Fin de vie

Aide au suicide pour "vie accomplie" : quelle place pour les personnes âgées dans nos sociétés occidentales aisées ?

Pays-Bas - Aide au suicide pour "vie accomplie" : quelle place pour les personnes âgées dans nos sociétés occidentales aisées ?

La nouvelle proposition de loi hollandaise - visant à autoriser l'aide au suicide pour "vie accomplie" à partir de 75 ans - pose la question de la place des personnes âgées dans nos sociétés occidentales aisées.

Une opinion de Constance du Bus, juriste à l'Institut Européen de Bioéthique, parue dans La Libre Belgique du 2 septembre 2020. 

La période estivale n'est sans doute pas la plus propice au débat public sur les questions de bioéthique. L'esprit est à la détente ou à l'adaptation des projets familiaux et scolaires aux nouvelles mesures sanitaires... moins à l'actualité parlementaire des Pays-Bas sur la fin de vie. Et pourtant, le 2 juillet dernier, une proposition de loi visant à autoriser l'aide au suicide pour "vie accomplie" à partir de 75 ans, en dehors de toute condition médicale, a bien été déposée sur le bureau des parlementaires néerlandais. Dans un pays où déjà 4,2 % des personnes décédées en 2019 ont été euthanasiées,  le texte de la députée Pia Dijkstra....

 

Lir...

Lire la suite 


La loi française sur la fin de vie appliquée au cas d’Alain Cocq

France - La loi française sur la fin de vie appliquée au cas d’Alain Cocq

Comment qualifier la situation clinique d'Alain Cocq, un Français de 57 ans atteint d'une maladie incurable extrêmement rare qui, faute d'obtenir l'euthanasie, a décidé de se laisser mourir de faim et de soif ? Le patient souffre d'une maladie orpheline proche de l'ischémie : les parois de ses vaisseaux sanguins se collent les unes aux autres, provoquant ainsi l'arrêt ou l'insuffisance de la circulation du sang dans les tissus et les organes. Il s'alimente par sonde gastrique et doit rester alité.  

  Soutenu notamment par Jean-Luc Romero, le président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité, Alain Cocq a décidé de faire de sa mort un acte de militance en faveur de l'euthanasie : « Soit le gouvernement autorise un médecin à me donner un barbiturique puissant pour en finir d'un coup. Soit j'arrête tous mes traitements, l'alimentation et l'hydratation et je me filme jusqu'à ce que ça se termine », avait-il annoncé au quotidien 20 Minutes. La question n'est don...

Lire la suite 


Euthanasie au Canada : quels enseignements tirer du premier rapport annuel ?

Canada - Euthanasie au Canada : quels enseignements tirer du premier rapport annuel ?

Nombre de décès par euthanasie, âge moyen du demandeur, affection médicale, disponibilité des soins palliatifs, ... L'administration fédérale du Canada a publié, en juillet dernier, le premier rapport complet au sujet de l'aide médicale à mourir (AMM, terme choisi par l'administration pour désigner l'euthanasie).

 

Dépénalisée au Canada en juin 2016 (voy. loi), l'euthanasie ne peut être envisagée qu'à l'égard des personnes majeures qui en font volontairement la demande, et qui sont « affectées de problèmes de santé graves et irrémédiables leur causant des souffrances persistantes et intolérables ». L'acceptation de la demande est par ailleurs soumise au caractère incurable de l'affection dont souffre la personne, au « déclin avancé et irréversible de ses capacités », et au fait que « sa mort naturelle soit devenue raisonnablement prévisible ».

 

Jusqu'ici, l'administration fédérale n'avait publié que des rapports « intérimaires » semestriels, fournissant des données partielles au...

Lire la suite 


Flandre : les professionnels de la santé impliqués dans des IMG largement favorables à l’euthanasie néonatale

Belgique - Flandre : les professionnels de la santé impliqués dans des IMG largement favorables à l’euthanasie néonatale

9 professionnels sur 10 impliqués dans des avortements pour raison médicale en centre pour soins intensifs néonataux en Flandre estiment que pour les nouveaux-nés « présentant un état de santé grave, dans certains cas, il est acceptable de mettre activement fin à leurs jours ». 88% de ces professionnels pensent que la loi devrait être modifiée de façon à permettre un tel geste.

 

Une première étude réalisée par le groupe de recherche End of Life Research Group rattaché à la Vrije Universiteit Brussel (VUB), avait interrogé les médecins et infirmiers en néonatologie sur leur opinion par rapport à l'euthanasie des nouveau-nés. (Voir Bulletin de l'IEB)

 

Dans cette deuxième étude publiée le 2 août 2020, le groupe de recherche a interpellé cette fois-ci des professionnels de la santé impliqués non pas en néonatologie, mais dans des interruptions tardives de grossesse (après 22 semaines) pour raison médicale chez la mère ou l'enfant. Ces professionnels étaient actifs dans 8  cent...

Lire la suite 


L'IEB vous propose la Carte de fin de vie

L'IEB vous propose la Carte de fin de vie

Il est toujours difficile de penser à notre propre mort. N'avons-nous pas peur d'aborder ce sujet avec nos proches et parfois notre médecin ?

Cette Carte permet de réaffirmer notre confiance dans le médecin et de refuser autant l'acharnement thérapeutique que le comportement euthanasique.

Une Carte à garder sur vous, en confiant idéalement un deuxième exemplaire à votre médecin. Découvrez-la et n'hésitez pas à la faire connaître autour de vous.

Pour obtenir des exemplaires papier de cette carte, merci de nous envoyer une enveloppe pré-adressée et timbrée à votre nom à l'Institut Européen de Bioéthique ci-dessous.

Institut Européen de Bioéthique
1 rue de la Pépinière - boîte 2
1000 Bruxelles

 Fichier PDF  Lire la suite 


Mesures sanitaires : « Le débat de société ne doit pas se limiter à la santé physique »

Belgique - Mesures sanitaires : « Le débat de société ne doit pas se limiter à la santé physique »

« On peut aussi mourir de solitude. (...) Une vie heureuse n'est pas qu'une question de santé physique, cela dépend aussi de relations sociales satisfaisantes et du sens donné à la vie », déclare Manu Keirse dans une opinion publiée par De Standaard le 22 juillet dernier. Ce professeur émérite de médecine à la KU Leuven constate, comme bien d'autres, les ravages opérés par les mesures de confinement à l'égard des personnes vivant en maison de repos. « Ce n'est toujours pas clair si la surmortalité en maisons de repos est due à l'infection du coronavirus ou aux mesures prises à son encontre », ajoute-t-il.

 

Dans le même sens, l'association Médecins sans Frontières a réalisé une enquête centrée sur la santé psychique des personnes âgées durant la crise sanitaire (Overgelaten aan hun lot ), auprès de 983 maisons de repos du Royaume. Les résultats montrent que dans 9 maisons sur 10, les plaintes 'psychologiques' des résidents étaient plus nombreuses qu'auparavant, et témoignaient en p...

Lire la suite 


L’euthanasie au Canada, réponse à la vulnérabilité sociale et économique des citoyens ?

Canada - L’euthanasie au Canada, réponse à la vulnérabilité sociale et économique des citoyens ?

Selon une enquête menée dans la province de l'Ontario au Canada, la plupart des personnes euthanasiées entre juin 2016 et octobre 2018 n'étaient pas spécialement confrontées à une vulnérabilité sociale ou économique. Tout au contraire, elles étaient plus jeunes et avaient un niveau de revenus plus élevé en moyenne que les personnes décédées naturellement dans cette province. Ce constat rejoint l'observation de l'écrivain Wesley J. Smith dans le National Review - « Assisted Suicide and White Privilege » selon laquelle les patients Latino-Américains et Afro-Américains choisissent rarement le suicide assisté en comparaison avec les patients blancs disposant d'une bonne situation financière (87% des suicides assistés). De même, l'étude indique qu'en Suisse, les personnes ayant demandé le suicide assisté étaient en moyenne plus aisées et plus instruites que l'ensemble des personnes décédées.

L'étude menée en Ontario a montré également que la majorité des personnes euthanasiées souffraie...

Lire la suite 


Pays-Bas : une proposition de loi pour autoriser le suicide assisté à partir de 75 ans

Pays-Bas - Pays-Bas : une proposition de loi pour autoriser le suicide assisté à partir de 75 ans

Le Parlement néerlandais se penchera prochainement sur une proposition de loi visant à autoriser l'aide au suicide pour "vie accomplie" à partir de 75 ans, en dehors de toute condition médicale. Le texte, déposé par la députée Pia Dijkstra du parti D66 (gauche libérale), représente un pas de plus vers la consécration d'un "droit à mourir", dans un pays où déjà 4,2 % (en 2019) de la population meurt par euthanasie.

 

L'exposé des motifs de la proposition pose comme principe de départ que la décision du suicide est strictement personnelle et que "personne ne pourra jamais dire d'un autre que sa vie est accomplie". Pourtant, le texte légal prévoit qu'un "accompagnateur de fin de vie" devra vérifier le respect de plusieurs conditions, de forme mais aussi de fond : il devra discuter avec la personne âgée de l'opportunité d'impliquer ses proches dans la discussion, avoir la conviction que la demande de mourir est "libre, réfléchie et persistante", s'entretenir avec la personne au moins d...

Lire la suite 


Eric Vermeer : "La pandémie de la peur est tout aussi délétère que la pandémie du virus"

Eric Vermeer : "La pandémie de la peur est tout aussi délétère que la pandémie du virus"

Au sortir de la crise sanitaire, la tendance est forte d'oublier les répercussions de la pandémie et du confinement sur les personnes plus fragiles. Avec l'éclairage d'Eric Vermeer, infirmier, éthicien, psychothérapeuthe et président d'un comité d'éthique, l'Institut Européen de Bioéthique souhaite revenir sur le vécu de cette crise par les patients psychiatriques. Malgré le contexte actuel de reprise économique et sociale, Eric Vermeer invite à ne pas oublier les répercussions physiques et psychologiques du confinement, et à tirer des leçons pour l'avenir.

  Comment avez-vous été confronté, dans votre profession, au Covid-19 et aux mesures sanitaires qui ont été prises par les autorités ? Le monde des soignants a été fortement ébranlé avec l'arrivée de la pandémie. Pour ma part, j'ai pu le constater avant tout à travers ma fonction d'éthicien et de président d'un comité d'éthique au sein d'un centre neuro-psychiatrique.

Très vite, un sentiment d'insécurité s'est installé dans l'...

Lire la suite 


Malaise chez les médecins par rapport à l’euthanasie pour souffrance psychique

Belgique - Malaise chez les médecins par rapport à l’euthanasie pour souffrance psychique

Une enquête réalisée par MediQuality, une communauté médicale digitale pour le Benelux, a sondé les médecins pour savoir ce qu'ils pensaient de l'euthanasie en cas de souffrances psychiques et de démence. Sans doute encore secoués par l'affaire Tine Nys, une nette majorité d'entre eux (78%) estime qu'il faut évaluer et/ou adapter la loi sur l'euthanasie en ce qui concerne la souffrance psychique insupportable.

Ce sont 737 médecins qui ont librement répondu aux « questions éthiques en milieu médical » adressées par la plateforme à ses membres. L'enquête est donc sans prétention scientifique, même si elle donne à réfléchir.

Pour 4 médecins sur 10, l'euthanasie ne devrait pas être autorisée pour des cas de souffrance psychique insupportable (alors qu'elle est aujourd'hui légale), soit parce qu'ils considèrent que ces souffrances ne sont pas irréversibles et qu'il faut chercher des solutions alternatives, soit parce qu'il n'y a pas, selon eux, de critères objectifs pour démontrer le ca...

Lire la suite