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Italie : un politicien risque la prison pour « aide et incitation au suicide »

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[Français] 16 novembre 2017

Sommaire

  •   Italie : 12 ans de prison pour « aide et incitation au suicide »
  •   Belgique : les soins palliatifs trop peu connus
  •   Suisse : modifications des directives pour diagnostiquer la mort
  • Italie : 12 ans de prison pour « aide et incitation au suicide »

    15/11/2017 - Fin de vie

    Marco Cappato, politicien italien membre du parti des Radicaux italiens, risque 12 ans de prison pour « aide et incitation au suicide ». Il s’est dénoncé d’avoir accompagné en Suisse Fabio Antoniani, alias DJ Fabio, devenu tétraplégique et aveugle après un accident de voiture, afin de l’y aider à mourir le 27 février 2017. Marco Cappato espère par son aveu public remettre en cause le refus de l’Etat italien d’autoriser l’euthanasie.

    Cette provocation intervient au moment où la Chambre des députés a adopté un texte de loi relatif aux « Dispositions Anticipées de Traitement » en vertu duquel, toute personne majeure pourrait de manière anticipative, rédiger ou enregistrer par vidéo des directives, exprimant ses volontés relatives à la fin de vie. Cette loi obligerait en outre le médecin à respecter la volonté du patient et l’exempterait par conséquent de toute responsabilité pénale.
    Le texte, qui attend encore de recevoir l’aval du Sénat, a fait l’objet de fortes réactions de médecins qui interpelle l’Ordre des médecins, qui s’inquiète de ce qu’un texte obligerait les médecins à obéir à un écrit datant parfois d’il y a plusieurs années et déconnecté de la situation actuelle du patient, plutôt que de les laisser agir selon leurs science et conscience.

    Le principe régulateur, selon eux, ne serait plus la confiance en la compétence du praticien, mais une réglementation de type commerciale, dans laquelle le soignant devrait agir selon une liste d’actes thérapeutiques autorisés formellement par le patient. Ce projet de loi, en mettant à sa base le principe d’autodétermination du patient, risque, selon l’Ordre, de profondément altérer l’alliance médecin-patient.
    Appel de praticiens à l'Ordre des Médecins (Traduction libre)
     

    Belgique : les soins palliatifs trop peu connus

    15/11/2017 - Fin de vie

    D’après Isabelle de Cartier, directrice de Palliabru, l’Association Pluraliste de soins palliatifs de la Région de Bruxelles Capitale, il n’y a pas suffisamment d’informations transmises concernant le statut palliatif des malades. Et de rappeler que le statut palliatif concerne un patient qui se trouve soit à domicile, soit en maison de repos, mais pas celui qui est à l’hôpital.
    Afin de bénéficier du statut palliatif, le patient doit répondre à l’article 2 de la loi du 14 juin 2002, soit se trouver "à un stade avancé ou terminal d’une maladie grave, évolutive et mettant en péril le pronostic vital, et ce quelle que soit son espérance de vie".

    Ainsi, le patient ne doit pas forcément être en fin de vie mais se trouve confronté à une maladie irréversible ou une détérioration sévère de sa situation physique ou psychique, et les interventions thérapeutiques ne peuvent plus être en mesure de l’aider. Le patient doit également avoir besoin de soutien et de surveillance en permanence, de médicaments ou de matériel de soins, et avoir besoin de soins quotidiens de la part d’un infirmier, qui sera disponible, sans être physiquement là, 24 heures  sur 24.

    La responsable de Palliabru se demande pourquoi certains médecins hésitent à accorder le statut de patient palliatif. Cela implique en effet que le médecin renonce à vouloir guérir et entre dans une démarche de soulager « uniquement » la souffrance du patient. Il existe à cet égard un écart entre les jeunes médecins qui sont "plus proches de l’idée de la toute-puissance de la médecine" et travaillent également beaucoup plus dans un système de partage, et les médecins seniors "plus solitaires" mais plus réaliste sur la guérison ou non d’un patient.
    Enfin, Isabelle de Cartier rappelle qu’un patient en phase terminale coûte bien moins cher s’il séjourne à domicile plutôt qu’en hôpital. Encore faut-il que les proches puissent l’accompagner dans la durée, nuit et jour.

    Voir Dossier de l'IEB : Structure et évolution des soins palliatifs en Belgique

    Source : Journal du Médecin

    Suisse : modifications des directives pour diagnostiquer la mort

    15/11/2017 - Fin de vie

    Dû à un taux de dons d’organes particulièrement bas, la Suisse a décidé de changer sa loi sur la transplantation ce mercredi 15 novembre 2017. La nouvelle loi modifie les directives de l’Académie Suisse des Sciences Médicales sur le « Diagnostic de la mort en vue de la transplantation d’organes et préparation du prélèvement d’organes ». Le décès d'une personne pourra désormais être déclaré cinq minutes après un arrêt cardiaque, contre dix minutes auparavant. Cette mesure permettrait une plus grande possibilité de prélèvements d’organes ainsi qu’une meilleure qualité de ceux-ci.

    Cette décision, importante pour les transplantations d'organes, se trouve néanmoins critiquée par certains. Plusieurs organisations, dont la Société suisse de Bioéthique et la Human Life International Suisse, considèrent que cette diminution du temps d’attente va « bouleverser la confiance de la population concernant les règlements de dons d'organes ».

    Les organisations rappellent que seule une défaillance irréversible de toutes les fonctions du cerveau et du tronc cérébral est le critère de mort d'une personne. Si les lésions irréversibles du cerveau se produisent dans les cinq minutes après un arrêt cardiaque, les cellules cérébrales peuvent survivre jusqu'à dix minutes ou plus longtemps encore.

    Elles ont par conséquent adressé une lettre au Conseil fédéral, demandant de n'autoriser l'entrée en vigueur de la loi sur les transplantations que lorsque l'Académie suisse des sciences médicales (ASSM) aura elle-même changé ses directives sur ce point controversé.

    L’ASSM répond alors que le temps d'attente a été réduit parce que les outils diagnostics se sont améliorés. La Suisse exige que l’arrêt circulatoire soit diagnostiqué par le toucher du pouls et par une échocardiographie. Jürg Steiger, spécialiste des transplantations à l'Hôpital universitaire de Bâle et président de la commission d'éthique de l'ASSM, explique que les ultra-sons "permettent de dire avec certitude que le cerveau n'est plus irrigué en oxygène". Il rappelle que ‘l’absence d’oxygène dans le cerveau pendant trois minutes entraîne des dommages irréversibles’. L’ASSM souligne quant à elle "qu’‘après le temps d'observation, un diagnostic formel de mort cérébrale doit être établi’. "

    Il est à noter que la plupart des prélèvements d’organes concernent les décès suite à une lésion cérébrale, et que les prélèvements dans des cas d’arrêt circulatoire ne sont pas courants.

    Sources : Le Temps, 20min.ch

     

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