Ces collecteurs d’ADN qui révèlent l’identité des donneurs de sperme et d’ovocytes

Publié le : Thématique : Statut du corps humain / Don de gamètes Actualités Temps de lecture : 1 min.

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Aux Etats-Unis, l'explosion des tests ADN individuels permet aux personnes conçues par don anonyme de sperme ou d'ovocytes d'identifier leur parent « donneur ».

Quatre sites vendent des kits ADN à ceux qui veulent découvrir l'identité de leurs parents et proposent un service d'association ADN sur base des profils qu'ils rassemblent. FamilyTreeDNA, MyHeritage, Ancestry, 23andMe détiennent de si grandes bases de données que le recoupement est presque toujours fructueux.

Les donneurs sont identifiés indirectement, par leur proximité génétique avec un membre de leur famille qui a lui-même fait un test ADN. « La divulgation se produira, c'est une conséquence inévitable », confirme Peter Schlegel, président de la Société américaine de médecine de la reproduction.

Ainsi, Ryan Kramer a retrouvé son père « génétique », avec qui il est désormais en contact régulier. Erin Jackson, créatrice du site de soutien We Are Doner Conceived, à elle aussi retrouvé le nom de son père « donneur » mais celui-ci a refusé tout contact. Elle espère maintenant que « la disparition de l'anonymat des dons forcera les banques de sperme à limiter le nombre d'enfants nés d'un même donneur. »

En Belgique, la loi autorise aussi bien le don anonyme que le don nominatif. En cas de don anonyme, l'enfant ne connaîtra pas son ou ses géniteurs et ne sera quasiment jamais en mesure de les connaître car les centres de fécondation ne peuvent fournir aucune information permettant d'identifier le donneur, sauf données médicales nécessaires pour la bonne santé de l'enfant. Et même si le don est nominatif, l'enfant ne sera pas en mesure d'accéder de lui-même aux informations sur ses parents biologiques : il reste tributaire de la volonté de ses parents intentionnels.

Toutefois, la Cour européenne des Droits de l'Homme a rappelé, dans un arrêt rendu le 14 janvier 2016, que le droit de connaître ses origines relevait de l'intérêt supérieur de l'enfant. Il y a donc deux types d'intérêts à mettre en balance : celui des parents, biologiques ou intentionnels, et celui de l'enfant. La tendance actuelle en Europe vise donc à la levée de l'anonymat du don, au nom de l'intérêt de l'enfant et notamment, de son droit d'accéder à ses origines personnelles.

Pour aller plus loin : voir le Dossier de l'IEB sur Le droit de connaître ses origines.
Et aussi : Bulletin « 417 euros pour retrouver mon père biologique »

Source : AFP


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