Belgique : Laura-Emily, geste euthanasique évité de justesse

Publié le : Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté Actualités Temps de lecture : 4 min.

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Le cas médiatisé de Laura était évoqué dans le Bulletin de l'IEB du 18 septembre 2015.

 

 

Trois médecins, parmi lesquels une psychiatre, avaient donné leur feu vert pour l'euthanasie de cette jeune-fille de 24 ans. Ce cas se justifiait sur base de la loi belge dépénalisant l'euthanasie, s'agissant en l'espèce d'une euthanasie pour souffrance psychique inapaisable et insupportable, donc sans espoir de guérison.
Ce 10 novembre, un documentaire réalisé par un journaliste travaillant pour The Economist, intitulé « 24 & ready to die », a été publié sur le site du magazine (Voir le communiqué de presse). Le caméraman anglais a suivi jour après jour Laura-Emily, filmant la préparation de sa mort, et attendant de saisir en images le moment de celle-ci.
Le documentaire « 24 & ready to die » donne la parole aux trois médecins, qui expliquent à la jeune femme comment son euthanasie se déroulera, en soulignant qu'elle pourra toujours changer d'avis jusqu'à la dernière seconde. Rendez-vous est pris pour le jeudi 24 septembre vers 17h. Le journaliste est au rendez-vous.

C'est alors que Laura-Emily dit au Dr Proot, qui allait pratiquer l'euthanasie que « je ne peux pas le faire ». L'injection létale est laissée de côté. La jeune-femme explique alors face à la caméra que « ces deux dernières semaines ont été relativement supportables. Il n'y a pas eu de crises. C'est très peu clair pour moi : y a-t-il quelque chose qui a changé en moi, ou quelque chose qui a fait que cela était plus supportable ? J'ai essayé de ne plus penser à ma vérité (c'est-à-dire que je ferai mieux de ne pas exister). Je retiens mon souffle pour l'avenir ».

 

Ce qui est ainsi constaté valide l'expérience des professionnels de la santé, dont des psychiatres, qui se sont exprimés dans une Carte Blanche publiée dans Le soir du jeudi 10 septembre dernier. Ils affirmaient en effet qu'« il existe aussi de nombreux exemples de personnes qui, après un très long et très pénible cheminement, se rétablissent soudainement  - pas toujours grâce à une thérapie d'ailleurs, mais parfois grâce à des événements  imprévus. ».

Le geste euthanasique a été évité pour l'instant. Il force sans aucun doute à s'interroger sur la capacité ou pas de déterminer le caractère inapaisable et incurable d'une souffrance psychique.

 


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