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Les étudiants en médecine et infirmerie pourront faire objection de conscience

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[Français] 4 janvier 2018

Sommaire

  •   Les étudiants en médecine et infirmerie pourront faire objection de conscience
  •   Sédation, testament biologique et fin de vie en Italie
  •   Belgique : l’appel du KCE pour des soins appropriés en fin de vie
  • Les étudiants en médecine et infirmerie pourront faire objection de conscience

    28/12/2017 - Clause de conscience

    La Faculty of sexual and reproductive healthcare (FSRH), organe médical responsable au Royaume-Uni de la formation des professionnels dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, donne désormais la possibilité à ses stagiaires en médecine ou en infirmerie d’invoquer la clause de conscience. C’est ce qu’annoncent les nouvelles directives qui viennent d'être publiées.
    Médecins, infirmiers et maintenant étudiants et stagiaires médecins ou infirmiers en stage, pourront à présent refuser de pratiquer un avortement ou de fournir de la contraception d’urgence (potentiellement abortive) sur base de convictions personnelles, sans que cela ne mette en péril leurs chances d’obtenir leur diplôme.

    La direction de la FSRH justifie cela par une volonté d’accueillir des opinions diverses au sein du monde médical.

    Les besoins des patients ne seront pas négligés pour autant, la directive de 2017 déclare en effet que « tout clinicien souhaitant ne pas prescrire la contraception d’urgence en raison de ses convictions personnelles devra le signifier à son service ou à son employeur, afin que d’autres arrangements puissent être pris pour les patients ». Si un médecin souhaite refuser certaines pratiques, il doit s’abstenir d’émettre le moindre jugement à l’égard du patient et garantir par une autre voie que « les besoins (de celui-ci) soient satisfaits. »

    Toutefois, si un stagiaire acceptait de mettre de côté ses convictions personnelles pour répondre aux besoins du patient, et remplissait ainsi l’intégralité de ses « obligations », cela serait aussi mentionné sur son diplôme.

    Sources : Dailymail

    En Belgique ? Demandez la Brochure de l'IEB : "Clauses de conscience au profit des professionnels de la santé"

    Sédation, testament biologique et fin de vie en Italie

    28/12/2017 - Fin de vie

    Après 30 années de débat parlementaire et 3000 tentatives d’amendements, l'Italie a adopté  sa loi sur la fin de vie ou "testament biologique". La loi prévoit le droit de chaque patient majeur en phase terminale de refuser tout traitement, et aussi d'être alimenté et hydraté de façon artificielle.

    Ce choix devra être exprimé dans des dispositions anticipées de traitement (DAT), document révocable et révisable, où chacun précise les traitements auxquels il souhaite renoncer s'il se trouve un jour dans l'incapacité d'exprimer ses préférences.

    Pour une personne mineure, un tuteur légal ou sa famille proche devront prendre la décision à sa place au moment venu.

    Si le patient refuse le traitement, le médecin devra se limiter à soulager les souffrances du patient, et ne pourra pas voir engagée sa responsabilité pénale pour « non-assistance à personne en danger ».

    Si le texte voté n'évoque pas explicitement l'objection de conscience, il exempte néanmoins de toute responsabilité pénale le médecin qui refusera de "débrancher une machine tenant en vie son patient". Mais si un médecin refuse de respecter les volontés d’un patient, il sera obligatoirement remplacé par un confrère non objecteur de conscience. 

    La loi autorise la sédation palliative profonde et continue « provoquant une altération de la conscience, jusqu'au moment du décès », avec arrêt de l'alimentation et l'hydratation. Ceci a de quoi inquiéter certains, qui estiment que ces deux gestes du quotidien ne forment pas un « traitement » au sens de la loi, mais un soin élémentaire, au même titre que l’hygiène. 

    La loi, votée à 180 voix contre 71, ne fait pas l’unanimité. Si le chef du gouvernement de centre-gauche, Paolo Gentiloni, se réjouit de ce "choix de civilisation, un pas en avant pour la dignité de la personne", d’autres dénoncent « une entrée camouflée de l'euthanasie la façon la plus barbare: la mort de faim et de soif ».

    Si la loi a le mérite de combattre l’acharnement thérapeutique, protègera-t-elle suffisamment l’indépendance et la conscience professionnelle du corps médical ?

    Rappelons que le texte, qui place l’autonomie du patient à l’avant-plan, avait provoqué de fortes réactions de la part de médecins. Ceux-ci ont interpelé l’Ordre des médecins, s’inquiétant de ce qu’une loi les obligerait à obéir à un écrit datant parfois d’il y a plusieurs années et déconnecté de la situation actuelle du patient, plutôt que de les laisser agir selon leurs science et conscience.

    Source: Bioedge

    Demandez la carte de Fin de Vie de l'IEB

    Belgique : l’appel du KCE pour des soins appropriés en fin de vie

    02/01/2018 - Fin de vie

    Comment se fait-il que certaines personnes reçoivent des soins « inappropriés » en Belgique ?

    En collaboration avec des chercheurs de l’UCL et de l’UAntwerpen, le KCE (Centre fédéral d’Expertise des Soins de santé) a analysé les publications belges sur la question et a lancé une vaste étude (Rapport de plus de 200 pages) impliquant prestataires de soins, patients, proches, et bénévoles.

    Il en ressort que les soins sont considérés comme « appropriés » quand ils sont adaptés aux besoins individuels de chaque patient et tiennent compte des souhaits. S’ils lui apportent confort et qualité de vie, et donnent un sens à la dernière phase de sa vie. Dans la pratique, les visions quant à la signification concrète de ces concepts divergent fortement, d’où l’importance de donner à chacun la possibilité d’exprimer à l’avance ses souhaits pour sa fin de vie.

    La Planification anticipée des soins (« Advanced Care Planning ») est une solution qui doit devenir générale pour le KCE. Elle doit même intervenir avant toute maladie grave, de préférence avec son médecin généraliste, qui en conserverait une trace écrite dans le dossier médical. Il est essentiel que les décisions prises soient accessibles, via le dossier médical électronique, à tous les médecins susceptibles de prendre une décision à la place du patient.

    Cette démarche pose encore problème, constate le KCE, dans un contexte social où les patients, leurs proches et les soignants éprouvent tant de difficultés à aborder le sujet « tabou » de la mort. Or, en l'absence de souhaits pré-enregistrés du patient, la famille doit décider à sa place, et les membres d’une famille sont souvent divisés sur la question…

    Le KCE constate aussi que les soins palliatifs, lorsqu’ils sont disponibles, sont souvent mis en place trop tard. Chez les patients qui éprouvent des difficultés à prendre des décisions au sujet de leur traitement, par exemple ceux atteints de démence, elle remarque que le personnel soignant prend moins de mesures pour lutter contre la douleur et les autres symptômes. Les soignants ont un rôle majeur dans la réussite des soins de fin de vie. Mais les pressions de travail et le manque de formation ne leur donnent pas toujours les réflexes et aptitudes de communication nécessaires.

    Les médecins sont formés à soigner en vue de guérir : ne pas traiter, ou traiter autrement, est généralement vu comme un échec. Le financement actuel des soins de santé va dans le même sens, car les institutions de soins et les médecins sont souvent payés « à l’acte ». Le KCE estime que ce type de financement incite au "faire" plutôt qu'au "laisser faire" : ne rien faire semble ne pas être une option dans la société actuelle.

    Le KCE demande à que les soignants reçoivent la possibilité de parler avec leurs patients à temps de leurs souhaits de fin de vie, ainsi qu’une formation en soins palliatifs dans leur cursus. Il préconise aussi des initiatives visant à sensibiliser le grand public à réfléchir à ce que l’on veut lorsque la fin de la vie approche, et à oser en parler autour de soi.  Il est également indispensable que l’Etat facilite financièrement la planification anticipée des soins et certains aspects qualitatifs des soins de fin de vie, comme la présence, l’écoute et la collaboration interdisciplinaire.

    Qu’est-ce que la planification anticipée des soins ? La planification anticipée des soins ou Advanced Care Planning (ACP) est un processus de concertation entre le patient, ses proches et les dispensateurs de soins en vue de définir une orientation commune des soins et des traitements à mettre ou non en œuvre. L’ACP vise à fixer un objectif thérapeutique basé sur les valeurs et les priorités du patient. C’est une démarche proactive et anticipative, qui facilite les prises de décision dans les situations d’urgence ou lorsque le patient n’est plus en état d’exprimer clairement ses volontés. (D’après la Fédération bruxelloise des soins palliatifs et continus )

    Synthèse du rapport KCE

    Sources : Journal du médecin

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