Début de vie

Sexualité et avortement : le rapport Matic adopté par le Parlement européen

Sexualité et avortement : le rapport Matic adopté par le Parlement européen

Réuni en séance plénière à Bruxelles ce jeudi 24 juin, le Parlement européen a adopté (378 voix "pour" ; 255 "contre" ; 42 abstentions) la résolution et le rapport « sur la situation concernant la santé et les droits génésiques et sexuels dans l'Union, dans le cadre de la santé des femmes ».

Portée par l'eurodéputé croate Predrag Fred Matić, cette résolution controversée envisage notamment la question de l'avortement en des termes peu nuancés, revendiquant « un accès sûr et légal à l'avortement fondé sur la santé et les droits des femmes » en faisant l'impasse sur les autres dimensions de la grossesse et de la maternité, tant du point de vue du développement de l'enfant à naître que du soutien à la parentalité.

 

Plus largement, à travers l'expression de « droits génésiques et sexuels », la résolution invite les États membres de l'Union européenne (UE) à garantir l'accès des citoyens, et en particulier des femmes, à : « une éducation sexuelle complète; des méthodes de contraceptio...

Lire la suite 


Nouveau dossier de l'IEB - Etendre l'avortement au-delà de 3 mois de grossesse : quels enjeux ?

Belgique - Nouveau dossier de l'IEB - Etendre l'avortement au-delà de 3 mois de grossesse : quels enjeux ?

Depuis 2016, plusieurs propositions de loi ont été déposées au Parlement belge pour élargir le délai légal d'un avortement au-delà de 12 semaines de grossesse.

En juillet 2019, un collectif de gynécologues, psychologues, médecins généralistes, et autres professionnels de la santé (au total plus de 2600) publiait une carte blanche exprimant ses préoccupations quant à l'extension de l'avortement sans raison médicale au-delà du premier trimestre de la grossesse : « Au-delà de 3 mois de grossesse, l'avortement est un geste bien plus lourd pour la femme, son entourage, mais aussi pour les soignants qui y participent de près ou de loin ». La proposition de loi d'étendre le délai légal de l'avortement à 18 semaines de grossesse pour l'ensemble des femmes sur le territoire belge - qui ne réunissait pas moins de huit partis à la Chambre des représentants - ne sera à nouveau discutée dans l'enceinte parlementaire qu'une fois un comité scientifique consulté sur l'évaluation de la loi et de la ...

 Fichier PDF  Lire la suite 


France : vers l'extension de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes

France - France : vers l'extension de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes

En France, ce jeudi 24 juin 2021, le Sénat a rejeté unanimement en 3e lecture la loi bioéthique faute de consensus avec l'Assemblée nationale. L'Assemblée devrait avoir le dernier mot le 29 juin prochain sur le texte qu'elle a soumis le 8 juin et qui avait été voté à 84 voix contre 43. Parmi les mesures phares de ce projet de loi, on compte, en l'état : 

L'élargissement de la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes et aux femmes seules, alors qu'elle était jusque-là limitée aux troubles de la fertilité 

L'autorisation de créer des chimères homme-animal à des fins de recherche : si l'interdiction d'insérer des cellules animales dans l'embryon humain a été clarifiée, l'adjonction de cellules humaines à un embryon animal est quant à elle autorisée. 

L'assouplissement du régime d'autorisation des recherches sur cellules souches embryonnaires. 

L'engagement des établissements de santé, de formation et de recherche à apporter respect et dignité aux corps de person...

Lire la suite 


GPA et filiation : la Cour européenne des droits de l'Homme reste prudente

GPA et filiation : la Cour européenne des droits de l'Homme reste prudente

Dans un arrêt du 18 mai 2021 (Valdís Fjölnisdóttir et autres c. Islande), la Cour européenne des droits de l'homme a tranché la question de savoir si le refus de reconnaître comme parents de l'enfant, deux femmes ayant eu recours à une gestation pour autrui (GPA), constitue une violation de la vie privée et familiale de ces femmes et de l'enfant. Selon la Cour, l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme n'a pas été violé, dans la mesure où ce refus n'a pas engendré "d'obstacle réel, en pratique, à la jouissance d'une vie de famille". Les faits Dans le cas d'espèce, un couple de femmes islandaises conclut un contrat commercial portant sur la commande d'un enfant. Celui-ci nait d'une mère porteuse en Californie en 2013. Les deux femmes, mariées civilement, n'ont aucun lien biologique avec l'enfant. Les autorités islandaises accordent finalement la nationalité à l'enfant à la suite d'un recours devant les tribunaux. L'enfant est placé en famille d'accueil aupr...

Lire la suite 


La naissance d’enfants trisomiques augmente-t-elle « les souffrances du monde » ?

Royaume-Uni - La naissance d’enfants trisomiques augmente-t-elle « les souffrances du monde » ?

Le 9 mai dernier, Richard Dawkins, biologiste émérite d'Oxford, déclarait sur RTE Radio qu'avoir un enfant trisomique augmentait « les souffrances du monde », et que, dans ces conditions, l'avorter était un choix "plus avisé et prudent". Face au présentateur Brendan O'Connor, père d'un enfant trisomique, il expliquait que « vous augmenteriez probablement davantage la quantité de bonheur dans le monde en ayant un autre enfant à la place ». Il ajoute que cela ne s'applique pas uniquement à la trisomie 21, mais à toutes les maladies gravement handicapantes que l'on peut détecter tôt à l'aide d'un diagnostic prénatal. 

De nombreux bébés trisomiques sont avortés chaque année au moment de la détection de leur handicap in utero (cf. dossier IEB sur le dépistage prénatal). On oublie souvent que les personnes trisomiques, si elles ne sont pas toujours capables d'occuper un emploi rémunéré, sont tout à fait aptes à la vie collective, qui offre une grande diversité de tâches permettant à l'ind...

Lire la suite 


Détecter les anomalies des chromosomes sexuels avant la naissance : le Comité Consultatif de Bioéthique de Belgique émet de fortes réserves

Belgique - Détecter les anomalies des chromosomes sexuels avant la naissance : le Comité Consultatif de Bioéthique de Belgique émet de fortes réserves

Le dépistage prénatal non-invasif (DPNI) ne devrait pas automatiquement s'appliquer aux anomalies des chromosomes sexuels chez l'enfant à naître, a estimé le Comité Consultatif de Bioéthique de Belgique (CCBB) dans son 76e avis du 30 avril 2021. Le Comité est en revanche favorable à ce que les futurs parents puissent opter, de façon élective, pour ce dépistage, à la condition qu'ils aient reçu les informations adéquates avant le test, et que les résultats leur soient communiqués de façon compréhensible et nuancée. Aujourd'hui, cette condition essentielle n'est pas remplie : « Les futurs parents ne sont, actuellement, pas suffisamment conseillés ni préparés à comprendre les implications des découvertes potentielles en dehors des trisomies 21, 13 et 18 », affirme le Comité. 

 

Les anomalies numériques du chromosome X ou Y, appelées aussi aneuploïdies du chromosome sexuel, engendrent principalement le syndrome de Turner, le syndrome de Klinefelter, le syndrome du triple X, et le syndr...

 Fichier PDF  Lire la suite 


Parlement européen : existe-t-il un "droit à l'avortement" dans l'UE ?

Parlement européen : existe-t-il un "droit à l'avortement" dans l'UE ?

« Un accès sûr et légal à l'avortement fondé sur la santé et les droits des femmes » : c'est en ces termes que la Commission des droits des femmes et de l'égalité des genres (FEMM) du Parlement européen souhaite se positionner concernant la délicate question de l'avortement.

 

Le 11 mai dernier, la Commission FEMM a ainsi adopté le projet de rapport et de résolution porté par le député Predrag Fred Matić, au sujet de « la situation concernant la santé et les droits génésiques et sexuels dans l'Union, dans le cadre de la santé des femmes ».

Dans les prochaines semaines, il appartiendra au Parlement européen réuni en séance plénière de se prononcer sur l'adoption finale du texte.

 

A travers l'expression de « droits génésiques et sexuels », la résolution invite les États membres de l'UE à garantir l'accès des citoyens, et en particulier des femmes, à : « une éducation sexuelle complète; des méthodes de contraception modernes; des soins lors de l'accouchement et des périodes prénat...

Lire la suite 


Embryons chimères singe-homme : jusqu’où peut-on aller ?

France - Embryons chimères singe-homme : jusqu’où peut-on aller ?

Introduire des cellules humaines dans des embryons de singes macaques, c'est ce qu'ont fait deux équipes de chercheurs afin de mieux comprendre l'interaction entre les cellules humaines et les cellules animales. 

 

L'équipe française, dont l'étude a été publiée le 12 janvier dans la revue Stem Cell Reports, a cultivé in vitro des embryons de singes auxquels ont été intégrés des cellules humaines. Au bout de trois jours, le nombre de cellules humaines intégrées dans ces embryons avait considérablement réduit. Quant aux chercheurs chinois et américains, ils ont injecté 25 cellules humaines dans 132 embryons de macaques. Seuls 3 embryons vivaient encore au bout de 19 jours, mais avec une quantité assez faible de cellules humaines. Ces résultats ont été publiés le 15 avril dans la revue Cell. 

 

De part et d'autre, les chercheurs ont utilisé des cellules souches pluripotentes induites, c'est-à-dire des cellules humaines adultes reprogrammées en cellules indifférenciées, capables de s...

Lire la suite 


Pour les soignants, une formation à l’accompagnement du deuil périnatal

Belgique - Pour les soignants, une formation à l’accompagnement du deuil périnatal



La perte d'un enfant autour de sa naissance peut s'avérer d'autant plus difficile à traverser pour les parents que le deuil périnatal est encore peu reconnu dans notre société. Et pour cause : les parents sont parfois les seuls à avoir vu l'enfant ou senti sa présence, voire la mère uniquement lorsque l'enfant décède durant la grossesse. Ainsi, il peut arriver que les soignants ou les proches n'accordent pas toute la place nécessaire à ce deuil très particulier.

Les professionnels de la santé se trouvent parfois démunis lorsqu'ils doivent annoncer une pathologie grave ou le décès du bébé. Leurs gestes et mots ont pourtant toute leur importance dans l'accueil de la souffrance des parents. Consciente de leurs besoins, la thérapeute Hélène Gérin a mis sur pied une nouvelle formation pour les soignants qui accompagnent les parents dont le bébé décède : sages-femmes, infirmiers-ères, gynécologues, échographistes, pédiatres, thérapeutes, doulas etc. La formation se déroule sous forme de...

Lire la suite 


Rapport avortement : impossible de poser un juste diagnostic sur les raisons qui poussent les femmes à avorter

Belgique - Rapport avortement : impossible de poser un juste diagnostic sur les raisons qui poussent les femmes à avorter

Version complète de l'analyse ICI.

  18 273 avortements ont été déclarés en 2018 d'après le nouveau rapport de la Commission nationale d'évaluation de l'interruption volontaire de grossesse (ci-après : "la Commission"). Ce chiffre a légèrement baissé en 2019 avec 18 027 avortements, ce qui revient à un avortement pour 7,7 naissances et à 8,4 femmes concernées pour 1000 femmes en âge de procréer.

  Près d'un tiers des femmes (7 198) ayant avorté en 2018 ont expliqué leur démarche par le fait qu'elles n'avaient « pas de souhait d'enfant pour le moment ». Par ailleurs, 3 389 (14%) femmes déclaraient avoir une "famille complète".

  Depuis la fin de 2018, indique le rapport, et en raison de la nouvelle loi du 15 octobre 2018 qui ne rend plus obligatoire la mention d'une cause de détresse - obligation jugée trop paternaliste et contraire à l'idée d'un "droit" à l'avortement-, le médecin n'est plus tenu d'indiquer une raison particulière pour l'avortement dans le fo...

 Fichier PDF  Lire la suite