Royaume-Uni : la Haute Cour de justice se penchera sur la loi autorisant l’avortement des bébés handicapés

 Imprimer

Thématique : Maladies et handicaps / Trisomie 21

Actualités - Royaume-Uni

Publié le : 22/10/2020

Auteur / Source : www.dontscreenusout.org (Press release 18/10/2020)

Heidi Crowter est une jeune femme trisomique de 24 ans, au Royaume-Uni. Avec Maire Lea-Wilson, maman d'un petit Aidan également porteur de trisomie 21, elle a décidé d'attaquer la loi britannique sur l'avortement. Cette loi qui autorise, jusqu'à la naissance, l'avortement de foetus porteurs d'handicap, les deux femmes l'estiment profondément discriminatoire envers les personnes atteintes de trisomie 21. Lundi dernier, la Haute Cour de justice (High Court) du Royaume-Uni a accepté de se prononcer sur le recours. C'est une première victoire pour Heidi et Maire, et leurs avocats.

 

En 2019, 3.183 avortements furent rapportés pour raison de handicap en Angleterre et au Pays de Galles. 656 concernaient des foetus porteurs de trisomie 21. Le Comité des droits des personnes handicapées de l'ONU a fortement critiqué les pays qui autorisaient l'avortement sur base du handicap, recommandant au Royaume-Uni de modifier sa législation de façon à ne pas discriminer les bébés porteurs de handicaps. Interrogée par Channel 5 News sur ce qu'est la vie d'une personne trisomique, Heidi Crowter répond spontanément : « Je dirais que c'est plein d'aventure, et une vie d'opportunités. Et je dirais : regardez les personnes derrière ce chromosome supplémentaire, et voyez leur beauté intérieure ». Heidi dénonce clairement la discrimination dont ses semblables sont victimes : « Un bébé normal peut être avorté jusqu'à 24 semaines (ndlr : au Royaume-Uni), mais un bébé avec le syndrome de Down peut être avorté jusqu'à la naissance. Étant moi-même atteinte du syndrome de Down, je trouve cela profondément blessant. Cela me fâche vraiment et me fait pleurer ».

 

Il faudra vraisemblablement attendre l'année 2021 pour connaître la décision de la Cour suprême. Il ne fait aucun doute que l'engagement des personnes comme Heidi Crowter, de leurs familles et des associations spécialisées dans l'accompagnement des personnes handicapées opère peu à peu un changement dans les mentalités. Rappelons qu'en automne 2019, le site du Service de Santé publique au Royaume-Uni (NHS), qui auparavant ne laissait voir qu'une liste alarmante de problèmes de santé liés à la trisomie 21 sous la rubrique « Syndrome de Down », a subi une véritable refonte au profit de l'accueil des personnes porteuses de ce handicap.(Voy. Bulletin de l'IEB)


Articles similaires

Trisomie 21 : le Service de Santé publique au Royaume-Uni revoit sa copie

Trisomie 21 : le Service de Santé publique au Royaume-Uni revoit sa copie

- Trisomie 21

« Personne ne peut vous dire comment sera la vie de votre enfant. Tout comme pour les enfants qui n'ont pas le syndrome de Down. » Depuis quelques semaines, cette phrase figure sur le site du Service de Santé publique au Royaume-Uni (NHS) sous la rubrique « Syndrome de Down ». La page internet, qui auparavant ne laissait voir qu'une liste alarmante de problèmes de santé liés à la trisomie 21, a subi une véritable refonte au profit de l'accueil des personnes porteuses de ce handicap.

Ce change...

Lire la suite

Commission d’évaluation de l’IVG : toujours 1 avortement pour 7 naissances

Commission d’évaluation de l’IVG : toujours 1 avortement pour 7 naissances

- Avortement

Ce mardi 11 février, la Commission nationale d'évaluation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) a présenté au Parlement fédéral les derniers chiffres sur la pratique de l'avortement, et ce, alors que les députés examinent une nouvelle proposition de loi sur l'avortement. Aux trois rapports successifs pour les années 2012-2013, 2014-2015, et 2016-2017, s'ajoutent dix-huit recommandations formulées par la majorité de la Commission, ainsi qu'un mémorandum minoritaire du Dr. Kortmann.

...

Lire la suite

L'avortement en Belgique : la politique des « petits pas »

L'avortement en Belgique : la politique des « petits pas »

- Avortement

Il a fallu trois heures à l'Assemblée plénière de la Chambre pour débattre, jeudi dernier, de la proposition de loi des partis de la majorité sur l'avortement. Un « débat confisqué » selon certains parlementaires, frustrés du peu de qualité de la réflexion législative en comparaison à celle de 1990.

Déposée le 4 juillet 2018, la proposition a été votée en hâte sans que la Chambre n'ait jugé utile de solliciter l'avis du Conseil d'Etat. Pourtant, le texte de loi contient d'inquiétants flous j...

Lire la suite