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Le médecin démissionnaire de la Commission euthanasie expose ses motifs

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[Français] 27 février 2018

Sommaire

  •   Le médecin démissionnaire de la Commission euthanasie expose ses motifs
  •   Les premiers embryons « homme-mouton » ont 1 mois
  •   Le don d'organe de plus en plus encouragé par les Etats
  •   Lecture de notre ADN : voulons-nous vraiment tout savoir ?
  • Le médecin démissionnaire de la Commission euthanasie expose ses motifs

    22/02/2018 - Fin de vie

    Le Docteur Ludo Vanopdenbosch expose les raisons de sa démission de la Commission fédérale de contrôle de l’euthanasie dans une lettre adressée au Parlement belge. En voici le texte en français
    et en néerlandais.

    Pour rappel, ce médecin, spécialiste en neurologie et soins palliatifs, a démissionné suite à la décision de la CFCEE de ne pas renvoyer vers la justice le dossier d’une dame atteinte d'une maladie dégénarative, dont le médecin a provoqué intentionellement la mort sans qu'elle l'ait demandé mais à la demande de sa famille.

    « Je ne souhaite plus faire partie d’une commission qui enfreint consciemment la loi et tente de le dissimuler… elle n’est ni indépendante ni objective », écrit le docteur Vanopdenbosch dans son courrier.

    Il ajoute que, selon lui, son droit de parole, en tant que neurologue spécialiste, n’a pas été respecté lorsqu’il tentait d’exprimer ses inquiétudes face à la vulnérabilité de personnes neurologiquement atteintes.

    Pour ce cas, certains membres de la commission ont exprimé le fait que le médecin ayant pratiqué l'acte de mort, avait incorrectement décrit et enregistré l’acte comme euthanasie.  Malgré un vote où la majorité des membres estimait devoir renvoyer le dossier au Parquet, cela ne s'est pas fait, puisque la loi euthanasie exige les 2/3 des voix.

    Le Dr Vanopdenbosch soutient au contraire que le médecin n’avait aucune connaissance des soins palliatifs, et avait l'intention de tuer la patiente. Les moyens utilisés en attestent, car ils étaient disproportionnés pour soulager la douleur. Les motifs réels du non-renvoi vers la justice étaient purement politiques et s'acharnent à « défendre l’euthanasie en n’importe quelle circonstance », y compris « en cas de démence ».

    La presse étrangère et notamment le Washington Post et Associated Press,  s'interroge sur les dérives de la pratique de l'euthanasie en Belgique. La presse belge reste pour sa part assez discrète.

    Voir Bulletin de l'IEB

    Et aussi : "Clash et démission au sein de la Commission fédérale de contrôle de l’euthanasie en Belgique"

    Pour la première fois, des embryons hybrides mouton-humain ont été créés. Les résultats de laboratoire ont été présentés lors de la réunion annuelle de l’Association américaine pour l’Avancement des Sciences à Austin, Texas.

    Les chercheurs ont introduit des cellules souches humaines dans des embryons de moutons, de telle sorte qu’une cellule de la créature hybride sur 10 000 soit humaine. En termes de pourcentages, la créature est génétiquement mouton à 99 %, et humaine à 1 %.

    Il y a quelques mois déjà, des cellules humaines introduites dans des embryons de porc avaient permis la création d’hybrides que les chercheurs avaient surnommés « chimères interspécifiques ». Ces êtres hybrides comptaient une cellule humaine sur 100 000.

    Ces recherches ont pour objectif de pallier le manque d’organes disponibles sur le marché pour les greffes. Les chimères devraient devenir nos futures « banques à organes ».  Le principe est simple : les chercheurs bloquent le développement des organes souhaités dans l’embryon mouton, et y introduisent ensuite des cellules souches humaines, qui se développeront normalement à la place de l’organe manquant.

    Pour que la greffe d’organes chimères prenne, la présence d’au moins 1 % de cellules humaines dans l’être hybride est impérative, explique le Professeur Hiro Nakauchi, biologiste spécialiste des cellules souches à l’Université de Stanford. Et plus on augmente le ratio humain dans l'animal, plus on diminuera le risque de rejet.

    D'importantes questions éthiques se posent sur le genre de créature obtenue : que faire si des cellules souches humaines se retrouvent dans les organes sexuels ou le cerveau de la chimère ? Créerait-on alors un animal avec une intelligence humaine ?

    Le risque de transmission potentielle de maladies animales à l’homme n’est pas à négliger non plus.

    Jusqu’à présent, les chercheurs sont autorisés à maintenir en vie et à développer les embryons chimères pendant 28 jours : 7 jours in vitro, et puis 21 in vivo (c'est-à-dire réimplantés dans l'animal). Ils souhaitent désormais prolonger l’expérience à 70 jours, afin d’examiner jusqu’à quel stade les cellules souches humaines de l’embryon peuvent créer un organe humain fonctionnel.

     Sources : Sciencepost.fr

    Le don d'organe de plus en plus encouragé par les Etats

    22/02/2018 - Bioéthique, droit et politique

    Après un vote serré (38 voix contre 36), le parlement néerlandais a adopté une loi qui prévoit l'acceptation présumée automatique de tous les citoyens majeurs en tant que donneurs d'organes, à défaut pour eux de le refuser explicitement. Ce principe de consentement présumé est déjà d’application en France depuis le 1er janvier 2017, et en Belgique depuis sa loi du 13 juin 1986 sur le prélèvement et la transplantation d’organes.

    La législation belge prévoit que chaque belge est considéré comme donneur d'organes dès la naissance. Il peut signifier à l'administration communale ne pas souhaiter faire un don d'organe ou bien explicitement s'enregistrer en tant que donneur. Sans cet enregistrement, un membre de la famille peut toujours refuser que les organes d'un défunt soient utilisés.  Pour faciliter et encourager les dons, il pourrait bientôt être possible de s’enregistrer comme donneur chez son médecin traitant ou via Internet. Une proposition de loi en ce sens, soutenue par la majorité, sera discutée à la Chambre.

    La raison de ces évolutions législatives est un important besoin en organes pour les greffes. Une personne décédée en bonne santé, peut donner jusqu’à sept organes. Au sein du réseau d’échange Eurotransplant, qui compte huit pays européens, la Belgique se trouve en tête de liste en terme de nombre de donneurs.

    Elle compte quelque 270.000 donneurs enregistrés. En 2016, 321 personnes ont fait don de leurs organes après leur mort. 67 personnes vivantes ont par ailleurs donné un rein, et 46 autres une partie de leur foie. Leurs organes sont redistribués dans les différents pays membres d’Eurotransplant, en fonction des besoins les plus urgents.

    Ce nombre ne suffirait pas à combler la demande. Les comités d’éthique de certains hôpitaux belges réfléchissent par conséquent à la meilleure manière d’élargir le champ des donneurs potentiels.

    Pourquoi le médecin ne pourrait-il d'ailleurs pas proposer, lui-même, le don d'organes à un patient dont l'euthanasie vient d'être validée ? Comme le Prof. J-B. Otte, spécialiste des transplantations hépatiques, l'a mentionné lors de son intervention à l'Académie royale de Belgique "Don d'organes après euthanasie",  cette question est à l'étude au sein du comité d'éthique des Cliniques St Luc.

    Source : medischcontact

    Voir aussi : Carte de Fin de vie de l'Institut Européen de Bioéthique

    Lecture de notre ADN : voulons-nous vraiment tout savoir ?

    21/02/2018 - Bioéthique, droit et politique

    Aujourd'hui, des analyses dites "de génome entier" (Whole Genome Sequencing - WGS) permettent de lire l'ensemble des gènes d'un échantillon ADN, et donnent à toute personne la possibilité de connaître l’intégralité de son bagage et « futur » génétique.

    Le Centre fédéral d'expertise des soins de santé belge (KCE) s’est penché les enjeux opérationnels, financiers et éthiques « considérables » de cette nouveauté technologique.

    Jusqu'à présent, la majorité des analyses génétiques se concentrent sur un ou plusieurs gènes bien précis recherchés dans l'ADN d'un patient. Cardiologues, neurologues et embryologues auront néanmoins plus que probablement recours à ces tests WGS lorsqu'ils seront disponibles sur le marché.

    « Voulons-nous tout savoir ? » interroge le KCE. S’il ressort de l’analyse que nous développerons dans un futur plus ou moins proche une maladie grave et incurable, désirons-nous réellement être au courant ? Sommes-nous prêts à courir le risque de ne plus profiter du présent tant le futur nous préoccupera ? Personne ne reste indifférent à une telle nouvelle, confirme Marta Vitale, psychologue suisse qui a suivi 125 personnes révélées prédisposées à développer un cancer suite à un dépistage génétique.

    Une autre question éthique se pose au médecin qui aura face à lui tous les gènes de son patient, en ce compris l’ensemble de ses anomalies génétiques. Doit-il le prévenir de toutes les maladies graves qu’il risque de développer un jour ?

    Le rapport du KCE y répond par l’affirmative, sauf s’il s’agit d’une « maladie contre laquelle on ne dispose pas de prévention ou de traitements efficaces. » Le KCE recommande que « la décision de communiquer ou non ce genre d'information soit prise avant d'effectuer les analyses, de commun accord entre le médecin et le patient. » Il conseille également « de mettre au point une politique commune à tous les centres de génétique pour la gestion des résultats « imprévus ».

    Nous ne connaissons pas la signification de nos 20.000 gènes et de leurs variantes. Malgré les avancées de la recherche, la possibilité de ne pas être capable d’interpréter correctement certaines informations demeure. C’est pourquoi le KCE invite à « avancer sur ce terrain avec la plus grande prudence, avant de prendre les décisions définitives qui engageront notre pays sur la voie de cette technologie ».

    Sources : KCE