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Belgique : pilule du lendemain et centres de planning

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[Français] 24 mai 2017

Sommaire

  •   Belgique : pilule du lendemain : comment les centres de planning peuvent-ils sortir de l'illégalité?
  •   Europe : recours accru à la FIV malgré une fertilité stable.
  • Belgique : pilule du lendemain : comment les centres de planning peuvent-ils sortir de l'illégalité?

    24/05/2017 - Début de vie

    Le Lévonorgstrel ou Norlevo est une contraception d’urgence plus connue sous le nom de « pilule du lendemain » puisqu’elle permet d’éviter 7 à 9 fois sur 10 une grossesse si elle est prise dans les 72 heures suivant un rapport sexuel non protégé.

    En Belgique, la pilule du lendemain est, comme tout autre contraceptif hormonal, obligatoirement délivrée soit par un médecin soit par un pharmacien conformément à la loi sur les médicaments.

    Le Norlevo est légalement disponible dans les centres de planning familial toujours à condition que ce soit un médecin (ou un pharmacien) qui la délivre à la femme qui en fait la demande. Or, en pratique, il est courant que le personnel des plannings familiaux délivre lui-même la pilule lorsque le médecin est absent ou occupé.

    Afin que les centres puissent continuer cette pratique sans demeurer dans l’illégalité, deux propositions de loi ont été déposées à la Chambre en vue de « créer un régime d’exception pour les centres de planning familial ».

    Le mardi 16 mai, ces propositions ont été rejetées. La loi sur les médicaments ne sera de ce fait pas modifiée. La ministre de la Santé, Maggie De Block, a rappelé que « La prescription de la pilule contraceptive par un médecin reste primordiale dans le cadre du suivi médical des patients ».

    La Députée socialiste Fabienne Winckel s’est quant à elle indignée de cette décision : « Pourquoi la ministre et sa majorité s’entêtent-ils à refuser cette autorisation alors que la pilule du lendemain est déjà disponible sur internet sans aucune prescription ? Les centres de planning familial ont pourtant besoin de cette autorisation pour pouvoir pleinement exercer leur mission : proposer un lieu d’accueil où chacun peut trouver une aide en matière de vie sexuelle et affective et qui délivre notamment, en toute confidentialité, des pilules du lendemain aux jeunes filles qui en expriment le besoin. »

    Nonobstant les problèmes de santé qu'elle peut provoquer ("Bombe hormonale") et qui justifie l'intervention d'un médecin, il faut rappeler que la pilule du lendemain peut éventuellement être abortive dans la mesure où, s'il y a déjà eu conception, elle empêchera la nidation de l'oeuf fécondé.

    Source : RTBF

     

    Europe : recours accru à la FIV malgré une fertilité stable.

    24/05/2017 - Procréation médicalement assistée PMA / GPA

    Un article du European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology fait état d’un usage toujours plus conséquent de la fécondation in vitro (FIV) malgré une fertilité stable. Depuis la mise au point de cette technique en 1978, 1,4 millions d’enfants en seraient nés en Europe selon ESHRE (4 millions dans le monde).

    La forte hausse des demandes de FIV laisse penser que la population est de plus en plus confrontée à une incapacité à concevoir naturellement. Notre santé reproductive serait-elle en déclin ? Les auteurs de l’étude répondent par la négative : le taux d’infertilité est stable sur ces 20 dernières années. Comment donc expliquer cette explosion du recours à la FIV ?

    L’accès généralisé aux moyens de contraception depuis les années 1970 encourage à reporter sa maternité après de plus longues études supérieures et l’accomplissement d’ambitions de carrière. Or, c’est entre 18 et 30 ans que les femmes sont les plus fertiles. La FIV est perçue comme pouvant émanciper de l’horloge biologique féminine et de grands espoirs sont placés dans cette technique pour avoir des enfants au moment choisi, surtout à partir de 35 ans.

    L’infertilité est définie depuis 2008 comme l’incapacité à concevoir malgré des rapports sexuels réguliers non protégés pendant plus d’un an. Un amalgame s’est fait entre l’infertilité périodique et l’incapacité absolue à procréer pour des raisons bien identifiées. Etre toujours infertile au bout d’un an est interprété souvent à tort comme une maladie du système reproductif plutôt qu’un échec temporaire à concevoir. On estime alors que les chances de concevoir après 1 an de rapports infertiles justifie le recours à la FIV. Pourtant, 50% des couples échouant à concevoir au bout d’un an y parviennent naturellement la 2ème année et encore nombreux sont ceux qui y arrivent les années suivantes.

    Une idée selon laquelle la qualité du sperme serait en déclin s’est répandue malgré l’absence de preuves scientifiques, provoquant un recours précipité à la FIV. Même si la pollution environnementale présente un risque pour la fertilité humaine, on ne peut affirmer qu’elle soit à l’origine d’une « crise du sperme ».

    Il serait bon de rappeler que la FIV présente plus de risques et d’effets secondaires qu’une grossesse naturelle. Ne vaudrait-il alors pas mieux attendre au-delà d’un an avant d’envisager la FIV et anticiper sa maternité ?

    Source : E. te Velde, et al., Ever growing demand for in vitro fertilization despite stable biological fertility - A European paradox, Eur J Obstet Gynecol (2017)

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