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Italie : le Conseil de l’Europe met la pression sur les médecins qui refusent l'avortement

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[Français] 21 avril 2016

Sommaire

  •   Italie : le Conseil de l’Europe met la pression sur les médecins qui refusent l'avortement
  •   Belgique : à l’hôpital, un patient vulnérable sur cinq nécessiterait des soins palliatifs
  •   Canada : projet de loi en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté
  • Italie : le Conseil de l’Europe met la pression sur les médecins qui refusent l'avortement

    20/04/2016 - Clause de conscience

    Saisi par la Confédération générale italienne du travail (CGIL), le plus gros syndicat italien en termes de membres, le Conseil de l’Europe a déclaré que « les médecins italiens non objecteurs de conscience (NDLR: ceux qui acceptent de faire des avortements) sont victimes sur leur lieu de travail ».
    Partant du principe que l'avortement serait devenu un droit, le Conseil rebondit sur les plaintes du syndicat qui dénonce l’impossibilité d’appliquer la loi sur l’avortement, du fait, dit-il, d'un trop grand nombre de médecins objecteurs de conscience. Ces médecins se plaignent  du fait qu'ils doivent faire face à une surcharge de travail puisque devant assurer les avortements de confrères qui s'en abstiennent (plus de 80% des médecins dans certaines régions italiennes). Ils se disent aussi victimes de discrimination en terme d’évolution de carrière.

    Or il apparaît que le refus de nombreux médecins est indépendant de toute conviction religieuse, et s'appuie sur d'autres motifs bien réels : pratiquer des avortements n’est pas porteur pour un médecin. C’est au contraire un acte déconsidéré, qui fait fuir les patients, y compris les femmes qui ont avorté, puisque par la suite elles ne reviennent pas revoir ce médecin qui leur rappelle un épisode douloureux de leur vie. 

    Loin de se demander quelles sont les causes d’un tel malaise parmi les médecins italiens, le Conseil de l’Europe invite l’Italie à mieux « garantir la pleine application de la loi » sur son territoire.
    Une réponse a toutefois été publiée dans le BMJ sous le titre :  It is not true that in Italy it is “harder to get abortion as number of pro-choice doctors falls”. Chiffres à l'appui...

    Source : Le quotidien du médecin ; The Guardian - Décision du Conseil de l'Europe

    Belgique : à l’hôpital, un patient vulnérable sur cinq nécessiterait des soins palliatifs

    20/04/2016 - Fin de vie

    A la demande du Service Public Fédéral Santé publique, le Dr Marianne Desmedt, professeur à l’Université Catholique de Louvain (UCL), a dirigé une étude menée par les cliniques universitaires Saint Luc à partir de l’outil britannique d’identification du patient palliatif en vue de lui attribuer un statut spécifique et différencié, lié à la sévérité des besoins (le PICT). 

    L’analyse a été effectuée sur l’état de santé de 123.682 Belges en situation de vulnérabilité sur le plan médical, suivis soit à l’hôpital, soit en centre de soins, soit par un médecin de famille.

    Ce rapport étudie les besoins en soins palliatifs des patients, indépendamment de leur espérance de vie et du service hospitalier dans lequel ils sont pris en charge. En effet, 19% des personnes hospitalisées en Belgique, et qui ne sont pas forcément en fin de vie, pourraient utilement profiter de soins palliatifs au sens large. Les conclusions révèlent qu’un patient sur cinq a besoin de soins palliatifs à l’hôpital, de même que 13% des patients des centres de soins et 4% des patients  suivis par leur médecin de famille.

    L’évaluation de l’état du patient par rapport à ses besoins est essentielle : un patient mourant mais non perçu comme tel par son médecin, ne bénéficiera pas du support des soins palliatifs. De même, il arrive que des traitements menant à une forme d’acharnement thérapeutique, empêchent encore aujourd’hui le patient d’être déclaré « patient palliatif ».

    Comme déjà évoqué récemment, les conclusions de ce rapport proposent d’étendre le statut de « patient palliatif » afin de mieux répondre aux besoins des malades.

    Source : Belga

    Canada : projet de loi en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté

    20/04/2016 - Fin de vie

    Jeudi 14 avril 2016, le gouvernement canadien a déposé un projet de loi en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté, regroupés sous l'euphémisme d' « aide médicale à mourir ». Le projet  vise à modifier le Code criminel en établissant « des exemptions à l’égard des infractions d’homicide coupable, d’aide au suicide et d’administration d’une substance délétère, dans le but de permettre aux médecins et aux infirmiers praticiens de fournir l’aide médicale à mourir et aux pharmaciens ainsi qu’à d’autres personnes de leur porter assistance à cette occasion ». Tout citoyen et toute citoyenne pourra donc, sans craindre de poursuites judiciaires, aider une autre personne à se suicider si son état correspond aux critères établis par la loi : un parent, un ami, un frère, une sœur, etc.

    Le projet de loi C-14 fait écho à l’arrêt Carter rendu par la Cour suprême du Canada le 6 février 2015, dont il reprend les principales mesures. Cet arrêt jugeait contraire à la Constitution l’article du Code criminel qui interdisait l’aide médicale à mourir dans des circonstances bien précises ; l’arrêt ouvrait ainsi l’accès à l’aide médicale à mourir pour les personnes ayant des problèmes de santé graves et irrémédiables, connaissant des souffrances persistantes intolérables au regard de leur condition et en mesure d’apporter un consentement éclairé. 

    Le gouvernement reprend ces conditions pour les personnes de plus de 18 ans, ne les limitant pas à la fin de vie. Le champ d’application de la loi est même très large, s'adressant entre autres aux personnes atteintes d’un handicap ou d’une maladie grave ou incurable ainsi qu'aux personnes éprouvant  des souffrances physiques ou psychiques jugées « intolérables et qui ne peuvent être apaisées dans des conditions qu’elles jugent acceptables. »
    Le Projet de loi ne prévoit pas de clause de conscience pour les soignants, ni aucun contrôle de procédure. Il y avait une certaine urgence à vouloir faire passer ce texte puisque le Parlement n'avait plus que six semaines  pour se doter d'une législation donnant suite à la décision rendue par la Cour suprême du Canada (CSC) le 6 février 2015, ce qui explique, selon certains observateurs, le manque de vision et de prudence. De plus, lors de la conférence de presse présentant le projet, les ministres de la Justice et de la Santé ont précisé que la question de l’euthanasie des mineurs ou des personnes atteintes de maladies mentales n’était pas abordée mais demeurait ouverte.

    Source : ici.radio-canada

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