Une enquête gouvernementale sur les conséquences de l’avortement en Allemagne

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités

Publié le : 15/02/2019

Le Gouvernement allemand vient d'accorder un budget de 5 millions d'euros au Ministre de la santé Jens Spahn (CDU), pour lui permettre de mener à bien une enquête sur les conséquences psychologiques à long terme de l'avortement chez les femmes. Il s'agit d'étudier l'existence des « syndromes post-avortement » et de voir dans quelle mesure ils peuvent affecter les femmes. L'enquête doit se dérouler de 2020 à 2023, à raison de 1.25 million d'euros alloué par an.

Cette décision a entraîné de nombreuses réactions, notamment du côté du parti socialiste (SPD), qui appartient à la coalition majoritaire (avec le CDU et le CSU). Hilde Mattheis, rapporteur du groupe parlementaire SDP sur la santé des femmes, a ainsi déclaré : « Cinq millions d'euros sont gaspillés pour une étude scientifiquement absurde et à caractère idéologique. » Les opposants à l'enquête mettent en avant des études déjà menées, qui montreraient qu'une minorité de femmes regrette d'avoir avorté, et que seulement une minorité d'entre elles en garderait des séquelles.

Cette autorisation du Gouvernement s'inscrit dans le contexte d'un compromis politique. En effet, après des mois de négociation, le SPD a quant à lui obtenu des deux autres partis de la coalition que les médecins et les hôpitaux soient autorisés à afficher qu'ils pratiquent l'avortement (ce qui est considéré comme une publicité de l'avortement, jusqu'à présent sanctionnée pénalement).

L'amendement a été approuvé par le gouvernement mais doit encore être voté par le Parlement. 

A l'heure où toute remise en question de l'avortement paraît souvent inabordable dans le débat public, on peut se réjouir d'une telle prise de responsabilités de la part d'un gouvernement, soucieux de poser un regard attentif sur la réalité de l'avortement.

Pour en savoir plus sur les conséquences psychologiques de l'avortement, voir le Dossier de l'IEB.

 Sources : Hilde-mattheis.de,  Bundesministerium der Justiz und für Verbraucherschutz,  Avortementeurope.org


Articles similaires

France : augmentation du nombre d’avortements en 2013

France : augmentation du nombre d’avortements en 2013

- Avortement

La Direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (DREES), organisme affilié au Ministère de la Santé, a rendu son rapport sur les données françaises de 2013 relatives à l'avortement. Elle y relate une hausse de 4,7% du nombre d'avortements par rapport à 2012 après une période de stabilité depuis 2010. La France atteint ainsi un taux record d'avortements avec 229 000 avortements en 2013, soit 15,6 avortements pour mille femmes.
Les analyses statistiques révèlent que...

Lire la suite

L’avortement devient possible jusqu’à la naissance dans l’Etat de New York

L’avortement devient possible jusqu’à la naissance dans l’Etat de New York

- Avortement

Dans l'Etat de New York, l'avortement du foetus humain est désormais possible jusqu'à la naissance. Cette évolution a provoqué de nombreuses réactions dans la population, le monde politique et académique. 
Le Gouverneur Andrew Cuomo a saisi l'occasion du 46ème anniversaire de Roe vs Wade (arrêt de la Cour Suprême autorisant l'avortement aux Etats-Unis) pour promulguer le Reproductive Health Care Act. La loi permet aux femmes d'avorter sans conditions particulières jusqu'à 24 semaines de grosse...

Lire la suite

Belgique : pénurie de médecins formés à l’avortement

Belgique : pénurie de médecins formés à l’avortement

- Avortement

Près de 15 ans après l'adoption par le parlement belge de la loi dépénalisant l'avortement, la Belgique fait face à une pénurie croissante de médecins prêts à s'engager dans cette pratique. Cette difficulté est particulièrement criante dans la province de Luxembourg, comme le centre de planning familial des femmes prévoyantes socialistes d'Arlon en fait état.
Cette situation s'explique pour partie en raison de l'absence de formation des jeunes médecins à la pratique de l'interruption volontair...

Lire la suite