Fin de vie > Euthanasie et suicide assisté

Quand l’idéologie s’empare du débat sur l’euthanasie

Quand l’idéologie s’empare du débat sur l’euthanasie

Hans Geybels, Professeur de théologie à la KUL, a lancé dans le magazine Knack un appel pressant à sortir de la dichotomie « conservateurs-progressistes » lorsqu'il s'agit de débats bioéthiques tel que celui sur la fin de vie. Ce sont des sujets trop importants que pour être sacrifiés sur l'autel des convictions idéologiques, il s'y joue bien plus qu'une victoire entre idées conservatrices ou progressistes.

Que signifient d'ailleurs ces termes dans le débat ? Le progressisme semble vouloir rompre avec tout ce qui touche au passé, le conservatisme au contraire maintenir ce passé sans rien y changer. N'a-t-on rien d'autre à proposer pour la fin de vie ?

L'auteur refuse de croire que l'un de ces deux camps détienne la vérité. Celle-ci ne se trouve pas dans les idéologies et, quand bien même la vérité serait immuable, l'homme ne peut pas la considérer aussi facilement à sa portée. C'est pourquoi, selon l'auteur, la vérité invite toujours à la prudence : les hommes persuadés de la déten...

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Compte à rebours pour un suicide assisté : J-8

Compte à rebours pour un suicide assisté : J-8

Aurélia (ou Sarah, prénom repris dans les médias) mourra le 26 janvier 2018 à 14h, à l'âge de 29 ans, après avoir ingéré la boisson létale prescrite par la « Levenseindekliniek » (LEK, clinique de fin de vie aux Pays-Bas).

 

Des médecins de la LEK ont confirmé son état de « souffrance psychique insupportable et sans issue » le 31 décembre 2017. Aurélia a ensuite dévoilé à la presse néerlandaise son parcours et son choix d'assistance médicale au suicide. Elle estime qu' « après une vie pourrie », elle a « droit à une mort digne », parce qu'elle est un être humain.

Puisque personne n'a accès à son dossier médical, couvert par secret professionnel, Aurélia dévoile son histoire, se faisant par la même occasion militante pour le droit des personnes atteintes de souffrances psychiques à obtenir plus facilement l'euthanasie.

Elle-même a entamé sa procédure de demande d'euthanasie en juin 2017, après avoir tenté, en accord avec son psychologie et son psychiatre, une nouvelle thérapie. Le...

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Encore une démission par protestation contre l’euthanasie de personnes démentes

Encore une démission par protestation contre l’euthanasie de personnes démentes

Rappelant l'épisode de la démission d'un membre de la Commission Fédérale de Contrôle et d' Evaluationde l'euthanasie en Belgique, c'est maintenant aux Pays-Bas qu'un expert démissionne.

L'éthicienne Berna van Baarsen a remis sa démission en guise de protestation à la Commission de contrôle de l'euthanasie (RTE) « Noord-Holland ».

Elle estime ne plus pouvoir accepter sans objecter le fait que les RTE approuvent des euthanasies de personnes démentes.

Les RTE néerlandaises ont eu à juger de 12 cas d'euthanasies de ce genre, et en ont approuvé 9 d'entre elles.

Il s'agissait de patients ayant fait un déclaration anticipée d'euthanasie avant leur état de démence, mais n'ayant pas pu confirmer ni exprimer à nouveau ce souhait avant que le médecin ne provoque leur mort.  « Cette déclaration anticipée représente une intention, insiste Berna van Baarsen, on ne peut l'assimiler à une demande actuelle de la personne, il s'agit de quelque chose de réellement différent ».

Dans les cas concer...

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Les psy se mobilisent par rapport à la loi euthanasie

Les psy se mobilisent par rapport à la loi euthanasie

Un appel paru dans De Morgen relaie une lettre adressée à toute la profession médicale belge, pour demander une réévaluation de la loi euthanasie afin de lutter contre les dérives et les transgressions impunies de l'euthanasie pour souffrance psychique :

« Affiner les critères de souffrance psychique, faites évaluer chaque cas par une commission a priori, ou, de préférence, reconsidérez la loi euthanasie pour ne plus y inclure la seule souffrance psychique insupportable et incurable comme motif d'euthanasie, voilà ce qui serait véritablement porteur de vie »

demandent les 150 cliniciens qui l'ont déjà co-signée.

À l'initiative de cet appel à signatures se trouvent parmi d'autres Ariane Bazan, psychologue clinique et professeure à l'ULB, et An Haekens, médecin en chef du centre de soins « Alexianen » à Tirlemont.

« Les psychiatres et psychologues nous transmettent spontanément leur accord pour co-signer la lettre, commente Haekens, cela en dit long sur les prises de conscience pa...

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Homicide volontaire avec préméditation : pourquoi la Commission euthanasie n’a-t-elle rien dit ?

Homicide volontaire avec préméditation : pourquoi la Commission euthanasie n’a-t-elle rien dit ?

Saisissant l'importance du dossier relatif à une mort provoquée déclarée comme euthanasie à la Commission Fédérale de Contrôle et d'Evaluation de l'Euthanasie (CFCEE), les médias francophones réagissent et ont interviewé Jacqueline Herremans, membre de la CFCEE.

Celle-ci confirme que le débat au sein de la Commission suite à l'audition du médecin, a été « virulent ». La question était de savoir s'il fallait renvoyer le dossier au Parquet et laisser la Justice interpeller le médecin qui a provoqué intentionnellement la mort de sa patiente en souffrance à la demande de la famille, mais sans que la patiente elle-même n'en ait jamais fait la demande. (Plus de détails voir  Bulletin  du 27/12/2017)

Plusieurs membres de la Commission - la majorité semble-t-il - ont jugé opportun de renvoyer le dossier au Parquet. Mais pour ce faire, la loi euthanasie qui fixe aussi le fonctionnement de la Commission (Chapitre V), prévoit qu'il faut que 2/3 des membres soient d'accord, soit 10 membres sur...

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Démence : prise en charge et traitement sur base de directives officielles

Démence : prise en charge et traitement sur base de directives officielles

L'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) a publié ses "Directives médico-éthiques sur la prise en charge et le traitement des personnes atteintes de démence".

La Suisse compte actuellement environ 150.000 personnes atteintes de différentes formes de démence, mais s'attend à une forte progression du nombre de personnes concernées au cours des prochaines décennies.(Voir Bulletin "Démence, une priorité mondiale").

Au sein de la population, l'inquiétude est grande face à la possible altération de la personnalité qui accompagne la démence, particulièrement parce qu'elle va à l'encontre de valeurs centrales de la société : l'autonomie, la productivité, la rationalité...

Le but des directives de l'ASSM est de fournir une aide pratique aux proches et aux soignants en cas de situations de conflit éthique dans le cadre de la prise en charge de la démence : comment respecter la dignité et l'autodétermination de la personne ? Comment la protéger au possible de manipulations et de maltr...

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Evaluer la loi euthanasie - proposition CD&V à la Chambre

Evaluer la loi euthanasie - proposition CD&V à la Chambre

Els Van Hoof et et Nathalie Muylle, députées CD&V à la Chambre, ont demandé au gouvernement le 7 décembre dernier, que soit procédé à l'évaluation de la loi euthanasie. Contrairement aux Pays-Bas, la loi euthanasie belge n'a, en 15 ans d'application, jamais fait l'objet d'aucune évaluation, pourtant indispensable à l'identification des problèmes d'interprétation et d'application qu'elle peut poser dans la pratique.

 

L'euthanasie a été élargie aux mineurs d'âge en 2014, sans que l'on ait approfondi au préalable la question de son application correcte par les médecins.

Les deux députées CD&V observent que la Commission Fédérale de contrôle de l'euthanasie n'a jamais fait mention de problèmes majeurs dans ses rapports, alors que les résultats d'études menées sur le terrain montrent pourtant une apparente asymétrie dans la pratique en Flandre et en Wallonie, ainsi qu'un écart significatif entre les chiffres officiels de la Commission et ceux d'autres chercheurs.

Ce qui amène les dép...

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Clash et démission au sein de la Commission fédérale de contrôle de l’euthanasie en Belgique

Clash et démission au sein de la Commission fédérale de contrôle de l’euthanasie en Belgique

Une patiente atteinte de démence et de Parkinson a été euthanasiée sur simple demande de sa famille, sans que la personne n'en ait jamais fait la demande elle-même, et n'ait été entendue sur la question. De plus, il appert que le second médecin à consulter n'a en réalité donné son avis médical qu'une fois le décès intervenu. Ces lourdes atteintes aux conditions posées par la loi euthanasie ont amené le médecin impliqué devant la Commission fédérale de contrôle de l'euthanasie (CFCEE).
Une majorité des membres de la Commission ont confirmé qu'il s'agissait là d'une double violation manifeste de la loi. Et pourtant la Commission n'a, après délibération, pas transféré  le dossier au Ministère Public.

 

En effet, à l'issue d'un débat houleux, la majorité de deux-tiers des membres, nécessaire au transfert d'un cas vers la justice, n'a pu, de justesse, être atteinte. D'après l'article paru dans le Standaard, les 6 membres (sur 16) qui n'ont pas souhaité transférer ce dossier à la justice...

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Qu'est-ce que "la fatigue de vivre" ? Flash Expert

Qu'est-ce que "la fatigue de vivre" ? Flash Expert

Le débat aux Pays-Bas quant à savoir s'il faut avaliser dans le cadre légal actuel, l'euthanasie des personnes âgées qui ont le sentiment d'une « vie complète », ou qui sont fatiguées de vivre, même si elles ne sont pas malades, a commencé il y a deux ans.

Dans une lettre adressée au Parlement, deux ex-ministres de la Santé et de la Justice soutenaient que « Les personnes qui pensent, après avoir mûrement réfléchi, avoir leur vie achevée (Voltooid leven), peuvent, dans des conditions strictes et selon des critères très précis, être autorisées à finir leur vie d'une manière qui leur semble digne ». Selon ces responsables politiques, il faut répondre à la demande d'une personne âgée qui revendique, au nom de son autonomie, qu'on provoque sa mort, puisqu'elle « ne voit plus de possibilité de donner un sens à sa vie, vit mal sa perte d'indépendance et a un sentiment de solitude ».

La discussion a aussi commencé en Belgique, et le Comité Consultatif de Bioéthique de Belgique (CCBB) vien...

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Flash Expert  : Belgique : vers un débat sur l’euthanasie des malades psychiatriques ?

Flash Expert : Belgique : vers un débat sur l’euthanasie des malades psychiatriques ?

Le 26 octobre dernier, le Washington Post, publiait un article concernant la pratique de l'euthanasie en Belgique intitulé: « 'What could help me to die ?' Doctors clash over euthanasia ». L'article dévoile la façon dont la psychiatre belge Lieve Thienpont, psychiatre à Gand, traite les demandes d'euthanasie de ses patients. La journaliste américaine en vient à se questionner quant à l'efficacité du contrôle de l'euthanasie en Belgique, puisque, le président de la Commission de Contrôle et d'Evaluation de l'Euthanasie (CFCEE), le professeur Wim Distelmans, est impliqué dans l'affaire et est cité dans cet article.

Dans un pays qui, en quinze ans, n'a jamais procédé à l'évaluation de sa loi euthanasie, et où il est même suspect de mettre en doute le bon fonctionnement de la Commission de Contrôle et d'Evaluation, cet article lance un pavé dans la marre.

Il aura fallu qu'un quotidien étranger dévoile le contenu d'une lettre entre Distelmans et Thienpont pour que les Belges soient mis ...

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