Prélèvements illicites d’organes en Chine : les accusations persistent

 Imprimer

Thématique : Statut du corps humain / Don d'organes et mort

Actualités

Publié le : 05/06/2019

Contrairement à ce que le gouvernement Chinois annonçait en 2015 (Voir : Chine : fin des prélèvements d'organes sur les prisonniers), il semblerait que la Chine pratique toujours le prélèvement d'organe sur des prisonniers condamnés à mort. Plus encore, cette pratique touche également des prisonniers politiques, dont les organes sont prélevés sans condamnation à mort. Sont visés en particulier les membres de communautés religieuses ciblées par le Parti Communiste Chinois, comme l'explique dans une récente interview pour le magazine en ligne Bitter Winter le Professeur Huige Li, expert sur la question. Le prélèvement d'organes sur des prisonniers politiques était dénoncé depuis 2007, dans un rapport des juristes David Matas et David Kilgour, qui tiraient la sonnette d'alarme sur le sujet.

La Chine nie toutefois l'existence de cette pratique. Le gouvernement Chinois reconnait l'existence de prélèvements d'organes sur des condamnés à mort, et affirme y avoir mis fin en 2015, mais assure que les organes aujourd'hui utilisés pour des opérations médicales en Chine proviennent uniquement de dons volontaires. Toutefois, les chiffres semblent indiquer une incohérence entre le nombre de donneurs, et le nombre d'organes utilisés. Le très faible temps d'attente pour la réception d'un organe en Chine est également révélateur d'une anomalie : il est de l'ordre de la semaine, là où il est en moyenne de 3 à 5 ans au Etats-Unis.

Le Tribunal indépendant pour la Chine, une organisation issue de l'ONG « Coalition internationale pour la fin des transplantations abusives en Chine », a ainsi affirmé fin 2018, dans son jugement intermédiaire, qu'il est « certain, et à l'unanimité, sans aucun doute possible, que des prélèvements forcés d'organes sur des prisonniers politiques sont pratiqués en Chine depuis un certain temps, impliquant un très grand nombre de victimes ». Si les chiffres exacts sont impossibles à obtenir, les victimes se compteraient par dizaines de milliers chaque année, d'après le Prof. Huige Li. Le tribunal note ainsi que la Chine viole, de ce fait, une demi-douzaine de droits de l'Homme, notamment le droit à la vie.

Sources : Bitter WinterBioEdgeInternational Coalition to End Transplant Abuse in China - China Tribunal


Articles similaires

USA : une femme se réveille du coma juste avant le prélèvement de ses organes

USA : une femme se réveille du coma juste avant le prélèvement de ses organes

- Don d'organes et mort

Une femme, déclarée en état de mort cérébrale, a ouvert les yeux juste avant qu'on ne l'opère pour prélever ses organes.  (Syracuse, Etat de New York) En 2009, Colleen S. Burns, 41 ans, était conduite aux urgences, victime d'une surconsommation de drogue. Les médecins de l'hôpital Saint-Joseph la déclarèrent en état de mort cérébrale et demandèrent  à ses proches la permission de prélever ses organes. Alors que la patiente était sur la table d'opération qui permettrait de prélever son coeur et...

Lire la suite

UK : prélèvement d’organes chez un nouveau-né après arrêt cardiaque

UK : prélèvement d’organes chez un nouveau-né après arrêt cardiaque

- Don d'organes et mort

Les reins et les cellules du foie d'une petite fille de 6 jours dont le coeur a cessé de battre, ont été donnés à deux receveurs distincts. C. était née par césarienne dans l'urgence et malgré les tentatives de réanimation, son cerveau avait subi plusieurs lésions par manque d'oxygène. Les médecins de l'Imperial College de NHS Trust de Londres soulignent l'
« extraordinaire générosité » des parents qui ont  accepté ce prélèvement d'organes, une opération difficile et complexe quand on sait qu'...

Lire la suite

Don d’organes : la nouvelle loi belge

- Don d'organes et mort

Aura-t-elle un effet pervers ?

La loi du 19 décembre 2008 relative au matériel corporel humain est entrée en vigueur ce 1er décembre 2009. Quel  impact a-t-elle sur le don d'organes ? Depuis 1986 déjà, tout Belge est présumé, en cas de décès, consentir au don de ses organes en vue de leur transplantation, à moins qu'il ne s'y soit opposé par une démarche auprès de son  administration communale. Depuis ce mardi, tout Belge est également présumé consentir à ce que ses organes soient prélevés, n...

Lire la suite