Suisse : la Fédération des Médecins s’oppose au suicide assisté pour « souffrance insupportable »

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 07/11/2018

La Fédération des Médecins Suisses (FMH) a refusé, ce 25 octobre, d'élargir les critères d'accès au suicide assisté. Les nouvelles directives de l'Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM), publiées en mai dernier, avaient remplacé le critère de « fin de vie » par celui de « souffrance insupportable due à des symptômes de maladie et/ou à des limitations fonctionnelles ».
La FMH, forte de 40 000 membres, a jugé que le critère de souffrance insupportable n'était pas mesurable et renvoyait à « une notion juridiquement indéterminée, qui apporte beaucoup d'incertitude pour le corps médical ».

Des professionnels de la santé et éthiciens avaient auparavant appelé la Fédération à s'opposer aux nouvelles directives. Ils les jugeaient dangereuses de par leur « banalisation du suicide » et le glissement des critères objectifs – maladie mortelle et personne en fin de vie – vers des critères subjectifs liés à la souffrance du patient. « Selon cette logique, n'importe qui peut être candidat à l'aide au suicide : une personne âgée fatiguée de la vie, un adolescent dépressif, voire un enfant », alertait l'écrivain et philosophe François Gachoud. De même, Bernhard Pestalozzi, du Service d'oncologie de l'Hôpital universitaire, s'inquiétait de ce qu'on accorde « trop de place à la volonté individuelle, au détriment de l'objectivité d'un diagnostic médical. Avec le risque, au final, de laisser les malades livrés à eux-mêmes. Face à la mort, disait-il, nous devons amener davantage d'humanité, pas plus de solitude ».


Selon Bertrand Kiefer, médecin et rédacteur en chef de la Revue médicale suisse, la FMH vient de montrer un refus clair de l'assistance au suicide « hors des situations de fin de vie », mais cela n'empêche pas qu'une « poignée de médecins continuera à collaborer avec les organisations d'aide au suicide, qui ne suivent pas le code de déontologie et admettent des patients non mourants ». En effet, des associations comme EXIT ont abandonné le critère de fin de vie depuis longtemps, provoquant ainsi une hausse des suicides assistés. (Voir Bulletin de l'IEB)

Source : Gènéthique - Communiqué de la Société Hippocratique Suisse : ICI
 


Articles similaires

Euthanasie pour souffrance psychique en Belgique

Euthanasie pour souffrance psychique en Belgique

- Euthanasie et suicide assisté

Nouveau DOSSIER !

Le Comité consultatif de Bioéthique de Belgique a publié en décembre 2017 un avis sur l'euthanasie de patients hors phase terminale, affectés d'une souffrance psychique avec ou sans affection médicale (psychiatrique ou autre) sous-jacente.

Dans cet avis, le Comité répond en 75 pages aux questions posées en 2011 par Madame Laurette Onckelinkx, à l'époque Ministre de la Santé publique.

L'avis rendu 6 ans plus tard, reprend les points de consensus, mais également les dissens...

Lire la suite

États-Unis : suicide assisté légalisé au Colorado

États-Unis : suicide assisté légalisé au Colorado

- Euthanasie et suicide assisté

Le 8 novembre dernier, le Colorado est devenu le cinquième État américain à adopter une loi dite « pour le droit à mourir », après l'État de Washington, l'Oregon, la Californie et le Vermont. Le Montana tolère quant à lui la pratique sur base jurisprudentielle.

Les citoyens du Colorado ont donc voté en faveur de la « Proposition 106 », visant à permettre aux résidents majeurs du Colorado de demander l'assistance au suicide s'ils sont malades et ont moins de six mois d'espérance de vie. Ils do...

Lire la suite

Euthanasie des mineurs  : souffrance physique et mort à brève échéance

Euthanasie des mineurs : souffrance physique et mort à brève échéance

- Euthanasie et suicide assisté

L'euthanasie pour les mineurs pourrait être votée en Commissions réunies Justice et Affaires sociales mercredi prochain.  Les quatre auteurs (MR, PS, Open VLD et SP.A) des propositions visant à étendre aux mineurs le bénéfice de la loi de 2002 dépénalisant l'euthanasie ont déposé plusieurs amendements à leur texte originel qui renforcent les conditions et permettraient à des enfants de demander à être euthanasiés. Dans leur texte réécrit, l'enfant devrait invoquer des souffrances physiques ina...

Lire la suite