement.

Au coeur de la tourmente, les maisons de repos se sont vu contraintes de couper leurs résidents de tout contact physique avec l'extérieur, en ce compris leurs proches.

Confinement et "euthanasie passive"

Si un tel isolement a pu être jugé nécessaire pour ralentir la propagation du virus, son coût s'est indéniablement répercuté sur le moral des résidents. Le syndrome de glissement (décès par désespoir) est difficilement quantifiable mais non moins tangible. Plusieurs institutions n'ont alors pas hésité à parler d' « euthanasie passive », expression désignant le sacrifice dont auraient été l'objet les personnes âgées en maison de repos : le refus quasi-systématique de prise en charge à l'h...

Lire la suite 


Uruguay : une proposition de loi pour légaliser l’euthanasie

Uruguay : une proposition de loi pour légaliser l’euthanasie

Le 11 mars 2020, cinq députés uruguayens ont déposé une proposition de loi pour dépénaliser l'euthanasie et le suicide assisté. Le texte prévoit que ne pourra être poursuivi pénalement le médecin qui provoquera la mort ou assistera dans son suicide une personne adulte, "capable psychologiquement", "atteint d'une maladie terminale, irréversible et incurable ou endurant des souffrances insupportables". Ces critères, sujets à interprétation, ne sont assortis d'aucune définition ou autre précision. On en déduit que le fait d'endurer des souffrances insupportables pourrait suffire, une fois respectées les conditions de forme, pour obtenir l'euthanasie.

 

Le médecin doit s'assurer de la volonté libre du patient à être euthanasié, et "l'informer des possibilités thérapeutiques et palliatives disponibles", sans pour autant que la curabilité de la maladie ne constitue un obstacle à l'euthanasie. L'avis d'un deuxième médecin est requis sans être contraignant. Une deuxième visite médicale est...

Lire la suite 


Suicide et euthanasie ne méritent-ils pas le même effort de prévention ?

Etats-Unis - Suicide et euthanasie ne méritent-ils pas le même effort de prévention ?

Depuis août 2019, les citoyens du New-Jersey peuvent demander le suicide assisté lorsqu'ils souffrent d'une maladie réduisant leur espérance de vie à moins de 6 mois. Dans un article du National Review, l'écrivain et juriste Wesley J. Smith met cette législation en perspective avec les milliers de suicides que d'aucuns prédisent suite à la crise globale liée au Coronavirus (isolement, perte d'emploi, deuils,...).

 

Une étude du Well Being Trust et de l'American Academy of Family Physicians estime en effet que les "morts par désespoir" aux Etats-Unis suite à la crise du Coronavirus pourraient atteindre 150 000 personnes dans la prochaine décennie, soit la moitié de plus qu'en temps normal. "Nous voyons des signes très troublants à travers le pays", confie Elinore McCance-Katz, du Département de la Santé. L'isolement et l'incertitude par rapport au futur mènent déjà à "davantage d'abus de drogues, plus d'overdoses, plus de violence domestique et de maltraitance infantile." Les autori...

Lire la suite 


Une nouvelle ligne d'écoute pour les personnes malades et leurs proches

Belgique - Une nouvelle ligne d'écoute pour les personnes malades et leurs proches

En ce contexte difficile pour les personnes âgées et leurs proches, l'ASBL 'Solidarité Fin de Vie' lance une ligne d'écoute téléphonique à destination des personnes isolées, malades ou en fin de vie, et de leurs proches.

Solidarité Fin de Vie leur propose un accueil téléphonique, à travers une écoute confidentielle, solidaire et bienveillante.

 

Le service d'écoute est joignable tous les jours, pour l'instant de 16h00 à 18h00.

 

Numéro de contact : 0470/43 54 16

www.solidaritefindevie.be

Lire la suite 


Personnes démentes et consentement à l’euthanasie : la Cour suprême des Pays-Bas livre son interprétation

Pays-Bas - Personnes démentes et consentement à l’euthanasie : la Cour suprême des Pays-Bas livre son interprétation

Amenée à se prononcer sur l'euthanasie des personnes démentes, la Cour suprême des Pays-Bas estime qu'une déclaration anticipée d'euthanasie peut être sujette à interprétation, et que certaines circonstances peuvent empêcher de donner suite à une telle déclaration. Mais les lignes directrices énoncées par la Cour, si elles paraissent rassurantes à première vue, reçoivent une application préoccupante dans le cas qui lui a été soumis.

Cet arrêt clôture l'affaire dite de la « koffie-euthanasie » (euthanasie-café), nommée ainsi du fait de l'administration d'un sédatif, par le médecin, dans la tasse d'une personne atteinte de démence, afin de pouvoir l'euthanasier. Cette dernière avait certes préalablement déclaré par écrit vouloir l'euthanasie, mais « à sa demande » et « quand elle estimerait que le moment était venu ». Malgré ces précisions et l'attitude confuse de la patiente sur son désir de mourir, le médecin n'avait pas jugé nécessaire de requérir son consentement pour procéder à ...

Lire la suite 


Laura Rizzerio (UNamur) : « Le coronavirus nous fait comprendre que nous ne pouvons exister que dans l’interdépendance »

Laura Rizzerio (UNamur) : « Le coronavirus nous fait comprendre que nous ne pouvons exister que dans l’interdépendance »

Quels enjeux éthiques et philosophiques profonds la crise sanitaire actuelle révèle-t-elle ? Laura Rizzerio, Professeur de philosophie à l'Université de Namur, a répondu aux questions de l'IEB.

 

Sur la crise actuelle

Dans votre chronique publiée la semaine dernière dans La Libre Belgique, vous avez insisté sur l'importance de la notion de bien commun, tant à court qu'à plus long terme, pour faire face à la pandémie. Comment, dans ces moments de crise, parvenir à définir ce qui constitue précisément le bien commun d'une société ?

La notion de « bien commun » n'est pas facile à préciser. Je voudrais dire ici qu'elle n'est pas, selon moi, à comprendre comme l'identification de ce bien avec un bien "substantiel" qui serait "quelque part" et qui constituerait le but vers lequel les intérêts de tous devraient converger. Comme précisait déjà Aristote en son temps, le bien peut être estimé bien parce qu'il est avant tout le bien "pour moi". Le point est alors de comprendre ce que « pour...

Lire la suite