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L’euthanasie des personnes démentes : la militance redouble en période électorale

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[Français] 16 mai 2019

Sommaire

  •   L’euthanasie des personnes démentes : la militance redouble en période électorale
  •   Yara a obtenu que son bébé avorté soit reconnu comme une personne
  •   Le juteux business des ovocytes en Belgique
  •   La Belgique renforce la pénalisation du trafic d’organes humains
  • L’euthanasie des personnes démentes : la militance redouble en période électorale

    16/05/2019 - Fin de vie

    En cette période électorale où s’alignent les programmes pour la prochaine législature, les militants pro euthanasie font pression pour autoriser l’euthanasie des personnes démentes.

    Une pétition a déjà recueilli plus de 45.000 signatures d’après le Levens Einde Informatie Forum (LEIF) où elle est hébergée. Le Prof. et président de la Commission de contrôle de l’euthanasie Wim Distelmans avec 139 autres militants l’ont lancée le 7 mai dernier. Ils plaident pour que les personnes se trouvant à un stade avancé de démence ou d'autres formes d’incapacité de discernement, soient euthanasiées, selon la demande qu'elles en auraient faite auparavant.

    « D’ici 2035, il y aura deux fois plus de personnes démentes ; l’adaptation de la loi doit figurer à l’agenda politique. » Les pétitionnaires déclarent que les thérapies en matière d’Alzheimer ne seront pas prêtes dans un futur proche, et voient donc l’euthanasie comme une solution incontournable face à la multiplication des cas de démence.

    Un tel constat a de quoi surprendre, quand on voit les récents progrès de la médecine dans la compréhension des mécanismes de la maladie. Les espoirs pour éradiquer cette maladie sont bien réels. A ce propos, le Prof. Bernard Hanseeuw, chercheur et neurologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc, est invité ce lundi 20 mai par la Fondation Saint-Luc à donner une conférence intitulée « Pourquoi et comment vaincre Alzheimer ».

    Comme pour les patients psychiatriques, se pose la question de la capacité de discernement que possèdent les personnes atteintes de démence au moment où le médecin provoque leur mort. L'importance de cette capacité est telle que dans ses récentes Directives déontologiques pour la pratique de l’euthanasie des patients psychiatriques, l'Ordre des médecins rappelle que pour obtenir l’euthanasie, le patient doit être doté non seulement de la capacité de discernement (ne pas être jugé incapable de discernement par décision de justice), mais encore d’une capacité effective « à exprimer sa volonté ou à être conscient des actes qu’il pose ». Cette « capacité effective » est une situation de fait qui doit être appréciée par le médecin qui pratique l’euthanasie.

    Proposer l’euthanasie comme « traitement ultime » à ces pathologies ne risquerait-il pas de décourager l’accompagnement des personnes atteintes de démence et la recherche médicale pour soigner ces pathologies ? La mort est-elle la réponse à apporter à ces personnes qui, comme Inez dans une vidéo de promotion de la pétition, déclare : « [Ma situation] est une charge pour mes enfants et pour mes proches. C’est un gros coût pour la société. Je ne trouve pas cela justifié. » Et c'est pourquoi, elle demande à être euthanasiée...

    Source : DeMorgen; leif.be; ordomedic.be

    Yara a obtenu que son bébé avorté soit reconnu comme une personne

    13/05/2019 - Début de vie

    C’est une première aux Pays-Bas : un bébé avorté a été reconnu comme une personne en application de la loi néerlandaise. Le 22 avril dernier, l’émission Nieuw Licht a diffusé le témoignage de Yara, une jeune femme ayant avorté après 14 semaines de grossesses, et qui a obtenu l’enregistrement de son bébé dans le registre de la population.

    Yara est le nom d’emprunt de la jeune femme, qui a préféré garder l’anonymat car selon elle, l’avortement est encore trop tabou. Elle confie au journaliste son profond regret d’avoir avorté, et que son petit enfant lui manque énormément. Elle est allée demander un acte de décès à la clinique où elle avait avorté, pour faire enregistrer son enfant à la commune.

    Il est en effet possible aux Pays-Bas, grâce à une modification de la loi sur l’enregistrement des personnes en janvier dernier, d’inscrire à la demande des parents leurs enfants nés sans vie dans au registre de la population (suite à une fausse couche ou un avortement). C’est grâce à une pétition signée par 82 000 néerlandais que la loi a pu être modifiée. La nouvelle loi n’exigeant pas de délai de grossesse minimal ni de causes de la mort pour enregistrer l’enfant, Yara a pu faire reconnaître le sien.

    Elle a fait appel à l’avocat Don Ceder, qui déclare dans l’émission : "Cet amendement à la loi est bien sûr plus qu'une formalité pour toutes les mères qui y sont confrontées. Il s’agit de la reconnaissance et de l’appréciation de leur deuil et de l’enfant qu’elles ont porté avec elles. » Et d’ajouter : « Qui sait, toutes les parties peuvent en venir à la conclusion que nous ne sommes pas aussi conscients de notre appréciation de la vie à naître que nous le pensions et que nous ne devrions pas abandonner des mères comme Yara avec leur enfant. » Il n’exclut pas que cela aboutisse un jour à une autre législation en matière d’avortement.

    Même si la députée Vera Bergkamp (D66), porteuse de l’amendement, soutient que la reconnaissance du bébé comme personne ne dépend que de la volonté des parents, une telle évolution pose à nouveau la question de la personnalité juridique de l’enfant à naître : quelle place dans la société et quels droits lui reconnaître? Est-ce légitime de faire dépendre cette reconnaissance de la seule volonté des parents?

    Rappelons qu'en Belgique, il est depuis peu possible de donner un nom à son bébé né sans vie à partir de 140 jours de grossesse.

    Pour aller plus loin, lire notre nouveau dossier sur La vie avant la naissance : un choix entre fiction et réalité.

    Sources :  Eerste Kamer der Staten Generaal;  Reformatorisch Dagblad; De Volkskrant.

    Le juteux business des ovocytes en Belgique

    15/05/2019 - Procréation médicalement assistée PMA / GPA

    Après avoir interrogé différentes femmes donneuses d’ovocytes et plusieurs cliniques belges, la journaliste Sofia Costoglou révèle la réalité financière du don d’ovules dans une enquête pour « 7 à la Une » (RTBF).

    En Belgique, la loi stipule que « la commercialisation des gamètes humains est interdite ». Cependant, bien que le don doive être gratuit, il peut néanmoins donner lieu à « une indemnité qui couvre les frais de déplacement ou de perte de salaire de la personne prélevée [et] peut également couvrir les frais d'hospitalisation inhérents au prélèvement d'ovocytes de la donneuse. »   

    Le caractère très relatif d’une telle indemnité donne lieu à des rémunérations pouvant aller de 500€ à 2000€ dans certaines cliniques, « parce que si on ne donne rien […] on n’aura personne » (une responsable de clinique). « Avec un montant aussi attractif, le don censé être altruiste et désintéressé prend des allures de business » explique Sofia Costoglou.

    La journaliste s’est fait passer pour une donneuse auprès de plusieurs cliniques, en insistant sur ses motivations économiques sans que cela n’ait posé problème à ses interlocuteurs. Cependant, rares sont les cliniques qui affichent clairement leurs tarifs.

    Sans étonnement, les cliniques qui proposent de larges rémunérations ne souffrent pas du manque de donneuses, contrairement aux autres. Peut-on alors encore parler d’altruisme pour ce type de don ou plutôt de marchandisation du corps ? 

    Sources : Gènéthique ; RTBF.be     

    Voir aussi le Dossier :  La question du don de gamètes dans la procréation assistée en Belgique

    La Belgique renforce la pénalisation du trafic d’organes humains

    15/05/2019 - Bioéthique, droit et politique

    Des peines allant jusqu’à 10 ans de prison et 75.000 euros d’amende s’appliqueront désormais aux personnes organisant, pratiquant ou bénéficiant du trafic d’organes humains. En sanctionnant plus sévèrement le prélèvement d’organes à des fins commerciales, le législateur donne un signal fort pour d’une part sauvegarder la solidarité interpersonnelle qui découle de la gratuité du don d’organes, et d’autre part protéger « les groupes les plus vulnérables de la société » parfois amenés à vendre leurs organes pour survivre.

    Le 25 avril dernier, le Parlement belge a adopté cette proposition de loi déposée par trois députés de la N-VA (Valérie Van Peel, Yoleen Van Camp, Jan Vercammen). Ils exposent ainsi leurs motifs : « L’ignorance ou la pauvreté peuvent amener certaines personnes à envisager de céder un organe, mais les prestataires de soins qui y participent sont pleinement conscients de cette problématique. De même, il convient de sanctionner sévèrement les personnes qui recrutent des donneurs ou mettent en relation les demandeurs et les donneurs dans le circuit commercial. »

    Chose nouvelle, celui qui transplante ou qui reçoit en connaissance de cause un organe ayant fait l’objet d’une transaction commerciale sera, lui aussi, sanctionné : « En sanctionnant également les receveurs, nous souhaitons réduire la demande d’organes sur le circuit commercial. Lorsqu’elle aura diminué, l’offre devra suivre, ce qui rendra le trafic d’organes moins attrayant. » Cela vaut également pour le ressortissant belge qui se fait greffer un tel organe à l’étranger.

    La législation belge en vigueur avant cette nouvelle loi interdisait déjà le prélèvement d’organes à titre lucratif et sa facilitation, mais visiblement sans efficacité ; en effet, on a encore relevé récemment des cas de transplantations d’organes vendus depuis des pays pauvres ou même volés sur des victimes tuées ou condamnées à mort.

    Voir Dossier : Donner pour sauver

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