Pologne : réaffirmation et extension de l’objection de conscience des médecins

 Imprimer

Thématique : Droits et libertés / Clauses de conscience

Actualités

Publié le : 15/10/2015

Dans un arrêt du 7 octobre 2015, la Cour constitutionnelle polonaise, réunie en Grande chambre, a étendu l'objection de conscience des médecins.
Selon les juges, la constitution polonaise et les lois internationales établissent la liberté du praticien comme un droit fondamental. Dans le cadre de leur profession, les médecins se voient donc reconnaître la suprématie de leur objection de conscience, y compris dans des cas dits « d'urgence », autres que le danger de mort ou la menace sérieuse à la santé du patient. Les juges estiment en effet que la « situation d'urgence » dans laquelle le médecin est obligé d'agir au-delà de sa liberté de conscience est trop vague et insuffisamment définie dans la loi.

Cet arrêt a également reconnu inconstitutionnelles les dispositions législatives qui obligent un médecin refusant de pratiquer l'avortement au nom de son objection de conscience, à informer le patient sur les contacts auprès desquels il pourrait obtenir l'IVG.
Cette décision aura un impact certain en Pologne. L'application du droit à l'objection de conscience des médecins est en effet une notion remise en cause actuellement, en particulier dans la symbolique affaire de Bogdan Chazan. Dans cette affaire, dont on attend le dénouement, un médecin et directeur de clinique avait été démis de ses fonctions après avoir refusé de pratiquer un avortement, sans donner le nom d'autres praticiens en mesure de répondre à la demande de la femme, au nom de son objection de conscience. (Bulletin de l'IEB)
Cette décision est fondamentale car l'objection de conscience du personnel médical est un droit qui est de plus en plus remis en cause. Or, pour la Pologne, les droits des patients, en particulier dans le domaine de l'avortement ne doivent pas mettre à mal la liberté de conscience du médecin.

Source de l'arrêt : ICI


Articles similaires

Aide Médicale à Mourir : le Manitoba protège l’objection de conscience des soignants

Aide Médicale à Mourir : le Manitoba protège l’objection de conscience des soignants

- Clauses de conscience

Le gouvernement du Manitoba a déposé un projet de loi provincial visant à protéger l'objection de conscience du personnel médical et la liberté des établissements de santé en matière de fin de vie.

Au Canada, l'Aide Médicale à Mourir est décriminalisée par une loi fédérale depuis juin 2016. Cette loi n'oblige personne à fournir cette prestation « attendu que chacun jouit de la liberté de conscience et de religion ». Cependant, elle reconnaît comme compétence des provinces la réglementation de...

Lire la suite

France : pharmaciens privés du droit à l’objection de conscience.

- Clauses de conscience

Le 7 octobre 2011, le Conseil de l'Europe votait le droit à l'objection de conscience pour toutes les "professions médicales". En France pourtant, les pharmaciens, qui n'entrent pas sous cette appellation, en sont toujours privés. Bien qu'il soit précisé dans le Code de déontologie que "le pharmacien exerce sa mission dans le respect de la vie et de la personne humaine", ceux-ci ne bénéficient pas de leur liberté de conscience aujourd'hui. Hospitaliers ou en officine, les pharmaciens se voient...

Lire la suite

Belgique : le nouveau code de déontologie médicale veut faire confiance aux médecins

Belgique : le nouveau code de déontologie médicale veut faire confiance aux médecins

- Clauses de conscience

Le conseil national de l'Ordre des médecins a présenté début mai son nouveau Code de déontologie médicale.

Nettement plus concis que sa version précédente, il est conçu comme un "guide" permettant au médecin « de s'orienter en lui fournissant un cadre de référence ».

Plutôt que des obligations et interdits à respecter, il énonce des grands principes à suivre. Le but était d'aboutir à une « déontologie positive plutôt que punitive », explique Benoît Dejemeppe, président du conseil national. L...

Lire la suite