Médecins pensionnés ou vente de poison : solutions à la pénurie de médecins pour l’euthanasie ?

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 10/01/2019

La Clinique de fin de vie (‘Levenseindekliniek') aux Pays-Bas fait pression pour que les médecins pensionnés puissent continuer à informer leurs confrères en matière d'euthanasie, même après avoir cessé leur activité. La forte proportion de médecins pensionnés parmi les médecins-SCEN* lui fait craindre de devoir faire appel à d'autres médecins qui ne font pas partie du consortium pour pratiquer les euthanasies dans la clinique.
Jusqu'à présent, il faut être enregistré comme médecin généraliste ou spécialiste pour faire partie du consortium des médecins-SCEN, qui sont formés pour conseiller leurs confrères en matière d'euthanasie. Ils conseillent et délivrent souvent le deuxième avis médical obligatoire pour une euthanasie. La Commission de formation et d'enregistrement des médecins-SCEN exige que le médecin maintienne et actualise son niveau de connaissances et de compétences en restant actif dans la pratique clinique. Elle estime en effet que la pratique d'un médecin lui est nécessaire pour pouvoir juger s'il n'y a pas d'autres alternatives raisonnables à l'euthanasie pour un patient, une mesure de prudence d'ailleurs requise par la loi.

Aussi, la Clinique de fin de vie s'inquiète-t-elle d'une pénurie croissante de médecins-SCEN, qui l'obligerait à se tourner vers des médecins dont elle n'a sans doute pas la certitude qu'ils appuieront les requêtes d'euthanasie. Elle demande pour cela à la Commission des médecins-SCEN de retirer l'obligation d'enregistrement comme médecin généraliste ou spécialiste. La Société Royale néerlandaise de médecine (KNMG) a fait savoir que la question serait abordée dans le courant du mois de janvier.

Les demandes d'euthanasie se heurteraient-elles à une réticence croissante des médecins actifs, vis-à-vis d'un acte qui semble peser lourdement sur leur conscience et leur pratique professionnelle ?

C'est en effet ce qui ressort de l'analyse de Jos Van Wijk, le président de Dernière Volonté, une coopérative qui facilite l'achat de substances mortifères pour les personnes désirant se suicider. « Même si [l'euthanasie] est permise, beaucoup de médecins refusent de la pratiquer. Un médecin qui veut bien aider, ressent souvent une énorme charge mentale et émotionnelle. Ce n'est quand même pas une partie de plaisir d'avoir la mort de quelqu'un sur sa conscience, même si cette personne l'a demandé. » Une allégation qui traduit bien le malaise des médecins par rapport à une pratique qui violente leur engagement à soigner.

*Steun en Consultatie bij Euthanasie in Nederland, c'est-à-dire Soutien et Consultation pour une euthanasie aux Pays-Bas. La Belgique connaît un consortium équivalent avec les médecins LEIF-EOL.

Sources: Medisch Contact, Humo.


Articles similaires

Clash et démission au sein de la Commission fédérale de contrôle de l’euthanasie en Belgique

Clash et démission au sein de la Commission fédérale de contrôle de l’euthanasie en Belgique

- Euthanasie et suicide assisté

Une patiente atteinte de démence et de Parkinson a été euthanasiée sur simple demande de sa famille, sans que la personne n'en ait jamais fait la demande elle-même, et n'ait été entendue sur la question. De plus, il appert que le second médecin à consulter n'a en réalité donné son avis médical qu'une fois le décès intervenu. Ces lourdes atteintes aux conditions posées par la loi euthanasie ont amené le médecin impliqué devant la Commission fédérale de contrôle de l'euthanasie (CFCEE).
Une majo...

Lire la suite

Doublement du nombre d’euthanasies déclarées en 4 ans en Belgique

Doublement du nombre d’euthanasies déclarées en 4 ans en Belgique

- Euthanasie et suicide assisté

Le Rapport de la Commission d'évaluation de la loi dépénalisant l'euthanasie fait état de 822 déclarations pour 2009 et de 704 en 2008. La Flandre prend à son compte les quatre-cinquièmes de ces déclarations d'euthanasies, soit 656 cas. Un quart des personnes euthanasiées ont plus de 80 ans, 52% entre 60 et 79 ans. Un seul cas d'euthanasie d'un mineur est mentionné. Rappelons toutefois, que l'euthanasie des mineurs reste pénalement punissable en Belgique. Source : Journal du Médecin 9/05/2010

Lire la suite

Wilsverklaring inzake euthanasie – Nieuwe didactische fiche van het EIB

Wilsverklaring inzake euthanasie – Nieuwe didactische fiche van het EIB

- Euthanasie et suicide assisté

Iedere volwassene heeft krachtens de Wet betreffende de euthanasie het recht een wilsverklaring op te stellen ten einde euthanasie aan te vragen, voor het geval hij zich in een toestand zou bevinden waarin het onmogelijk is zijn wil duidelijk te kennen te geven. Deze verklaring is vijf jaar geldig, maar nu de uitbreiding van de euthanasiewet op tafel ligt pleiten sommigen voor de toekenning van een onbeperkte geldigheidsduur. Is dit echter een aanvaardbaar voorstel? Wat te denken over deze...

Lire la suite