Yara a obtenu que son bébé avorté soit reconnu comme une personne

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités

Publié le : 13/05/2019

C'est une première aux Pays-Bas : un bébé avorté a été reconnu comme une personne en application de la loi néerlandaise. Le 22 avril dernier, l'émission Nieuw Licht a diffusé le témoignage de Yara, une jeune femme ayant avorté après 14 semaines de grossesses, et qui a obtenu l'enregistrement de son bébé dans le registre de la population.

Yara est le nom d'emprunt de la jeune femme, qui a préféré garder l'anonymat car selon elle, l'avortement est encore trop tabou. Elle confie au journaliste son profond regret d'avoir avorté, et que son petit enfant lui manque énormément. Elle est allée demander un acte de décès à la clinique où elle avait avorté, pour faire enregistrer son enfant à la commune.

Il est en effet possible aux Pays-Bas, grâce à une modification de la loi sur l'enregistrement des personnes en janvier dernier, d'inscrire à la demande des parents leurs enfants nés sans vie dans au registre de la population (suite à une fausse couche ou un avortement). C'est grâce à une pétition signée par 82 000 néerlandais que la loi a pu être modifiée. La nouvelle loi n'exigeant pas de délai de grossesse minimal ni de causes de la mort pour enregistrer l'enfant, Yara a pu faire reconnaître le sien.

Elle a fait appel à l'avocat Don Ceder, qui déclare dans l'émission : "Cet amendement à la loi est bien sûr plus qu'une formalité pour toutes les mères qui y sont confrontées. Il s'agit de la reconnaissance et de l'appréciation de leur deuil et de l'enfant qu'elles ont porté avec elles. » Et d'ajouter : « Qui sait, toutes les parties peuvent en venir à la conclusion que nous ne sommes pas aussi conscients de notre appréciation de la vie à naître que nous le pensions et que nous ne devrions pas abandonner des mères comme Yara avec leur enfant. » Il n'exclut pas que cela aboutisse un jour à une autre législation en matière d'avortement.

Même si la députée Vera Bergkamp (D66), porteuse de l'amendement, soutient que la reconnaissance du bébé comme personne ne dépend que de la volonté des parents, une telle évolution pose à nouveau la question de la personnalité juridique de l'enfant à naître : quelle place dans la société et quels droits lui reconnaître? Est-ce légitime de faire dépendre cette reconnaissance de la seule volonté des parents?

Rappelons qu'en Belgique, il est depuis peu possible de donner un nom à son bébé né sans vie à partir de 140 jours de grossesse.

Pour aller plus loin, lire notre nouveau dossier sur La vie avant la naissance : un choix entre fiction et réalité.

Sources :  Eerste Kamer der Staten Generaal;  Reformatorisch Dagblad; De Volkskrant.


Articles similaires

Pays-Bas : avortements tardifs réalisés dans les hôpitaux belges

Pays-Bas : avortements tardifs réalisés dans les hôpitaux belges

- Avortement

L'avortement tardif (au-delà de 24 semaines et en cas de graves anomalies foetales) et l'euthanasie de nouveau-nés porteurs d'un handicap sont dépénalisés aux Pays-Bas en vertu de la « Directive de non-poursuite des cas d'euthanasie sans requête et des avortements tardifs » de 2007. La procédure utilisée pour les euthanasies de nouveau-nés est connue sous le nom de Protocole de Groningen (cf. le dossier IEB : L'euthanasie des nouveau-nés et le Protocole de Groningen).

Chaque année, la Commiss...

Lire la suite

AVORTEMENT

- Avortement

Pays-Bas : avortement : la ministre de la santé veut des mesures pour en réduire le nombre

Québec : pas de liberté éthique pour l'hôpital face à un avortement tardif

USA : trafic d'organes des foetus avortés : le Planning Familial (IPPF) coupable

Belgique : on connaît les membres de la commission avortement

France : 50.000 citoyens ont marché pour la vie à Paris

Belgique : faut-il sortir l'avortement du Code pénal ?

Création d'un fonds européen de promotion de l'avortement ?

Pays-Bas : ...

Lire la suite

Belgique : l’avortement, une question de "santé publique"

Belgique : l’avortement, une question de "santé publique"

- Avortement

Dans une tribune publiée le 21 juin 2016 dans le journal L'Echo, Christine Defraigne, présidente du Sénat belge, exprime son inquiétude par rapport à des propositions de loi visant à permettre une meilleure reconnaissance des enfants nés sans vie. (cf. Bulletin de l'IEB)

Selon elle, ces mesures prises afin de faciliter le deuil des parents d'enfants mort-nés vont à l'encontre du « droit » à l'avortement. « Donner un statut au foetus c'est aussi s'attaquer à la liberté de la femme de poursuivr...

Lire la suite