Risque plus élevé de cancer chez les enfants conçus par FIV avec anomalie congénitale

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Procréation médicalement assistée

Actualités

Publié le : 09/12/2020

Auteur / Source : C. du Bus (IEB); JAMA Network Open.

Une étude parue fin octobre 2020 dans la revue JAMA Network Open (Journal of the American Medical Association) montre que parmi les enfants nés avec une anomalie congénitale, ceux conçus par fécondation in vitro (FIV) ont un risque plus élevé de développer un cancer que ceux conçus naturellement.

L'étude s'est basée sur 1 000 639 enfants conçus naturellement, et 52 776 conçus par FIV, entre 2004 et 2016 dans le Massachusetts, en Caroline du Nord, à New York et au Texas. Les enfants ont été suivis pendant 5,7 ans en moyenne.

Plusieurs études avaient déjà constaté que la présence d'une anomalie congénitale et le nombre de celles-ci étaient associés à un risque accru de cancer pendant l'enfance. Or, cette association n'avait pas encore été évaluée spécifiquement chez les enfants issus de FIV. Ce risque est deux fois plus élevé pour les enfants conçus par FIV que pour ceux conçus naturellement.

D'autres recherches sont nécessaires pour comprendre les raisons de l'augmentation de ce risque chez les enfants conçus par FIV, mais l'étude indique déjà des pistes probables : « de plus en plus de preuves suggèrent que la FIV est associée à des altérations épigénétiques », peut-on lire. Par ailleurs, il semble que la fécondation in vitro mène à des variations dans la reprogrammation de la méthylation de l'ADN et de l'empreinte génomique. Un autre phénomène génétique qui pourrait expliquer ces résultats sont les néo-mutations dans le cadre d'une FIV, qui surviennent dans les gamètes d'un des deux parents sans que ceux-ci ne les possèdent dans leur patrimoine génétique.

A noter que les fécondations in vitro qui ont fait l'objet de cette étude n'impliquaient que des embryons "frais" et des ovocytes provenant de la mère. Il serait utile de comparer les résultats dans le cas d'embryons préalablement congelés, et conçus à l'aide de gamètes hétérologues.

Pour information, les enfants nés par fécondation in vitro représentaient 2% des naissances aux États-Unis en 2017.

Pour aller plus loin :

Actualité : Augmentation des PMA malgré des risques toujours plus évidents

Actualité : Risque plus élevé d'hypertension artérielle chez les personnes conçues par PMA

Dossier : La Procréation Médicalement Assistée en Belgique


Articles similaires

Augmentation des PMA malgré des risques toujours plus évidents

Augmentation des PMA malgré des risques toujours plus évidents

- Procréation médicalement assistée

Des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie ont publié en mai 2020 une étude scientifique établissant un lien entre la culture de l'embryon in vitro (fécondation et premiers jours de croissance dans une éprouvette) et certaines complications de grossesse. D'après les chercheurs, une grossesse issue de cette technique de procréation médicalement assistée (PMA) donne plus souvent lieu à une surcroissance du placenta et à une croissance anormale du foetus qui présente souvent un poids réduit. ...

Lire la suite

Que faire des embryons déjà conçus lorsque les parents divorcent ?

Que faire des embryons déjà conçus lorsque les parents divorcent ?

- Procréation médicalement assistée

Une personne divorcée a-t-elle le droit de préserver les embryons congelés du couple, si l'autre partenaire n'en veut plus ?

Aux Etats Unis, lorsque des époux auteurs d'un « projet parental » via fécondation in vitro divorcent, aucune loi ni jurisprudence uniforme ne règle pour l'instant la question du sort des embryons créés puis congelés. Le cas de Mandy et Drake Rooks aborde une nouvelle fois cette problématique sensible.

Le couple, en plein divorce, se bat depuis plusieurs années à propo...

Lire la suite

Risque plus élevé d’hypertension artérielle chez les personnes conçues par PMA

Risque plus élevé d’hypertension artérielle chez les personnes conçues par PMA

- Procréation médicalement assistée

Une étude réalisée par des chercheurs suisses a montré que les enfants issus de la procréation médicalement assistée (PMA) présentaient un vieillissement vasculaire prématuré et persistant, qui favorise l'hypertension artérielle.

L'étude porte sur 54 adolescents en bonne santé et issus de la PMA, aussi bien par fécondation in vitro que par injection intra-cytoplasmiques (ICSI) de spermatozoïdes. Elle compare ce groupe à un ensemble de 43 jeunes appariés selon l'âge et le sexe, conçus naturell...

Lire la suite