Interruption Médicale de Grossesse : l’objection de conscience des médecins menacée

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Thématique : Début de vie / Avortement

Actualités

Publié le : 24/10/2018

L'Association Médicale Mondiale vient d'adopter une nouvelle prise de position sur l'Interruption Médicale de Grossesse (IMG) ou avortement pour raisons "thérapeutiques".

Ni le préambule, ni les recommandations ne font référence à l'enfant à naître. De même, le texte ne mentionne plus le devoir des médecins de « maintenir le plus grand respect pour la vie humaine dès la conception ». Seule importe désormais la santé de la femme : « Dans tous les cas, les médecins ont l'obligation d'effectuer les actes nécessaires pour préserver la vie de la femme enceinte et d'empêcher tout risque grave pour sa santé. ».

Selon Gregor Puppinck, l'ambiguité autour du mot "santé" (physique et/ou mentale) est inquiétante, "car la définition floue que l'on donne aujourd'hui de la santépermet, en soi, d'élargir le champ de l'obligation de pratiquer un avortement.

Une telle perception amène l'AMM à restreindre le droit à l'objection de conscience des médecins. Celui-ci est entaillé d'une obligation de renvoi vers un « collègue qualifié », poussant ainsi les médecins à coopérer indirectement à un acte que réprouve leur conscience.

Les recommandations de l'AMM laissent entrevoir une réelle inquiétude, au niveau international désormais, face aux refus croissants des médecins de pratiquer des avortements. (Voir notamment le débat actuel autour de la clause de conscience en France et en Italie) La position de l'AMM, qui travaille en collaboration avec l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), pourrait avoir un impact important sur le droit international en matière d'avortement.

Cette position de l'AMM fait aussi écho à la nouvelle loi belge relative à l'avortement. Celle-ci oblige dorénavant le médecin objecteur de conscience d'indiquer à la femme qui le consulte un collègue, un centre d'avortement ou un service hospitalier qu'elle peut solliciter pour sa demande d'avortement.

Source : www.wma.net, Gènéthique


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