Les avortements forcés continuent en Chine

 Imprimer

Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités

Publié le : 09/01/2019

La « politique des deux enfants » a de nouveau fait une victime en Chine : une femme enceinte de son troisième enfant a été forcée d'avorter après qu'on la menace d'envoyer son frère en camp d'internement.

Bien qu'étendue à deux enfants depuis le 1er janvier 2016, la « politique de l'enfant unique » chinoise (instaurée en 1979) expose les femmes à un choix « imposé » à partir du troisième enfant : avorter ou bien régler des amendes dissuasives et subir des menaces. (Voir Bulletin de l'IEB)

En effet, la perpétuation des avortements forcés en Chine est attestée par le Rapport de la Commission du Congrès et de l'Exécutif* dans la section « Contrôle de la Population ». Le rapport pointe la loi chinoise, qui « requiert des couples mariés d'avoir des enfants et leur impose de se limiter à deux enfants ». Il note que « des agents du gouvernement ont continué à appliquer les politiques de planning familial en utilisant des méthodes telles que de lourdes amendes, la perte d'emploi, la détention, l'avortement.»

En effet, des autorités locales chargent les agents du planning familial d'inspecter les femmes pour poser des dispositifs intra-utérins, les stériliser, contrôler les grossesses ou provoquer des avortements, parfois tardifs. En fonction de la province, de la minorité ethnique, du statut matrimonial ou d'autres critères, certains couples sont autorisés à avoir plus d'enfants.

La loi chinoise permet aussi aux autorités locales de punir les familles qui ne respectent pas la politique des deux enfants en leur imposant des amendes, dénommées « frais de compensation sociale », ce qui oblige les femmes à choisir entre un avortement et une amende souvent supérieure au salaire annuel moyen.

« Ceci prouve que le Parti Communiste Chinois fonctionne toujours comme une police du ventre des mères », déplore Reggie Littlejohn, présidente de Women's Rights Without Frontiers. Elle fait aussi remarquer que les femmes seules ne sont pas protégées par la loi et qu'elles peuvent être forcées d'avorter même leurs deux premiers enfants.

*Commission chargée par le congrès des Etats-Unis de surveiller le respect des droits de l'homme en Chine.

Sources : RadioFreeEurope, NPR.


Articles similaires

France : augmentation du nombre d’avortements en 2013

France : augmentation du nombre d’avortements en 2013

- Avortement

La Direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (DREES), organisme affilié au Ministère de la Santé, a rendu son rapport sur les données françaises de 2013 relatives à l'avortement. Elle y relate une hausse de 4,7% du nombre d'avortements par rapport à 2012 après une période de stabilité depuis 2010. La France atteint ainsi un taux record d'avortements avec 229 000 avortements en 2013, soit 15,6 avortements pour mille femmes.
Les analyses statistiques révèlent que...

Lire la suite

Pays-Bas : avortements tardifs réalisés dans les hôpitaux belges

Pays-Bas : avortements tardifs réalisés dans les hôpitaux belges

- Avortement

L'avortement tardif (au-delà de 24 semaines et en cas de graves anomalies foetales) et l'euthanasie de nouveau-nés porteurs d'un handicap sont dépénalisés aux Pays-Bas en vertu de la « Directive de non-poursuite des cas d'euthanasie sans requête et des avortements tardifs » de 2007. La procédure utilisée pour les euthanasies de nouveau-nés est connue sous le nom de Protocole de Groningen (cf. le dossier IEB : L'euthanasie des nouveau-nés et le Protocole de Groningen).

Chaque année, la Commiss...

Lire la suite

18.000 avortements en 2007

18.000 avortements en 2007

- Avortement

Dix-huit mille avortements en 2007 pour la Belgique. C'est le chiffre officiel révélé par le troisième rapport.de la Commission d'évaluation de la loi dépénalisant l'interruption de grossesse. Couvrant la période du 1er janvier 2006 au 31 décembre 2007, ce document a été rendu public le 21 janvier 2009.
La loi dépénalisant l'avortement date du 13 août 1990. Elle prévoit qu'une commission puisse évaluer la façon dont la loi est appliquée par ceux qui pratiquent l'avortement.
Dès la première pag...

Lire la suite