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Pays-Bas : bientôt le suicide assisté pour les personnes qui ont « accompli leur vie » ?

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[Français] 27 octobre 2016

Sommaire

  •   Pays-Bas : bientôt le suicide assisté pour les personnes qui ont « accompli leur vie » ?
  •   Belgique : 10 millions d’euros pour une nouvelle banque de données ADN
  •   Suisse : suicides assistés en augmentation de 26%
  • Pays-Bas : bientôt le suicide assisté pour les personnes qui ont « accompli leur vie » ?

    27/10/2016 - Fin de vie

    Le gouvernement des Pays-Bas a exprimé sa volonté de faire promulguer une loi autorisant le suicide assisté pour les personnes qui considèrent que leur vie est « accomplie ». Dans une lettre officielle de 11 pages adressée au Parlement (la « Deuxième Chambre » néerlandaise) au nom du gouvernement, les ministres de la Santé, Edith Schippers, et de la Sécurité et de la Justice, Ard van der Steur, déclarent vouloir travailler au développement d’un nouveau cadre juridique pour l’assistance au suicide.
    D’après les deux ministres, les personnes « âgées » (sans autre précision) qui estiment que leur vie est arrivée à son terme devraient pouvoir bénéficier d'une aide dans des « conditions strictes » si elles veulent mettre fin à leur vie, même si elles ne sont pas malades. Ce type de demande serait alors pris en charge par un travailleur social spécialement formé à l’aide à mourir et par un expert indépendant. La lettre adressée aux députés est une réponse au rapport « Vie accomplie » de la commission Schnabel, mandatée fin 2013 par le Parlement pour étudier la question.
    Ce rapport, publié en février 2016, concluait qu’une extension de la loi néerlandaise actuelle sur l’euthanasie et le suicide assisté, connue sous le nom de Loi WTL, n’était pas souhaitable.

    Mais dans leur lettre, les ministres Schippers et van der Steur estiment que, tout en laissant inchangée la loi actuelle sur l’euthanasie, une nouvelle législation devrait pouvoir répondre aux demandes des personnes qui n’entrent pas dans les critères actuellement en vigueur et désirent néanmoins mourir. Schippers et van der Steur espèrent ainsi pouvoir présenter un projet de loi au Parlement avant la fin de l’année 2017.

    La demande formulée par les ministres Schippers et van der Steur bénéficie déjà du soutien d’une majorité de partis au Parlement : VVD, PvdA, D66 et GroenLinks. Le député Pia Dijkstra (D66) prépare une proposition de loi d’initiative parlementaire en ce sens et souhaite coopérer avec le gouvernement.
    En revanche, l’Appel démocrate-chrétien (CDA), le Parti politique réformé (SGP) et le Parti socialiste (SP) se montrent fermement opposés au projet. Selon Emile Roemer (SP), « le désir d’un petit groupe risque de donner lieu à des pressions sur d’autres personnes susceptibles de se sentir de trop dans la société ».
    Par ailleurs, la Société royale néerlandaise pour la promotion de la médecine (KNMG) s’est déclarée « surprise » de la position adoptée par le gouvernement à l’encontre des conclusions de la commission Schnabel. Selon le porte-parole de la KNMG, la position de la commission Schnabel rejoignait celle que l’association médicale avait exprimée dans son propre rapport, « Le rôle des médecins dans la fin de vie choisie ».

     Communiqué du gouvernement

    Lettre officielle des Ministres au Parlement

    Belgique : 10 millions d’euros pour une nouvelle banque de données ADN

    27/10/2016 - Recherche biomédicale

    Une plate-forme technologique permettant de cartographier l’ADN complet de dizaines de milliers de citoyens verra le jour prochainement en Belgique. Celle-ci investira 10 millions d’euros dans ce projet porté par un consortium d’instituts de recherche, d’hôpitaux et d’entreprises belges qui signeront prochainement un accord de collaboration. La nouvelle banque de données servira à poser des diagnostics et à évaluer le risque de maladies héréditaires en vue d’une meilleure prévention. Elle doit aussi contribuer à mettre au point des traitements plus efficaces de ces maladies.

    Le projet constituera une première étape vers le passeport génétique pour les nouveau-nés, un outil destiné au suivi médical des personnes tout au long de leur vie. Selon les initiateurs du projet, « dans dix ans, ce sera devenu réalité ». Les centaines de giga-octets de données récoltées devront être interprétés correctement et rapidement pour que le projet puisse atteindre son but.

    Imec, iMinds et plusieurs entreprises technologiques belges et étrangères ont donc décidé de mettre leur savoir-faire en commun pour informatiser les connaissances de pointe dont disposent les hôpitaux et les universités belges. Le laboratoire permanent de recherche consacré à la technologie des puces créé à Louvain par Samsung et Intel servira de modèle pour le nouveau projet belge dans le domaine génétique. Pour Joris Vermeersch, directeur du centre de génétique humaine de la clinique universitaire Gasthuisberg à Louvain, « l'analyse ADN devrait devenir le centre névralgique des hôpitaux du XXIe siècle ».

    Les enjeux éthiques liés à ce type de projet sont multiples. Une telle collecte d'informations à caractère personnel et médical soulève notamment la question de la sécurité des données. Qui aura accès à ces données, qui pourra en faire usage ? Quel type d’usage en sera autorisé ? Dans quelle mesure un consentement éclairé de la part des patients pourra-t-il être assuré, en particulier dans le cas d’informations génétiques collectées sur un nouveau-né en vue d’être utilisées durant toute sa vie, et peut-être même après ? 

    Sources : Belga/AFP/L’Echo

    Suisse : suicides assistés en augmentation de 26%

    27/10/2016 - Fin de vie

    Selon l’office national des statistiques suisse, le nombre de suicides assistés a connu une augmentation sans précédent en 2014, soit 26%. Swissinfo fait état de 742 personnes y ont eu recours, soit 2,5 fois plus que 5 ans auparavant, ce qui représente 1,2% des personnes décédées pour cette même année. Dans 42% des cas, le suicide assisté a été justifié par l’évolution d’une maladie cancéreuse.

    Le groupe EXIT, qui organise des suicides assistés, fait pour sa part état de 34% d’augmentation en 2015. Les autres groupes dont le suicide assisté est l’activité officielle, n’ont pas communiqué leurs chiffres.
    En mai 2014, Exit a fait savoir à ses membres et à la presse, que l’organisation étendait son offre de services aux personnes âgées en bonne santé qui exprimaient un état de souffrance physique ou psychologique. Cette décision a provoqué une hausse immédiate des suicides assistés, pratique qui n’est plus réservée aux nationaux : en août 2015, une Anglaise atteinte de dépression avait pu se suicider sous la guidance d’Exit.

    Les statistiques montrent clairement que, lorsque les mentalités et la culture acceptent la pratique du suicide assisté, le nombre de morts provoquées et les raisons invoquées augmentent elles aussi de façon exponentielle. D’où l’urgence de résister à la pression de la mort à la demande.

    Source : Swissinfo.ch , Euthanasia Prevention Coalition, the Guardian.

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