Un fœtus sauvé grâce à une greffe de moelle osseuse in utero

 Imprimer

Thématique : Statut du corps humain / Embryons

Actualités

Publié le : 11/03/2019

Une belle réussite médicale avec toutefois une vraie question éthique : peut-on disposer du corps d'un enfant déjà né pour guérir le foetus que l'on porte ?

Les faits sont les suivants : le foetus était porteur d'une rare mutation génétique rendant inopérant son système immunitaire. Il a pu être sauvé grâce à une greffe de moelle osseuse in utero, moelle osseuse prélevée chez sa soeur de 4 ans. 

La maladie rare du foetus pouvait en principe être facilement guérie grâce à une greffe de moelle osseuse après l'accouchement. Mais la maman avait contracté la toxoplasmose au début du second trimestre de la grossesse. Cette maladie infectieuse mettait de fait la vie de l'enfant en danger, son système immunitaire déficient ne pouvant l'en protéger.

Le docteur Alessandra Magnani, pédiatre à l'hôpital Trousseau de Paris, a alors décidé de travailler avec l'hôpital Necker (Paris) pour procéder à la greffe de moelle osseuse durant la grossesse, sans attendre le terme. L'opération est très délicate, extrêmement rare et donc risquée. Des cellules souches ont été prélevées chez la grande soeur âgée de quatre ans, donneuse compatible, puis introduites chez son frère in utero via le cordon ombilical. L'enfant est né à terme et en bonne santé. Il n'a dû suivre aucun traitement médical et n'a aucune séquelle. Les médecins ont prudemment souhaité attendre trois ans et demi pour confirmer la réussite de l'opération.

Un tel succès donne beaucoup d'espoir pour guérir des foetus durant la grossesse, plutôt que de procéder à un avortement "thérapeutique", comme cela est permis jusqu'au terme de la grossesse en France et en Belgique.

Toutefois, se pose ici la question éthique de l'indisponibilité du corps de la grande soeur à qui l'on a prélevé des cellules souches : la fin thérapeutique de l'opération justifie-t-elle qu'on prélève du matériel corporel (on connaît la lourdeur d'un prélèvement de moelle osseuse) sur une enfant de 4 ans dont on ne peut, à cet âge, s'assurer du consentement ? Peut-on, dans ce cas, réellement parler de "don" ou se limite-t-on au "prélèvement" ? 

Sources : aphp.fr, Blood advances, sciencesetavenir.fr, IEB


Articles similaires

Un nouveau-né lorrain sauve un patient américain

Un nouveau-né lorrain sauve un patient américain

- Embryons

Grâce à un bébé né à la polyclinique Majorelle à Nancy, un patient américain va voir ses chances de guérison augmenter considérablement. En effet, ce malade va bénéficier d'une greffe de cellules souches issues de la poche de sang prélevé par le cordon ombilical du nouveau-né immédiatement après sa naissance.
Depuis novembre dernier, la maternité de la polyclinique Majorelle, seul établissement lorrain à proposer cette démarche, informe les parents sur la possibilité qu'ils ont de faire un don...

Lire la suite

UCL - Bruxelles: allogreffe ovarienne suivie d'une naissance

UCL - Bruxelles: allogreffe ovarienne suivie d'une naissance

- Grossesse

Une patiente précocement ménopausée suite à une chimiothérapie et des rayons a pu mener à terme sa grossesse grâce à une allogreffe d'ovaire. Ce tissu ovarien a été prélevé chez sa soeur génétiquement différente mais " HLA " compatible. Il s'agit de la première naissance au monde après allogreffe de tissu ovarien entre soeurs non jumelles.

Communiqué de presse des Cliniques St Luc

Lire la suite

Sur le point d'être euthanasié, un patient psychiatrique guérit grâce à un deuxième médecin

Sur le point d'être euthanasié, un patient psychiatrique guérit grâce à un deuxième médecin

- Euthanasie et suicide assisté

C'est pour la première fois en début de l'année 2019, que le psychiatre Albert Batalla se voit sollicité pour donner un second avis dans le cadre d'une demande d'euthanasie. Le dossier médical qu'il reçoit indique que le patient souffre d'hallucinations psychotiques : cela fait 8 ans qu'il entend perpétuellement des chansons de Saint-Nicolas. Les traitements mis en oeuvre jusqu'ici n'ont produit aucune amélioration, à tel point que le patient demande l'euthanasie pour s'en délivrer.

Pour cela...

Lire la suite