Modifications du génome humain : l’OMS veut garder le lead et donne un accord de principe

Auteur / Source : Publié le : Thématique : Début de vie / Modifications génétiques Actualités Temps de lecture : 1 min.

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Le Comité consultatif d'experts de l'OMS* pour l'encadrement et la surveillance des modifications apportées au génome humain a publié ses recommandations ainsi qu'un cadre de gouvernance à destination des décideurs nationaux et internationaux. Ces documents contiennent avant tout un cadre de réflexion et une série de questions qui doivent être abordées avant de procéder à l'encadrement légal des techniques de modification du génome humain.

Aucune prise de position par rapport aux différentes applications de ces techniques ne ressort des recommandations du Comité. Ces dernières étaient attendues depuis la réaction sévère de la communauté scientifique internationale aux expérimentations du chercheur chinois He Jiankui. En effet, en novembre 2018, ce dernier annonçait la naissance de deux jumelles dont l'ADN avait été modifié grâce à la technologie CRISPR - Cas9 (Actualité IEB). En juillet 2019, l'OMS déclarait qu'il était pour le moment irresponsable de procéder à des modifications de la lignée germinale humaine et annonçait de prochaines recommandations.

Les rapports s'arrêtent sur les différents défis que posent les avancées en matière de modifications du génome humain, leurs risques et bénéfices : les modifications somatiques après la naissance (de certaines cellules du corps dans l'espoir de guérir une maladie), les modifications somatiques de cellules du foetus in utero, les modifications héréditaires des cellules germinales, les modifications épigénétiques et enfin, celles visant à augmenter les capacités humaines. L'objectif du Comité n'est pas d'interdire ou de permettre telle ou telle application clinique, mais de favoriser la coopération, la transparence, le contrôle et la sécurité autour de ces pratiques en plein développement. Soucieux de garder le lead mondial en matière de santé, l'Organisation semble consciente que si elle n'intervient pas, ou se montre trop fermée aux perspectives de modifications du génome humain, ces pratiques se développeront dans l'ombre de pays peu soucieux de vérifier leur sécurité. De plus, l'OMS souhaite que les bénéfices de ces nouvelles techniques pour la santé soient partagés de façon équitable entre les différentes populations.

On remarquera que nulle part dans ces deux documents, n'apparaît la moindre préoccupation éthique de la part de l'OMS à l'égard des innombrables embryons utilisés et détruits au cours des recherches sur les modifications génétiques de l'embryon.

*OMS : Organisation Mondiale de la Santé


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