Fin de vie > Euthanasie et suicide assisté

L’euthanasie au Canada, réponse à la vulnérabilité sociale et économique des citoyens ?

Canada - L’euthanasie au Canada, réponse à la vulnérabilité sociale et économique des citoyens ?

Selon une enquête menée dans la province de l'Ontario au Canada, la plupart des personnes euthanasiées entre juin 2016 et octobre 2018 n'étaient pas spécialement confrontées à une vulnérabilité sociale ou économique. Tout au contraire, elles étaient plus jeunes et avaient un niveau de revenus plus élevé en moyenne que les personnes décédées naturellement dans cette province. Ce constat rejoint l'observation de l'écrivain Wesley J. Smith dans le National Review - « Assisted Suicide and White Privilege » selon laquelle les patients Latino-Américains et Afro-Américains choisissent rarement le suicide assisté en comparaison avec les patients blancs disposant d'une bonne situation financière (87% des suicides assistés). De même, l'étude indique qu'en Suisse, les personnes ayant demandé le suicide assisté étaient en moyenne plus aisées et plus instruites que l'ensemble des personnes décédées.

L'étude menée en Ontario a montré également que la majorité des personnes euthanasiées souffraie...

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Pays-Bas : une proposition de loi pour autoriser le suicide assisté à partir de 75 ans

Pays-Bas - Pays-Bas : une proposition de loi pour autoriser le suicide assisté à partir de 75 ans

Le Parlement néerlandais se penchera prochainement sur une proposition de loi visant à autoriser l'aide au suicide pour "vie accomplie" à partir de 75 ans, en dehors de toute condition médicale. Le texte, déposé par la députée Pia Dijkstra du parti D66 (gauche libérale), représente un pas de plus vers la consécration d'un "droit à mourir", dans un pays où déjà 4,2 % (en 2019) de la population meurt par euthanasie.

 

L'exposé des motifs de la proposition pose comme principe de départ que la décision du suicide est strictement personnelle et que "personne ne pourra jamais dire d'un autre que sa vie est accomplie". Pourtant, le texte légal prévoit qu'un "accompagnateur de fin de vie" devra vérifier le respect de plusieurs conditions, de forme mais aussi de fond : il devra discuter avec la personne âgée de l'opportunité d'impliquer ses proches dans la discussion, avoir la conviction que la demande de mourir est "libre, réfléchie et persistante", s'entretenir avec la personne au moins d...

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Malaise chez les médecins par rapport à l’euthanasie pour souffrance psychique

Belgique - Malaise chez les médecins par rapport à l’euthanasie pour souffrance psychique

Une enquête réalisée par MediQuality, une communauté médicale digitale pour le Benelux, a sondé les médecins pour savoir ce qu'ils pensaient de l'euthanasie en cas de souffrances psychiques et de démence. Sans doute encore secoués par l'affaire Tine Nys, une nette majorité d'entre eux (78%) estime qu'il faut évaluer et/ou adapter la loi sur l'euthanasie en ce qui concerne la souffrance psychique insupportable.

Ce sont 737 médecins qui ont librement répondu aux « questions éthiques en milieu médical » adressées par la plateforme à ses membres. L'enquête est donc sans prétention scientifique, même si elle donne à réfléchir.

Pour 4 médecins sur 10, l'euthanasie ne devrait pas être autorisée pour des cas de souffrance psychique insupportable (alors qu'elle est aujourd'hui légale), soit parce qu'ils considèrent que ces souffrances ne sont pas irréversibles et qu'il faut chercher des solutions alternatives, soit parce qu'il n'y a pas, selon eux, de critères objectifs pour démontrer le ca...

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Coronavirus et confinement : quel impact sur les demandes d’euthanasie ?

Belgique - Coronavirus et confinement : quel impact sur les demandes d’euthanasie ?

La fin progressive de la crise sanitaire est l'occasion de dresser un premier bilan de l'impact sociétal du confinement, en particulier concernant les personnes âgées.

L'on sait en effet le lourd tribut qu'a payé cette catégorie de la population, tant du point de vue des décès que de l'isolement.

Au coeur de la tourmente, les maisons de repos se sont vu contraintes de couper leurs résidents de tout contact physique avec l'extérieur, en ce compris leurs proches.

Confinement et "euthanasie passive"

Si un tel isolement a pu être jugé nécessaire pour ralentir la propagation du virus, son coût s'est indéniablement répercuté sur le moral des résidents. Le syndrome de glissement (décès par désespoir) est difficilement quantifiable mais non moins tangible. Plusieurs institutions n'ont alors pas hésité à parler d' « euthanasie passive », expression désignant le sacrifice dont auraient été l'objet les personnes âgées en maison de repos : le refus quasi-systématique de prise en charge à l'h...

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Uruguay : une proposition de loi pour légaliser l’euthanasie

Uruguay : une proposition de loi pour légaliser l’euthanasie

Le 11 mars 2020, cinq députés uruguayens ont déposé une proposition de loi pour dépénaliser l'euthanasie et le suicide assisté. Le texte prévoit que ne pourra être poursuivi pénalement le médecin qui provoquera la mort ou assistera dans son suicide une personne adulte, "capable psychologiquement", "atteint d'une maladie terminale, irréversible et incurable ou endurant des souffrances insupportables". Ces critères, sujets à interprétation, ne sont assortis d'aucune définition ou autre précision. On en déduit que le fait d'endurer des souffrances insupportables pourrait suffire, une fois respectées les conditions de forme, pour obtenir l'euthanasie.

 

Le médecin doit s'assurer de la volonté libre du patient à être euthanasié, et "l'informer des possibilités thérapeutiques et palliatives disponibles", sans pour autant que la curabilité de la maladie ne constitue un obstacle à l'euthanasie. L'avis d'un deuxième médecin est requis sans être contraignant. Une deuxième visite médicale est...

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Suicide et euthanasie ne méritent-ils pas le même effort de prévention ?

Etats-Unis - Suicide et euthanasie ne méritent-ils pas le même effort de prévention ?

Depuis août 2019, les citoyens du New-Jersey peuvent demander le suicide assisté lorsqu'ils souffrent d'une maladie réduisant leur espérance de vie à moins de 6 mois. Dans un article du National Review, l'écrivain et juriste Wesley J. Smith met cette législation en perspective avec les milliers de suicides que d'aucuns prédisent suite à la crise globale liée au Coronavirus (isolement, perte d'emploi, deuils,...).

 

Une étude du Well Being Trust et de l'American Academy of Family Physicians estime en effet que les "morts par désespoir" aux Etats-Unis suite à la crise du Coronavirus pourraient atteindre 150 000 personnes dans la prochaine décennie, soit la moitié de plus qu'en temps normal. "Nous voyons des signes très troublants à travers le pays", confie Elinore McCance-Katz, du Département de la Santé. L'isolement et l'incertitude par rapport au futur mènent déjà à "davantage d'abus de drogues, plus d'overdoses, plus de violence domestique et de maltraitance infantile." Les autori...

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Personnes démentes et consentement à l’euthanasie : la Cour suprême des Pays-Bas livre son interprétation

Pays-Bas - Personnes démentes et consentement à l’euthanasie : la Cour suprême des Pays-Bas livre son interprétation

Amenée à se prononcer sur l'euthanasie des personnes démentes, la Cour suprême des Pays-Bas estime qu'une déclaration anticipée d'euthanasie peut être sujette à interprétation, et que certaines circonstances peuvent empêcher de donner suite à une telle déclaration. Mais les lignes directrices énoncées par la Cour, si elles paraissent rassurantes à première vue, reçoivent une application préoccupante dans le cas qui lui a été soumis.

Cet arrêt clôture l'affaire dite de la « koffie-euthanasie » (euthanasie-café), nommée ainsi du fait de l'administration d'un sédatif, par le médecin, dans la tasse d'une personne atteinte de démence, afin de pouvoir l'euthanasier. Cette dernière avait certes préalablement déclaré par écrit vouloir l'euthanasie, mais « à sa demande » et « quand elle estimerait que le moment était venu ». Malgré ces précisions et l'attitude confuse de la patiente sur son désir de mourir, le médecin n'avait pas jugé nécessaire de requérir son consentement pour procéder à ...

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Le livre ‘Euthanasie, l’envers du décor’ désormais disponible en espagnol

Espagne - Le livre ‘Euthanasie, l’envers du décor’ désormais disponible en espagnol

Donner la parole aux professionnels de santé directement touchés par les questions relatives à l'euthanasie, à la fin de vie, et aux soins palliatifs : voici ce que propose l'ouvrage Euthanasie : l'envers du décor (voy. Bulletin IEB précédent), coordonné par le Professeur Timothy Devos, hématologue à la KULeuven. La richesse et la force du livre résident dans le partage du vécu des soignants : ceux-ci emmènent le lecteur dans la réalité de la fin de vie.

Paru en 2019 en français (aux éditions Mols), le livre est désormais disponible en espagnol, aux éditions Sigueme. Cette nouvelle parution intervient alors que le Parlement espagnol a récemment entamé une réflexion relative à la légalisation de l'euthanasie.

La crise sanitaire liée au COVID-19 met par ailleurs en lumière la place et la considération que nos sociétés offrent en temps normal à la vulnérabilité des personnes en fin de vie.

De façon très humaine, la réflexion proposée dans ce livre apporte un éclairage unique et invit...

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Légaliser l’euthanasie… pour des raisons économiques

Royaume-Uni - Légaliser l’euthanasie… pour des raisons économiques

Un article scientifique récemment publié dans la revue Clinical Ethics encourage la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie sur base d'arguments financiers.

Cet article, co-écrit par David Shaw (chercheur en bioéthique à l'Institute for Biomedical Ethics de Bâle) et Alec Morton (chercheur en management de la santé à Glasgow), est intitulé « Counting the cost of denying assisted dying » (« Calculer le coût d'un refus de légalisation du suicide assisté »). Les deux auteurs cherchent ici à démontrer qu'il serait judicieux de légaliser le suicide assisté au Royaume-Uni en raison du coût économique que représenterait le maintien d'un refus en la matière.

Trois arguments sont invoqués par les auteurs.

Le premier argument consiste à considérer qu' « offrir l'opportunité » de mourir aux patients qui souffrent peut être bénéfique, au regard du concept de « Quality-adjusted life years » (QALYs, années de vie de qualité). Ce concept quantifie les avantages et inconvénients médicau...

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Canada : les médecins qui refusent de pratiquer l’euthanasie mis sous pression

Canada - Canada : les médecins qui refusent de pratiquer l’euthanasie mis sous pression



Alors que la loi canadienne garantit l'objection de conscience, notamment pour les médecins, nombre d'entre eux font désormais l'objet de pressions lorsqu'ils refusent de pratiquer une euthanasie ou d'assister un suicide.

La loi canadienne prévoit que la législation sur l'aide médicale à mourir (AMM, autre nom pour l'euthanasie) n'a ''pas pour effet d'obliger quiconque à fournir ou à aider à fournir l'aide médicale à mourir''.

Toutefois, certains changements introduits dans les politiques de plusieurs hôpitaux concernant l'euthanasie rendent la situation des médecins objecteurs de conscience de plus en plus difficile. Ces médecins disent craindre des mesures disciplinaires de la part des autorités médicales réglementaires. En pratique, le médecin qui accepte de pratiquer l'euthanasie sur un patient tente de forcer un second médecin - par exemple le médecin traitant du patient - à partager la responsabilité de l'euthanasie. A ce moment, si le médecin opposé à l'euthanasie exprime...

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