Statut du corps humain

Statut de l'embryon: la question interdite !

Statut de l'embryon: la question interdite !

Statut et nature ? II n'est pas anodin de poser une question telle que celle du statut de l'embryon. Pareille interrogation commande en effet de s'interroger sur sa nature. Car, si le statut de l'embryon est composé des règles qui lui sont applicables, il ne peut s'agir d'un ensemble de dispositions juxtaposées mais d'un corps de règles cohérent découlant de ce qu'est l'intéressé, c'est-à-dire de sa nature. Si l'embryon n'a pas de statut en droit français c'est parce que la question de sa nature n'est pas réglée, autrement dit parce que le législateur ne sait pas ce qu'est un embryon.

Personne ou chose? Dire ce qu'est l'embryon revient à rechercher s'il est une personne. C'est la summa divisio car il existe les personnes et... le reste, les choses, le terme de choses ne devant pas être compris de façon péjorative mais seulement comme désignant « ce qui n'est pas une personne ». II n'existe pas d'intermédiaire entre la personne et la chose, de demi-personnes ni de personnes à 80 % ou...

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A propos de la "mort cérébrale"

A propos de la "mort cérébrale"

En 1968, un comité d'experts de l'Université de Harvard a proposé une définition du coma irréversible, qu'il a appelé "mort cérébrale" (brain death), et il a établi un protocole pour son diagnostic. Depuis lors, ce terme fait partie intégrante tant du vocabulaire scientifico-médical que du langage commun. Ces dernières décennies, s'est instauré un débat, plus philosophique que médical, sur le concept de "mort cérébrale". Chez certains, cette discussion a suscité un doute sur la validité de ce concept comme critère de la mort, surtout dans le domaine des transplantations d'organes. Deux problèmes fondamentaux sous-tendent cette controverse : l'un est de nature méthodologique et tend à confondre différents niveaux de raisonnement (métaphysique, gnoséologique, éthique, physiopathologique, clinique) ; l'autre, qui découle de l'antérieur, est de type terminologique et induit une compréhension très différente des choses lorsque l'on parle de "mort cérébrale".

Clarification terminologique
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Dignité de la personne et statut du corps humain

Professeur de philosophie
au Centre Madeleine Daniélou de Rueil-Malmaison, France.
 

Une approche philosophique pour un repérage éthique.

Le corps est aujourd'hui le lieu de débats bioéthiques majeurs, tels ceux sur l'avortement, l'euthanasie ou encore la sexualité pour n'en nommer que quelques-uns. Statuer sur le sort que l'on peut techniquement ou médicalement réserver au corps représente un enjeu éthique fondamental, puisque ce qui est en cause c'est le sens même de la personne humaine.  

En effet, le corps humain n'est pas simplement un objet matériel parmi d'autres, mais il est le signe de notre humanité et de notre subjectivité, d'où l'intérêt de réfléchir sur celui-ci notamment lorsqu'on cherche à comprendre ce qu'est l'homme.
Ainsi, à la question en apparence très simple de savoir de quoi le corps est-il signe, nous pouvons répondre : « D'une présence humaine », dans la mesure où « c'est dans et avec son corps que chacun de nous est né, vit et meurt ; c'est dans et par s...

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Vers un commerce du corps humain ?



  (paru dans le Journal des Tribunaux, 9 septembre 2006, n° 6233, pp. 501-504)
 
 

La vague bioéthique amène de nos jours sur les rivages de la morale et du droit la remise en cause du principe de non-commercialisation du corps humain. La pénurie actuelle d'organes et de gamètes incite en effet certains médecins et scientifiques à encourager par la promesse d'une rémunération la cession, par un sujet, d'un organe ou d'un tissu venu de son corps.

Le raisonnement semble imparable : puisque le niveau de l'offre de tissus/organes n'atteint pas celui de la demande, il faut augmenter l'offre en la payant. Une telle suggestion contredit sans doute à la fois la sensibilité commune ainsi que le principe de non-patrimonialisation du corps humain, mais de puissants courants sont à l'oeuvre pour la soutenir.

Il vaut donc la peine de reprendre l'examen de ce dossier, d'abord en précisant les termes du statut juridique du corps, ensuite en discutant la question de fond relative à la dignité ...

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Quelle conscience durant le coma?

Quelle conscience durant le coma?

Comment évaluer l'état de conscience d'une personne dans le coma?

Les méthodes d'imagerie aident les médecins à évaluer les divers degrés de conscience des personnes ayant subi une grave lésion cérébrale.

Parce que la médecine et, notamment, la réanimation et les soins intensifs ont progressé, le nombre de personnes qui survivent à une lésion cérébrale grave ne cesse d'augmenter.

Certaines d'entre elles sortent du coma en quelques jours ; pour d'autres, les mécanismes de réparation sont beaucoup plus longs, et ces personnes traversent différentes phases avant de récupérer, partiellement ou totalement, leur état de conscience. D'autres enfin perdent définitivement toute activité cérébrale : c'est la mort cérébrale. Les médecins réanimateurs savent combien il est difficile de reconnaître sans ambiguïté les signes d'une perception ou d'une action consciente chez les personnes plongées dans le coma, cette difficulté se traduisant par de fréquents diagnostics erronés.

On sait mal éva...

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