Coronavirus et confinement : quel impact sur les demandes d’euthanasie ?

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités - Belgique

Publié le : 03/06/2020

La fin progressive de la crise sanitaire est l'occasion de dresser un premier bilan de l'impact sociétal du confinement, en particulier concernant les personnes âgées.

L'on sait en effet le lourd tribut qu'a payé cette catégorie de la population, tant du point de vue des décès que de l'isolement.

Au coeur de la tourmente, les maisons de repos se sont vu contraintes de couper leurs résidents de tout contact physique avec l'extérieur, en ce compris leurs proches.

Confinement et "euthanasie passive"

Si un tel isolement a pu être jugé nécessaire pour ralentir la propagation du virus, son coût s'est indéniablement répercuté sur le moral des résidents. Le syndrome de glissement (décès par désespoir) est difficilement quantifiable mais non moins tangible. Plusieurs institutions n'ont alors pas hésité à parler d' « euthanasie passive », expression désignant le sacrifice dont auraient été l'objet les personnes âgées en maison de repos : le refus quasi-systématique de prise en charge à l'hôpital dont ces résidents ont fait l'objet aurait ainsi permis d'éviter l'engorgement des services hospitaliers de soins intensifs. L'absence de soins hospitaliers appropriés a inexorablement conduit de nombreux résidents infectés par le COVID-19 à décéder en maison de repos. Si la saturation hospitalière n'a finalement jamais été atteinte, il est aujourd'hui encore difficile de mesurer l'impact et la pertinence de ce refus de prise en charge.

Isolement et demande d'euthanasie

Par ailleurs, dans un pays tel que la Belgique où l'euthanasie est dépénalisée, il est permis de s'interroger sur l'impact de cet isolement sur les demandes d'euthanasie – au sens classique du terme.

A cet égard, le directeur de la maison de repos ‘De Wending' à Turnhout a fait part d'une augmentation inédite des demandes d'euthanasie au sein de son institution depuis le début du confinement. Luc Op de Beeck explique cette augmentation par le fait que « la soif de vivre de ces résidents a disparu après deux mois passés sans la moindre visite physique ». Outre les trois personnes ayant introduit une demande formelle d'euthanasie, le directeur estime que « de nombreux autres résidents y songent également, sans pour autant l'avoir exprimé ».

Par-delà les questionnements qu'il suscite du point de vue des mesures de confinement, cet exemple illustre le lien étroit pouvant être régulièrement établi entre une demande d'euthanasie et la solitude de la personne qui formule cette demande. Face à l'isolement physique et/ou psychique, c'est généralement le besoin d'accompagnement qui est avant tout exprimé par la personne qui dit vouloir mourir.

Quoi qu'il en soit, il n'est aujourd'hui pas possible de conclure à une augmentation globale des demandes d'euthanasie en Belgique depuis le début de la crise sanitaire. D'aucuns évoquent par ailleurs la tendance à ce que soient reportées certaines demandes d'euthanasie formulées juste avant le confinement. Un tel report s'explique en partie par le désir des personnes de pouvoir ritualiser l'acte euthanasique, le cas échéant entourés de certains proches – chose rendue plus ardue durant le confinement. Plus largement, il est également permis de voir dans cette possible baisse des euthanasies le signe d'une volonté actuelle de la société de se battre pour la protection de la vie des personnes fragiles.

Tendance passagère ou évolution durable ? Les prochains mois nous le diront peut-être, de même que les chiffres relatifs au nombre d'euthanasies déclarées pour l'année – et, plus encore, le printemps – 2020.


Articles similaires

Niet vervolgd voor poging 'euthanasie'

Niet vervolgd voor poging 'euthanasie'

- Euthanasie et suicide assisté

Een 45-jarige verpleegkundige moet zich niet voor een assisenjury verantwoorden voor de moordpoging op haar zwaar dementerende moeder Yvette. Twee jaar geleden mengde ze slaappillen in haar pudding 'om haar lijden te beperken'. De bejaarde vrouw ontsnapte op het nippertje aan de dood.  Het Brugse parket toont zich nu inschikkelijk en besluit de dochter niet te vervolgen wegens poging tot oudermoord. (Bron: De standaard 16/06/2013)
Professor in de palliatieve geneeskunde Wim Distelmans ...

Lire la suite

L’euthanasie en Colombie : pratiquée mais pas légalisée

L’euthanasie en Colombie : pratiquée mais pas légalisée

- Euthanasie et suicide assisté

Le 8 avril en Colombie, le parlement a de nouveau rejeté une proposition de loi pour légaliser l'euthanasie. Déposé par le député libéral Juan Fernando Reyes Kuri, le texte proposait d'autoriser l'euthanasie pour les personnes qui souffrent de façon intolérable en raison d'une maladie incurable ou d'une maladie en phase terminale. 

 

Dans un arrêt de 1997, la Cour constitutionnelle colombienne avait déjà reconnu la possibilité de « l'homicide par compassion » en cas de souffrances intenses s...

Lire la suite

De plus en plus d'euthanasies en Belgique

De plus en plus d'euthanasies en Belgique

- Euthanasie et suicide assisté

Une étude montre que le nombre d'euthanasies pratiquées en Belgique augmente et que la majorité des cas est due à des douleurs physiques insupportables. Pour le spécialiste français des soins palliatifs, le Dr Bernard Devalois, une meilleure prise en charge de la douleur pourrait certainement les éviter.  

Selon une récente enquête menée par la VUB (Vrij Universiteit Brussel), le nombre des euthanasies progresse régulièrement chaque année en Belgique depuis la loi votée en septembre 2002 auto...

Lire la suite