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Bulletin de l'IEB - 19 août 2011

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[Français] 19 août 2011

Sommaire

  •   Les poumons d’une personne euthanasiée sont de meilleure qualité pour une transplantation
  •   Recourir au DPI pour éviter de transmettre une maladie héréditaire à ses petits-enfants?
  • Les poumons d’une personne euthanasiée sont de meilleure qualité pour une transplantation

    01/07/2011 - Fin de vie

     Faisant suite au congrès de l’Académie Royale de Médecine de Belgique et la Koninklijke Academie voor Geneeskunde van België organisé à Bruxelles et à l’article publié dans le Bulletin de l’IEB du 18 janvier 2011, « Transplantation d’organes : donation vivante et après euthanasie ? », plusieurs publications ont vu le jour, plusieurs médecins publient aujourd’hui leurs réflexions sur la façon dont ils ont procédé pour ces dons d’organes consécutifs à une euthanasie entre 2007 et 2009. 

    Dans un article publié dans  Applied Cardiopulmonary Pathophysiology, les auteurs observent que la qualité des poumons d’une personne ayant été euthanasiée semble bien supérieure à celle de ceux prélevés sur les donneurs dont la mort cérébrale a été constatée ou les personnes décédées par arrêt cardiaque. Par rapport à ces derniers en effet, le corps des personnes qui sont euthanasiées, ne subit pas les effets (négatifs) de l’agonie avant l’arrêt de la circulation.

    La transplantation d’organes après une euthanasie est peu commune puisque la majorité des personnes demandant à être euthanasiées souffrant d’un cancer, leurs organes peuvent difficilement être transplantés après leur mort chez un receveur.

    Toutefois, ce fut le cas pour quatre personnes euthanasiées entre 2007 et 2009. Toutes étaient affectées d’une maladie non terminale. Elles avaient entre 48 et 62 ans. Trois d’entre elles souffraient d’une maladie neurologique ou musculaire dégénérescente. La quatrième personne n’était pas non plus en fin de vie, mais souffrait d’un « trouble mental insupportable » (automutilation).

    Les auteurs de ces publications insistent sur le fait que les actes médicaux posés l’ont été en parfaite concordance avec la législation en vigueur en Belgique. Les patients euthanasiés et potentiellement donneurs, ont préalablement donné leur consentement.

    Le don d’organes est assez bien organisé en Belgique. Eurotransplant qui coordonne les transplantations d’organes en Autriche, Belgique, Croatie, Allemagne, Luxembourg, Pays-Bas et Slovénie, a élaboré un protocole pour le « Don d’organes et la transplantation  après une euthanasie ».

    Les médecins et auteurs de l’article, dont l’équipe est dirigée par par le Prof. Dirk Van Raemdonck (UZ Gasthuisberg, Katholiek Universiteit Leuven),  soulignent toutefois qu’il n’est actuellement pas encore possible d’évaluer quelles sont les conséquences et l’effet toxique sur les tissus des poumons de la dose létale des barbituriques administrés lors de l’euthanasie du donneur.

    L’article décrit l’enchaînement des procédures. Une radiologie de leurs poumons est réalisée quelques jours avant la « procédure ». Les donneurs sont admis à l’hôpital quelques heures avant d’être euthanasiés, afin de préparer toute l’infrastructure : deux salles différentes mais connexes, l’une pour l’euthanasie, l’autre pour le prélèvement après l’arrêt cardiaque provoqué.

    Il est mentionné que juste avant de pratiquer l’euthanasie, le médecin a d’abord administré un anticoagulant à la personne afin de préserver ses organes. Dès que l’arrêt cardiaque a été constaté par trois médecins indépendants, le corps a été transporté dans la salle de prélèvement et immédiatement entubé pour garder les organes « vivants » et éviter leur dégradation. Quatorze minutes se sont écoulées entre le geste d’euthanasie et l’opération de prélèvement des différents organes. Les euthanasies ont été faites par une équipe de médecins différente de celle procédant aux prélèvements et transplantations.

    L’anonymat et les circonstances de la mort du donneur ne sont pas connus du receveur. Certains soulignent que le prélèvement des organes après une euthanasie permet une meilleure planification qui profite aussi au donneur.

     

     

     

       

    Recourir au DPI pour éviter de transmettre une maladie héréditaire à ses petits-enfants?

     Le 21 juin 2011, Christine Defraigne et Jacques Brotchi (MR) ont déposé devant le Sénat  une proposition de loi (5-1103/1)  visant à étendre le champ d’application du diagnostic préimplantatoire (DPI). Pour rappel, le DPI est une technique utilisée dans le cadre d’une fécondation in vitro, qui consiste à analyser les caractéristiques génétiques des embryons afin de choisir ceux qui seront réimplantés. Par cette proposition, les auteurs souhaitent étendre cette possibilité aux parents qui souhaiteraient éviter la naissance d’enfants « porteurs sains » d’une maladie, c'est-à-dire qui n’auraient aucun symptôme de la maladie mais seraient susceptibles de la transmettre à leurs éventuels descendants. Les centres de fécondation in vitro auraient néanmoins l’obligation de vérifier si les parents auraient renoncé à leur projet d’enfanter s’ils n’avaient pu recourir au diagnostic préimplantatoire.

    Sur le DPI, voir aussi Dossier de l'IEB "Y a-t-il un "bon" et un "mauvais" eugénisme?"

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