Le Parlement italien divisé quant à l’euthanasie

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités - Italie

Publié le : 27/06/2019

Auteur / Source : Avvenire.it (24/06/2019) ; Centro Studio Livatino (4/06/2019) ; Tempi.it (mars 2019)

Le Parlement italien ne parvient toujours pas à s'accorder sur une nouvelle loi en matière de fin de vie. Ce lundi 24 juin, il a reporté les discussions de trois semaines. Il ne lui restera que deux mois pour légiférer dans le délai que la Cour constitutionnelle lui a donné pour repenser l'actuelle pénalisation du suicide assisté. (Voir Bulletin de l'IEB sur l'ordonnance de la Cour constitutionnelle).

Les deux partis au pouvoir, La Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S), ont déposé des propositions de loi diamétralement opposées. Tandis que La Ligue propose d'atténuer la peine infligée si celui qui assiste le suicide « vit de manière stable avec le malade et a agi en état de trouble grave provoqué par la souffrance de celui-ci », le M5S prône la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté.  A cela s'ajoutent deux autres propositions, qui toutes deux visent elles aussi à dépénaliser l'euthanasie : celle du Groupe Mixte, et un projet d'initiative populaire qui inclut la possibilité d'obtenir l'euthanasie sur base de directives anticipées. 

La proposition de La Ligue modifie de surcroit la loi sur les directives anticipées, en précisant que « l'hydratation et l'alimentation, même si elles sont garanties par des moyens techniques, ne sont pas considérées comme des traitements médicaux ». Elle entend ensuite introduire une clause de conscience en faveur des soignants qui s'opposeraient personnellement à un arrêt de traitements ou à des directives anticipées contraires à ce qu'ils estiment être une bonne pratique médicale. Enfin, un dernier article soustrait les établissements de santé privés à l'obligation de mettre pleinement en oeuvre la loi sur le testament biologique, dont certaines dispositions posent question sur le plan éthique. (Voir Bulletin de l'IEB)
Alfredo Mantovano, ancien juge et aujourd'hui conseiller à la Cour de cassation, est récemment intervenu sur la question auprès de la Commission parlementaire de la Justice. Invitant les députés à « sortir de la torpeur » qui, selon lui, paralyse le corps social, il a enjoint le Parlement à ne pas légiférer « sur mesure » du cas particulier qui a enflammé le débat : celui du suicide assisté du dénommé DJ Fabio.


Il est fort probable que le délai fixé par la Cour constitutionnelle expire avant que le Parlement ne se prononce sur la légalité de l'assistance au suicide et de l'euthanasie. Dans ce cas, on peut craindre que la Cour ne fasse primer le droit à l'autodétermination sur la répréhension de l'assistance au suicide, plongeant l'Italie dans la confusion par rapport à la mort provoquée.


Articles similaires

Canada : la ministre de la santé réagit au taux d’euthanasie en forte augmentation

Canada : la ministre de la santé réagit au taux d’euthanasie en forte augmentation

- Euthanasie et suicide assisté

Depuis la légalisation de l'aide à mourir (AMM) en décembre 2015, 1.829 Québécois l'ont officiellement réclamée, et 1.215 (66 %) l'ont officiellement obtenue.

Entre 2016 et 2017, le nombre de personnes décédées avec l'aide d'un médecin y a augmenté de 58 %. En 2017, au Canada, près d'un décès sur 100 est survenu suite à une demande d'AMM, et au Québec, il s'agit d'une personne sur 50.

Le Dr Claude Rivard, médecin spécialisé en soins palliatifs en Montérégie, région où les médecins ont dû pra...

Lire la suite

Euthanasie: propositions déposées au Sénat

Euthanasie: propositions déposées au Sénat

- Euthanasie et suicide assisté

Le 9 mai, deux propositions de loi modifiant la loi du 28 mai 2002 relative à l'euthanasie ont été déposées notamment par Marleen Temmermans.
Ces propositions de loi n°5-1610/1 et n°5-1611/1 reprennent des propositions de loi précédemment déposées par Myriam Vanlerberghe en 2007 et 2008. Les auteurs souhaitent par la première étendre l'euthanasie aux mineurs sans distinction d'âge. L'euthanasie pourrait être demandée par le mineur lui-même s'il dispose de la faculté de discernement. S'il ne di...

Lire la suite

Pays-Bas : la justice devra se prononcer sur l’euthanasie des personnes démentes

- Euthanasie et suicide assisté

Pour la première fois en 16 ans aux Pays-Bas, un médecin est poursuivi par le Ministère Public pour avoir euthanasié une patiente souffrant de démence profonde.

La déclaration de volonté de la patiente, rédigée un an auparavant, contenait plusieurs contradictions : la patiente disait refuser d'entrer en maison de retraite et vouloir l'euthanasie, mais ce « sur sa demande » et « quand elle estimerait que le moment était venu ».  Le médecin a donc reçu une réprimande du bureau disciplinaire de...

Lire la suite