Test de paternité : avis du Pr. Jean-Michel Foidart, médecin spécialiste en gynécologie-obstétrique,

 Imprimer

Thématique : Droits et libertés / Filiation

Actualités

Publié le : 29/11/2011

Le Bulletin de l'IEB du 29 novembre dernier reprenait l'information de la commercialisation par internet d'un test de paternité.

Le Pr. Jean-Michel Foidart, médecin spécialiste en gynécologie-obstétrique, s'est exprimé à ce sujet. « Ce genre d'analyses, jusqu'à présent postnatales, avaient été déjà fermement condamnées par le Conseil national de l'Ordre des médecins qui avait rendu un avis très clair dès 2001, avis confirmé en 2009. Il s'agit d'une pratique qui n'est pas orientée vers le patient et qui est donc contraire à la déontologie médicale, l'art du médecin consistant essentiellement à poser un acte diagnostic à des fins thérapeutiques. Ici, il s'agit  d'une exploitation mercantile de la science en vue d'établir ou de contester une filiation génétique. Même si les tests de paternité fleurissent sur la toile, il est également important de rappeler que dans notre pays, à l'instar de la France, ils ne peuvent être réalisés légalement qu'avec l'autorisation d'un magistrat instructeur dans le cadre d'une procédure judiciaire.
Le médecin n'est pas dans son rôle et n'a pas à se faire le complice de la demande d'une femme qui aurait eu des rapports sexuels avec plusieurs partenaires et qui voudrait faire le tri parmi ceux-ci et décider si, oui ou non, elle poursuit sa grossesse. Je ne vois pas l'intérêt pour l'enfant de ne pas naître si c'est uniquement parce que le père ne convient pas à la mère, et je ne considère pas qu'il s'agisse d'un état de détresse tel que l'envisage la loi (NDLR dépénalisant l'avortement). C'est un choix pour convenance personnelle et non pas médical. En conclusion, j'invite les médecins à se montrer prudents car la réalisation d'une empreinte génétique, n'est pas un geste banal. Il est au contraire chargé de conséquences sociales. Personnellement je n'encouragerai pas une telle pratique.
» déclare le Pr. Jean-Michel Foidart.

Source: Journal du Médecin, 12 novembre 2011.


Articles similaires

Québec : la résistance des médecins à l’aide médicale à mourir

Québec : la résistance des médecins à l’aide médicale à mourir

- Euthanasie et suicide assisté

Au Québec, de nombreux médecins se sont élevés contre le vote d'une loi autorisant l'aide médicale à mourir.
Alors que la mise en application de cette loi, votée en juin 2014, est prévue pour le mois de décembre, les 29 maisons de soins palliatifs du Québec, s'appuyant sur le droit de retrait prévu par la loi, ont déclaré qu'elles refuseraient d'offrir l'aide médicale à mourir, provoquant la colère du Ministre de la Santé.

« L'euthanasie n'est pas un soin et encore moins un soin palliatif. Ça...

Lire la suite

Belgique : les médecins ont euthanasié 2 enfants et un adolescent

Belgique : les médecins ont euthanasié 2 enfants et un adolescent

- Euthanasie et suicide assisté

Agés de 9, 11 et 17 ans, ils ont été euthanasiés entre janvier 2016 et décembre 2017.

C'est ce que révèle le huitième rapport de la Commission fédérale de Contrôle et d'Evaluation de l'Euthanasie , couvrant la période 2016-2017. L'adolescent de dix-sept ans était atteint de la dystrophie musculaire de Duchenne, et le petit garçon de neuf ans avait une d'une tumeur au cerveau. Quant à l'enfant de 11 ans, il était atteint de fibrose kystique.

C'est en juillet 2014 que le gouvernement a voté l'...

Lire la suite

Une « sensibilisation » à l’avortement dans les cours des futurs médecins

Une « sensibilisation » à l’avortement dans les cours des futurs médecins

- Avortement

Les étudiants en médecine devront apprendre les différentes techniques d'avortement : c'est un des objectifs qui figure dans la déclaration de politique de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais surtout, le Gouvernement entend « sensibiliser les étudiants à l'importance de la maîtrise de la pratique médicale de l'interruption volontaire de grossesse ».

Jusqu'à présent, les techniques d'avortement (pilule abortive, curetage et aspiration, dilatation et évacuation, ...) ne sont pas enseignées s...

Lire la suite