Suisse : modifications des directives pour diagnostiquer la mort

 Imprimer

Thématique : Statut du corps humain / Don d'organes et mort

Actualités - Suisse

Publié le : 15/11/2017

Dû à un taux de dons d'organes particulièrement bas, la Suisse a décidé de changer sa loi sur la transplantation ce mercredi 15 novembre 2017. La nouvelle loi modifie les directives de l'Académie Suisse des Sciences Médicales sur le « Diagnostic de la mort en vue de la transplantation d'organes et préparation du prélèvement d'organes ». Le décès d'une personne pourra désormais être déclaré cinq minutes après un arrêt cardiaque, contre dix minutes auparavant. Cette mesure permettrait une plus grande possibilité de prélèvements d'organes ainsi qu'une meilleure qualité de ceux-ci.

Cette décision, importante pour les transplantations d'organes, se trouve néanmoins critiquée par certains. Plusieurs organisations, dont la Société suisse de Bioéthique et la Human Life International Suisse, considèrent que cette diminution du temps d'attente va « bouleverser la confiance de la population concernant les règlements de dons d'organes ».

Les organisations rappellent que seule une défaillance irréversible de toutes les fonctions du cerveau et du tronc cérébral est le critère de mort d'une personne. Si les lésions irréversibles du cerveau se produisent dans les cinq minutes après un arrêt cardiaque, les cellules cérébrales peuvent survivre jusqu'à dix minutes ou plus longtemps encore.

Elles ont par conséquent adressé une lettre au Conseil fédéral, demandant de n'autoriser l'entrée en vigueur de la loi sur les transplantations que lorsque l'Académie suisse des sciences médicales (ASSM) aura elle-même changé ses directives sur ce point controversé.

L'ASSM répond alors que le temps d'attente a été réduit parce que les outils diagnostics se sont améliorés. La Suisse exige que l'arrêt circulatoire soit diagnostiqué par le toucher du pouls et par une échocardiographie. Jürg Steiger, spécialiste des transplantations à l'Hôpital universitaire de Bâle et président de la commission d'éthique de l'ASSM, explique que les ultra-sons "permettent de dire avec certitude que le cerveau n'est plus irrigué en oxygène". Il rappelle que ‘l'absence d'oxygène dans le cerveau pendant trois minutes entraîne des dommages irréversibles'. L'ASSM souligne quant à elle "qu'‘après le temps d'observation, un diagnostic formel de mort cérébrale doit être établi'. "

Il est à noter que la plupart des prélèvements d'organes concernent les décès suite à une lésion cérébrale, et que les prélèvements dans des cas d'arrêt circulatoire ne sont pas courants.

Sources : Le Temps, 20min.ch


Articles similaires

Suisse : toujours plus d'assouplissement des conditions d'accès au suicide assisté

Suisse : toujours plus d'assouplissement des conditions d'accès au suicide assisté

- Euthanasie et suicide assisté

L'assemblée générale de l'association suisse Exit s'est prononcée en faveur d'une extension de l'aide médicale au suicide pour les "personnes souffrant de polypathologies liées à l'âge". Exit ADMD Suisse romande s'était déjà déclarée favorable à une telle proposition le 26 avril dernier.
Jusqu'à aujourd'hui, "les deux associations proposaient l'aide au suicide pour les personnes atteintes d'une maladie incurable ou en phase terminale". Elles veulent donc aujourd'hui l'étendre aux personnes qui...

Lire la suite

Suisse : le suicide assisté imposé dans les homes

Suisse : le suicide assisté imposé dans les homes

- Euthanasie et suicide assisté

Le Grand Conseil du Canton de Neuchâtel a voté le 4 novembre dernier, par 80 voix contre 16, une modification de la loi imposant aux homes bénéficiant de subventions publiques d'offrir la possibilité de fournir une aide au suicide aux résidents qui en feront la demande. Arguant que « la liberté de choix des patients ou des résidents ne peut être réduite et l'emporte sur le règlement des EMS et des homes », la loi prévoit désormais que les institutions concernées devront mettre un local à dispo...

Lire la suite

Suisse : les médecins dépassés par la fin de vie ?

Suisse : les médecins dépassés par la fin de vie ?

- Euthanasie et suicide assisté

En Suisse, la majorité des habitants meurent en milieu hospitalier, où les soins se focalisent sur les troubles physiques, alors que les besoins spécifiques à la fin de vie, psycho-sociaux et spirituels, sont délaissés. Les soins palliatifs, encore peu établis dans ce pays, ne font d'ailleurs pas partie de la formation des médecins.

Terminer sa vie chez soi n'est pas toujours chose facile en Suisse. S'il existe des formes d'aide, elles sont peu connues et peu accessibles. Les coûts des soins...

Lire la suite