Fin de vie > Euthanasie et suicide assisté

France : une « sédation profonde explicitement létale » ?

France : une « sédation profonde explicitement létale » ?

En France, le Conseil économique, social et environnemental s'est prononcé dans un avis consultatif du 9 avril 2018 en faveur d'un droit à l'euthanasie en prônant de légaliser la "sédation profonde explicitement létale" pour les personnes qui la demanderaient en fin de vie.

 

L'expression qu'a choisie le Conseil est volontairement distincte "d'euthanasie" et de "suicide assisté", termes trop « polémiques », indique Pierre-Antoine Gailly, rapporteur de la CESE.

Que penser de cette manipulation du langage et de l'endormissement de la pensée par le choix des mots? Ce geste recouvre en effet la même réalité que celui de l'euthanasie, puisque le médecin provoque volontairement la mort de la personne à sa demande.

Si le Conseil s'est majoritairement prononcé en faveur d'une sédation explicitement létale, il reste divisé sur la question. Une partie des membres se positionne en effet en faveur d'une application pleine et entière de la législation existante, la loi Claeys-Leonetti. Celle-...

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Euthanasie pour souffrance psychique en Belgique

Euthanasie pour souffrance psychique en Belgique

Nouveau DOSSIER !

Le Comité consultatif de Bioéthique de Belgique a publié en décembre 2017 un avis sur l'euthanasie de patients hors phase terminale, affectés d'une souffrance psychique avec ou sans affection médicale (psychiatrique ou autre) sous-jacente.

Dans cet avis, le Comité répond en 75 pages aux questions posées en 2011 par Madame Laurette Onckelinkx, à l'époque Ministre de la Santé publique.

L'avis rendu 6 ans plus tard, reprend les points de consensus, mais également les dissensions divisant encore les membres du Comité. Et si la difficulté de ses membres à trouver des consensus sur les sujets les plus sensibles soulignait la probable incapacité de la loi euthanasie à pallier les écarts d'interprétation et les dysfonctionnements dans son application?

Sur le terrain, cela fait plusieurs années que des praticiens se mobilisent pour dénoncer ces dysfonctionnements chroniques. Les appels à une réévaluation profonde de la loi euthanasie se font insistants. L'avis offre auj...

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Pays-Bas : La Coopérative « Dernière volonté » ne distribuera plus sa poudre létale

Pays-Bas : La Coopérative « Dernière volonté » ne distribuera plus sa poudre létale

La Coopérative « Dernière volonté » (« Laatste wil ») a annoncé mettre fin à son activité de mise à disposition de sa poudre létale dénommée « Moyen X ». Sa décision fait suite à celle du Ministère public d'enquêter sur la possibilité de qualifier cette activité d'aide délictueuse au suicide.

Petra de Jong, administratrice de la Coopérative, insiste ne pas comprendre pourquoi le Ministère public considère la CLW comme organisation criminelle. En effet, la coopérative ne fait qu'informer ses membres, regroupés en groupes d'achat, sur la manière de se procurer ladite poudre. Elle indique que la décision de la CLW d'arrêter son activité a comme unique but d'éviter que ses membres soient considérés comme des criminels. La Coopérative ne cessera pas d'exister, mais orientera désormais ses activités vers le lobbying et d'autres voies de défense des intérêts de ses membres.

Source : Medischcontact

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La Coopérative « Dernière volonté » fait sa première victime

La Coopérative « Dernière volonté » fait sa première victime

Aux Pays-Bas, le Ministère Public a déclaré ouvrir une enquête à l'encontre de la Coopérative « Dernière volonté » (« Laatste Wil » - CLW).

Pour rappel, cette coopérative d'achat néerlandaise a comme objectif d'offrir à ses membres la possibilité d'acheter une poudre qui permet de se suicider de manière absolument autonome.

Cette poudre, que la CLW nomme « Moyen X » pour ne pas dévoiler son nom, a fait sa première victime le 22 février dernier. La jeune-fille de 19 ans, Ximena, s'est suicidée après avoir commandé la poudre sur internet via le groupe d'achat.

Suite à ce drame, ses parents ont publiquement demandé une réaction politique. Le ministre Hugo de Jonge s'est engagé à avoir une « conversation insistante » avec la CLW, estimant que ce « projet indésirable frôle l'irresponsabilité et est potentiellement répréhensible »

Plusieurs milliers de membres ( sur les 22.000 au total ) se sont déjà inscrits au premier tour de commande du « Moyen X ».

Le Ministère Public a par conséq...

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Les raisons de ma démission de la commission Euthanasie

Les raisons de ma démission de la commission Euthanasie

Complétant notre Bulletin du 22 février 2018 , voici la traduction de la lettre du Dr Vanopdenbosch

Cher Président de la Chambre des Représentants,
Cher Président de la Commission de la Santé Publique de la Chambre,

Par la présente, je tiens à donner ma démission de la fonction de membre suppléant de la Commission Fédérale de contrôle et d'évaluation de l'Euthanasie (CFCEE). C'est à juste titre que la Chambre des Représentants se pose la question de l'indépendance et du rôle de cette commission. Dans les faits, la CFCEE n'est en effet ni indépendante, ni objective.

 

 

 

Lorsque des déclarations d'euthanasie sont détectées non conformes à la loi, la CFCEE ne les renvoie pas au Parquet pour examen, comme le prescrit pourtant la loi, mais elle prend elle-même le rôle de juge.

L'exemple le plus frappant s'est déroulé lors de la réunion du mardi 5 septembre 2017: nous y avons traité le cas d'une personne atteinte de démence à un stade avancé et souffrant de la maladie de Parkinso...

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Inde : autoriser l'arrêt des soins et des traitements quitte à provoquer la mort

Inde : autoriser l'arrêt des soins et des traitements quitte à provoquer la mort

Ce vendredi 9 mars 2018, la Cour Suprême d'Inde a reconnu aux personnes le droit de refuser, par voie de directives anticipées ou demande actuelle, tout traitement médical dans le but précis de se laisser mourir.

D'après elle, l'article 21 de la Constitution indienne, qui déclare le droit à la vie, à la liberté et la dignité, sous-entend un droit de chaque personne à une mort dans la paix et la dignité, sans souffrir. Ce droit impliquerait celui de refuser, de manière anticipée le cas échéant, tout traitement que le patient jugera inopportun.

Cette euthanasie peut prendre la forme d'un renoncement aux traitements médicamenteux, d'une demande d'interruption de l'alimentation ou de l'hydratation artificielle dans des circonstances spécifiques. L'administration d'une substance létale dans le but de provoquer la mort restera par contre illégale.

Le gouvernement indien s'oppose à cette euthanasie par voie de directives anticipées. Il craint que les patients ne soient pas forcément au c...

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Pays-Bas : 4 nouvelles euthanasies sous enquête pénale

Pays-Bas : 4 nouvelles euthanasies sous enquête pénale

En 2017, les Commissions régionales de contrôle de l'euthanasie néerlandaises (RTE) ont jugé 12 cas (sur les 6.585 déclarés) non-conformes aux exigences de la loi de 2002. 10 dossiers ont déjà été examinés par le Ministère Public, et sur ceux-ci, 4 font désormais l'objet d'une enquête pénale.

Deux des 4 euthanasies sous enquête ont été pratiquées par un même médecin gériatre, de la « Levenseindekliniek ». Il a euthanasié une personne atteinte d'Alzheimer sur base de sa déclaration anticipée, sans pouvoir démontrer qu'elle se plaignait de souffrances et avait à un moment confirmé sa volonté de mourir avant qu'il ne passe à l'acte. Aucun des trois autres médecins impliqués dans la procédure n'avaient par ailleurs jugé insupportable sa souffrance. (Voir ICI)

L'autre personne souffrait de polypathologie, et a été euthanasiée alors que souffrance était encore apaisable, a jugé le RTE.

La troisième personne euthanasiée souffrait également de polypathologie. Son médecin, insistant d'abor...

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15 ans d’euthanasie aux Pays-Bas, et une pratique en hausse constante

15 ans d’euthanasie aux Pays-Bas, et une pratique en hausse constante

6.585 déclarations officielles d'euthanasies aux Pays-Bas pour l'année 2017, ce qui représente 4,4 % des décès sur l'année écoulée.

Avec près de 500 personnes euthanasiées en plus qu'en 2016, la pratique est en hausse constante.  Le Dr Jacob Kohnstamm, président des Commission régionales d'évaluation de l'euthanasie (« RTE »), parle « d'accoutumance ».

À l'en croire, la pratique d'euthanasie demeure « remarquablement consciencieuse », les médecins respectant pour la majorité scrupuleusement la loi. Les RTE ont ainsi été jugé 99,8 % des euthanasies conformes au prescrit légal.

La moyenne d'âge des personnes qui sont décédées d'euthanasie se révèle élevée. Un tiers des patients avaient entre 70 et 80 ans, et un quart plus de 80 ans.

Près de 5.900 personnes (90 %), ont demandé et obtenu l'euthanasie sur base de souffrances liées à un cancer, à une pathologie neurologique dégénératives (parkinson, sclérose en plaques...), ou à des affections cardiaques ou pulmonaires. L'augmentation...

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"1000 décès" sans consentement : précisions

"1000 décès" sans consentement : précisions

Suite à la déclaration-choc du Dr Marc Cosyns le mois dernier, les Professeurs Luc Deliens et Kenneth Chambaere (VUB et d'UGent), ont estimé nécessaire de remettre en contexte ses propos.

Pour rappel, le médecin avait déclaré, lors de sa comparution à titre d'expert en euthanasie au procès aux Assises d'Ivo Poppe, que « chaque année, en Belgique, mille morts sont provoquées sans consentement ».

Ce chiffre trouve sa source dans le dernier sondage du « End-of-life-care Research group », cellule de recherche interuniversitaire flamand, auquel appartiennent Deliens et Chambaere. Le groupe effectue périodiquement des sondages en Flandre, afin de mesurer l'évolution de la nature et de la fréquence des actes médicaux posés sur des patients en fin de vie.

La dernière étude, de 2013, révèle que près de 48 % des décès en Flandre sont précédés d'une décision médicale ayant une incidence sur le moment du décès.

Parmi ces décisions, 4.6% sont des euthanasies, concernant 2.830 personnes par an...

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Colombie : l'euthanasie des enfants pour raisons économiques ?

Colombie : l'euthanasie des enfants pour raisons économiques ?

La Colombie a été le quatrième pays à dépénaliser l'euthanasie des personnes majeures, en 2015, à la suite de la Belgique, des Pays Bas et du Luxembourg.

En octobre 2017, la Cour Constitutionnelle colombienne a ouvert le débat de l'euthanasie des mineurs en demandant au Ministère de la Santé de proposer une loi permettant d'administrer « la mort dans la dignité, chez des enfants et adolescents porteurs de handicaps ou en phase terminale ».  Selon la Cour, cette loi chercherait à éviter que les mineurs soient « victimes de traitements cruels et inhumains ». Ce jugement a été attaqué devant le Conseil d'Etat par l'avocat Jeison Aristizabal.

D'après lui, il ne s'agit pas là de la vraie raison d'une telle règlementation. Aristizabal sait de quoi il parle. Désigné « Héros de l'Année » par CNN en 2016 pour avoir surmonté les défis posés par sa paralysie cérébrale, il a monté une association pour aider les enfants atteints d'un handicap en Colombie. Il s'est exprimé pour exposer les anté...

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