« Après 10 ans d’euthanasie en Belgique, il est temps de passer à l’étape suivante. »

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Thématique : Fin de vie / Euthanasie et suicide assisté

Actualités - Belgique Belgique

Publié le : 29/11/2011

Dans une lettre au Formateur Elio Di Rupo, Wim Distelmans, président de LEIF* et professeur de médecine palliative à la Vrije Universiteit Brussel, réclame un débat politique et social ouvert sur un affinement et un élargissement de la loi sur l'euthanasie ainsi que sur d'autres décisions concernant la fin de vie. Associé à 8 autres signataires, Wim Distelmans est d'avis qu'il n'est pas tenable de maintenir l'obligation de confirmer tous les cinq ans la déclaration d'euthanasie. Actuellement, la déclaration anticipée entre en application si le patient est dans un état d'inconscience irréversible. Les signataires de la lettre vont plus loin et abordent la question des patients atteints de tumeurs cérébrales avancées ou encore de la maladie d'Alzheimer, auxquels ils voudraient que la loi s'applique également. 

Tous soulignent aussi, qu'il n'est pas normal que ce soit au patient qui demande l'euthanasie, de chercher un autre médecin si son médecin traitant refuse sa demande. Surtout pour les patients âgés ou gravement malades, ils mettent en avant « l'obligation de renvoi » vers un autre médecin, qui, lui pratiquerait l'euthanasie, sans problème. 

Enfin, ils attirent aussi l'attention du Formateur sur la notion de « sédation palliative », qui, selon eux,  est encore entourée de beaucoup de flou et qui est pourtant pratiquée dix fois plus que l'euthanasie et deux fois plus en Flandre qu'en Wallonie. Dans ce contexte, ils plaident pour un renforcement du contrôle de cette pratique et pour son enregistrement par une Commission, par analogie à l'euthanasie.
A noter que le Dr Dominique Lossignol coordinateur francophone du groupe EOL* et chef de service de soins supportifs à l'institut Bordet, rejoint le professeur Distelmans sur de nombreux points, mais déplore le manque de concertation et estime le moment peu opportun pour ce débat politique et social. De plus il ajoute : « (…) Je trouve quelque peu déplacé le fait d'évoquer de façon spécifique, certaines maladies (démence d'Alzheimer, tumeurs cérébrales) comme s'il n'y avait que ces situations qui conduisent à des altérations des fonctions mentales. Qu'en est-il alors de Parkinson, de la maladie de Pick, d'Hallervorden Patz ou encore des métastases cérébrales ? » 

 * LEIF (LevensEinde Informatie Forum)  et son équivalent francophone EOL (End-of-life doctors), sont deux groupes de soutenus par l'ADMD (Association du Droit pour Mourir dans la Dignité) et qui ont pour mission de former les médecins généralistes à la pratique de l'euthanasie. A cette fin, ils ont d'ailleurs reçu un subside de 30000 euros du Ministre de la santé Madame Onkelinx en 2010.  (Voir Bulletin de l'IEB)

 Source : Journal du Médecin, novembre 2011.


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