Des médecins canadiens demandent d’autoriser l’euthanasie "par" prélèvement des organes

Publié le : Thématique : Statut du corps humain / Don d'organes et euthanasie Actualités Temps de lecture : 3 min.

 Imprimer

Des médecins canadiens demandent que la loi et les protocoles médicaux soient modifiés afin de permettre l'euthanasie avec don d'organes. Depuis 2016, la loi fédérale du Canada dépénalise l'euthanasie et le suicide assisté. Deux médecins de la Western University (Ontario) et Robert Truog, bioéthicien à la Harvard Medical School, plaident pour l'autorisation du prélèvement d'organes avec euthanasie et décrivent les conditions nécessaires pour assurer une transplantation aussi efficace que possible.

Le protocole en vigueur concernant le don d'organes impose d'attendre quelques minutes entre l'arrêt de la circulation sanguine (arrêt cardiaque) et le prélèvement. Or, il s'avère que la qualité des organes diminue au fur et mesure du temps écoulé entre le prélèvement et la transplantation. Les auteurs de l'opinion argumentent que si les organes étaient prélevés sur une personne vivante demandant l'euthanasie et transplantés directement, ils seraient le plus frais possible.

Il faudrait par conséquent, selon les protagonistes, supprimer la règle selon laquelle un patient doit être mort avant de donner ses organes, et modifier la loi qui prévoit l'euthanasie par administration d'une « substance », pour permettre l'euthanasie par dons d'organes. Cela impliquerait aussi que l'euthanasie soit effectuée dans un bloc opératoire.

Aux Pays-Bas, la loi autorise le prélèvement d'organes après euthanasie. (voir Flash expert) Une quarantaine cas similaires ont aussi eu lieu en Belgique et soulèvent d'importantes questions éthiques par rapport au couplage de l'euthanasie et du don d'organes. Des voix s'élèvent maintenant en Belgique pour extraire les organes du patient à euthanasier avant sa mort, sous anesthésie générale, garantissant ainsi la qualité des organes. (voir Bulletin de l'IEB)

Source : BioEdge


Articles similaires

Le don d’organes après euthanasie : les chiffres parlent

Le don d’organes après euthanasie : les chiffres parlent

- Don d'organes et euthanasie

Le nombre de personnes euthanasiées sur lesquelles des tissus ou des organes sont prélevés, augmente aux Pays-Bas comme en Belgique. Malgré cela, des médecins considèrent que cette pratique n'est pas encore assez connue et veulent l'encourager pour répondre aux longues files d'attentes pour les transplantations (ex. 761 personnes sur la liste d'attente pour l'implantation d'une cornée).

L'enjeu est de taille : les personnes mourant par euthanasie représentent 4,4 % des décès aux Pays-Bas. Le ...

Lire la suite

Nouveau Dossier de l'IEB : Don d'organes & euthanasie : éthiquement compatibles ?

Nouveau Dossier de l'IEB : Don d'organes & euthanasie : éthiquement compatibles ?

- Don d'organes et euthanasie

Dans un contexte de pénurie d'organes face aux longues listes de patients en attente d'un organe sain, quel regard poser sur le développement du don d'organes après l'euthanasie ? Élan d'altruisme, ou relent d'utilitarisme ?

Le prélèvement des organes après une euthanasie résulte de la juxtaposition de deux procédures distinctes mais concordantes : celle de la demande d'euthanasie d'une part, et celle du don d'organes d'autre part. Concrètement, comment s'accordent l'euthanasie et le don d'or...

Lire la suite

Euthanasie et don d’organes en Belgique

Euthanasie et don d’organes en Belgique

- Don d'organes et euthanasie

Tel était l'intitulé du Symposium organisé ce 28 septembre à Bruxelles par l'association « De Maakbare Mens ».

Depuis 2005, neuf patients ayant obtenu de se faire euthanasier ont fait don de leurs organes.
Parmi les 1.133 personnes ont opté pour l'euthanasie en 2011, seulement 10% d'entre elles auraient pu potentiellement faire don de leurs organes. "Il s'agit principalement de patients souffrant de problèmes neurologiques ou neuropsychiatriques", explique le Professeur Ysebaert de l'hôpital ...

Lire la suite