France : la justice condamne ceux qui "aident" à mourir

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités

Publié le : 28/10/2015

Le samedi 24 octobre 2015, la Cour d'assises d'Angers a condamné en appel le Docteur Nicolas Bonnemaison à 2 ans de prison avec sursis. Le médecin était jugé pour avoir empoisonné sept patients en fin de vie.

Le Docteur Bonnemaison, médecin urgentiste à l'hôpital de Bayonne, avait déjà été radié de l'ordre des médecins  le 14 avril 2014 par le Conseil national de l'ordre des médecins, décision qui a été confirmée par le Conseil d'Etat en raison des manquements déontologiques que constitue l'empoisonnement des sept patients. (Bulletin de l'IEB)
Après avoir été acquitté en première instance par la Cour d'assises de Pau, le Docteur Bonnemaison se voit rappeler l'obligation de ne pas tuer. Néanmoins la mort d'une seule des sept patients a été considérée comme criminelle, ce qui est pointé comme une contradiction de la justice. La confusion est accentuée en ce que le « cas » pour lequel le Docteur Bonnemaison est condamné concerne une patiente qui avait reçu une injection d'Hypnovel, un sédatif très puissant utilisé en situation de fin de vie pour apaiser les douleurs. Or deux autres victimes ont elles reçu une  injection de Norcuron, médicament composé d'un dérivé du curare, non autorisé en fin de vie.
En plein débat parlementaire sur le projet de loi fin de vie, la justice française a rappelé ici l'interdiction pour un médecin ou un proche de tuer un patient, même en situation de fin de vie. Position confirmée dans un arrêt du tribunal correctionnel de Saint Etienne du 27 octobre 2015, dans « l'affaire Mercier », qui a condamné à un an de prison avec sursis, un homme de 87 ans qui avait facilité le suicide de sa femme de 83 ans en lui fournissant les médicaments nécessaires. Cette dernière, dépressive depuis longtemps, souffrait d'arthrose et avait déjà effectué plusieurs tentatives de suicide.

Source: Le Figaro


Articles similaires

"Je veux l'euthanasie" : pour Kelly, 23 ans et en souffrance psychique, c'est l'alternative au suicide

"Je veux l'euthanasie" : pour Kelly, 23 ans et en souffrance psychique, c'est l'alternative au suicide

- Euthanasie et suicide assisté

Cette jeune-femme belge, de Leuven, est en bonne santé physique mais n'arrive plus à supporter la souffrance psychique qui l'envahit. Diagnostiquée comme trouble de la personnalité limite ("borderline"), sa maladie agit comme "un couteau planté dans sa poitrine": "j'ai l'impression d'éclater en morceaux". Elle est décidée à en finir.

Au moment où se prépare le procès de trois médecins de Flandre pour le cas de Tine Nys, voilà que le Dailymail a identifié ce cas douloureux de Kelly et lui donn...

Lire la suite

Belgique : deuxième alerte de spécialistes sur l’euthanasie pour souffrances psychiques

Belgique : deuxième alerte de spécialistes sur l’euthanasie pour souffrances psychiques

- Euthanasie et suicide assisté

Ce mardi 8 décembre 2015, 65 spécialistes ont publié dans  De Morgen et dans La Libre, une carte blanche dénonçant l'euthanasie pour souffrances psychiques, pointant "l'impossibilité d'en objectiver l'incurabilité". « Nous voyons, par exemple, comment certaines personnes qui ont été déclarées incurables et qui, sur cette base, ont obtenu le droit à une euthanasie, y renoncent parfois finalement quand de nouvelles - et fragiles - perspectives se font jour. Ceci prouve paradoxalement que la mala...

Lire la suite

Canada – Bilan un an après l’entrée en vigueur de l’aide médicale à mourir.

Canada – Bilan un an après l’entrée en vigueur de l’aide médicale à mourir.

- Euthanasie et suicide assisté

Questionnée par le Huffington Post, Mélanie Vachon, professeur de psychologie et membre du Centre de recherche et d'intervention sur le suicide et l'euthanasie de l'Université du Québec à Montréal affirme que les chiffres de l'euthanasie montrent l'échec de la loi.
Le dernier rapport sur l'aide médicale à mourir au Canada paru en octobre 2017 le confirme : il fait état qu'en un an, (juin 2016 - juin 2017), 2149 décès sont attribuables à "l'aide médicale à mourir" dont 803 les 6 premiers mois e...

Lire la suite