Belgique : rembourser les diagnostics prénataux non invasifs (DPNI) pour déceler la Trisomie 21

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Diagnostics prénataux

Actualités

Publié le : 24/02/2016

Le cabinet de la ministre de la Santé publique et l'INAMI ne se sont pas encore prononcés quant à l'opportunité de rembourser le Diagnostic prénatal Non Invasif (DPNI)
Actuellement, les tests génétiques et sanguins  réalisés par les centres agréés de génétique ne sont pas encore remboursés par la Sécurité sociale, mais bien partiellement par certaines mutuelles pour des femmes enceintes « ciblées ». Le DPNI coûte pour l'instant 370 euros contre 450 euros en 2014. Il décrypte l'ensemble des chromosomes et permet de  détecter la Trisomie 21 (syndrome de Down) mais aussi les Trisomies 13 et 18, ainsi que d'autres  anomalies. 
L'IPG (Institut de Pathologie et de Génétique) basé à Gosselies a été le premier centre de génétique belge francophone à réaliser les tests DPNI de la Trisomie 21. Cela représente pour l'IPG actuellement  près de  2400 tests par mois, contre 600 en mai 2014. Dans les cinq centres flamands de génétique (deux à Anvers, un à Bruxelles, un à Gand et un à Louvain), quelque 20.400 DPNI ont été réalisés en 2015, selon des données collectées par l'agence Belga contre 12.000 en 2014.
Alors qu'en 2015, l'INAMI avait émis une proposition de  remboursements de 10.000 tests par an, on pressent aujourd'hui  que le nombre de DPNI réalisés pour cette période aurait été  de 23.000.
Au vu du recours croissant à ce test prénatal, la question budgétaire pèse dans la réflexion de la ministre de la Santé. A noter qu'une société belge Multiplicom  à Nele vient de proposer Clarigo, un nouveau DPNI moins cher (250 euros) que celui des centres de génétique agréés.
Alors que Yoleen Van Camp, Députée N-VA, souhaiterait appliquer ce diagnostic prénatal à toutes les femmes sans exception, la ministre de la santé affirme ne pas vouloir rendre ce test obligatoire, mais plutôt «  là où c'est nécessaire, proposer un test de qualité, accessible et financièrement abordable. (…) Ce test pourrait être remboursé dans le cas des grossesses à haut risque »
Comme déjà souligné dans un précédent Bulletin, 80% des femmes enceintes souhaitent procéder au dépistage de la Trisomie 21. Si celle-ci est détectée, l'avortement est très souvent la solution préconisée aux parents (96% des cas), l'avortement étant autorisé sans limite, jusqu'au moment de la naissance.
Zie ook : « Niet invasieve test genetische screening Trisomie 21 »
 Sources : Belga et Interpellation orale de la Députée N-VA, Yoleen Van Camp, n°2548, p. 58,  ICI


Articles similaires

Belgique : le préjudice de l’enfant né handicapé n’est pas réparable

Belgique : le préjudice de l’enfant né handicapé n’est pas réparable

- Diagnostics prénataux

En écho à l'affaire Perruche en France, qui s'était soldée d'une intervention du législateur estimant que « nul ne peut se prévaloir d'un préjudice du seul fait de sa naissance », la Cour de cassation belge vient de publier sa décision d'octobre dernier et a confirmé sa jurisprudence sur la question délicate de la vie préjudiciable. Le préjudice de l'enfant né avec un handicap n'est donc pas réparable.

A l'origine du débat se trouve un couple dont l'enfant naquit avec la maladie de Sanfilippo...

Lire la suite

Belgique: la fin des échographies non médicales?

Belgique: la fin des échographies non médicales?

- Diagnostics prénataux

Dans un avis qui vient d'être publié, le Conseil supérieur de la Santé belge (CSS) vient de se prononcer "pour la réalisation d'échographies limitées aux seules fins de dépistage, de diagnostic et de suivi par des médecins et des techniciens dûment formés en échographie, durant la grossesse". Cet avis fait suite à une demande qui avait été faite par la ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx (PS).
Il met en cause, les échographies non médicales qui sont de plus en plus courantes et qu...

Lire la suite

Risques eugénistes face aux diagnostics prénataux en Allemagne

Risques eugénistes face aux diagnostics prénataux en Allemagne

- Diagnostics prénataux

En Allemagne, les diagnostics prénataux sont en hausse constante. 75 % des femmes enceintes ont plus de 35 ans, ce qui fait du pays un de ceux où se présente le plus grand nombre de grossesses à risque (70 %).

La loi allemande offre par conséquent à toutes les femmes présumées « à risque » un accès gratuit à différents diagnostics prénataux (DPN) disponibles sur le marché. Les autres femmes y ont accès également, mais à leur frais.

L'Allemagne se voudrait prudente et le législateur n'oubli...

Lire la suite