Donner son corps à la science pour payer son enterrement ?

 Imprimer

Thématique : Statut du corps humain / Don d'organes et mort

Actualités - Pays-Bas

Publié le : 12/03/2020

Donner son corps à la science pour payer son enterrement ?

Aux Pays-Bas, une entreprise américaine s'engage à payer les frais funéraires de personnes décédées si celles-ci donnent leurs corps à la science. Après leur décès, le corps de ces personnes est donc transféré à cette entreprise privée dénommée Rise Labs. Celle-ci vend par la suite certaines parties des corps humains en question.

Si le don de corps est motivé par des raisons financières – en l'occurrence le fait de bénéficier de frais funéraires payés - cela remet alors en cause la notion juridique d'indisponibilité, ou plus précisément de non-patrimonialité du corps. Notons que la législation en vigueur aux Pays-Bas interdit d'encourager par des incitations financières le don de corps. Pour Britta van Beers, professeur à l'Université libre d'Amsterdam, ‘'le don de corps est présenté comme une option budgétaire. Donc : si vous donnez votre corps, ce n'est pas seulement bon pour la science mais aussi pour votre portefeuille''.

Outre les enjeux juridiques qu'une telle pratique soulève, commercialiser ainsi des morceaux de corps humains pose également question d'un point de vue éthique.

De telles pratiques peuvent en effet conduire à considérer le corps humain de manière utilitariste. Ce même danger apparaît en matière d'euthanasie, avec le don d'organes post-euthanasie. Un risque de confusion se dessine entre la volonté de mourir et la décision de donner ses organes, dans la mesure où certaines personnes, malades ou handicapées, pourraient arriver à la conclusion qu'elles pourraient être plus ‘'utiles'' en donnant leurs organes par le biais d'une euthanasie.

 

Source : Medisch Contact


Articles similaires

Avortement  et clause de conscience :  la Cour Européenne des Droits de l'Homme condamne la Pologne

Avortement et clause de conscience : la Cour Européenne des Droits de l'Homme condamne la Pologne

- Clauses de conscience

Le 26 mai 2011, la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a sanctionné la Pologne pour des "carences" dans la mise en oeuvre de sa législation sur l'IVG. Cet arrêt a été rendu après le recours d'une femme n'ayant pas pu obtenir une interruption volontaire de grossesse (IVG) dans les délais légaux.

La requérante avait donné naissance à une petite fille atteinte du syndrome de Turner en juillet 2002. Cette anomalie génétique avait été décelée lors d'une amniocentèse pratiquée pendant sa g...

Lire la suite

Nouvelle brochure : "La clause de conscience au profit des professionnels de la santé en Belgique"

Nouvelle brochure : "La clause de conscience au profit des professionnels de la santé en Belgique"

- Clauses de conscience

Un médecin peut-il refuser de pratiquer une euthanasie ? Une infirmière peut-elle refuser de participer à un avortement ? Un pharmacien peut-il refuser de délivrer certains produits ? La légitimité de ces attitudes est-elle consacrée en droit voire reconnue par la loi belge ?

De façon synthétique, sous la forme de questions-réponses, cette brochure de l'Institut Européen de Bioéthique tente de faire le point sur ces questions.

Si vous souhaitez recevoir cette brochure par la poste, laissez-...

Lire la suite

Le Parlement Européen désavoue l’objection de conscience des professionnels de la santé.

Le Parlement Européen désavoue l’objection de conscience des professionnels de la santé.

- Clauses de conscience

Le rapport Ernest Urtasun sur « L'égalité entre les femmes et les hommes dans l'Union européenne » a été adopté mardi 14 mars 2017 par le Parlement Européen malgré un paragraphe 47 comportant une entrave évidente à l'objection de conscience.

En appelant « les Etats membres à faire en sorte que les clauses d'objection de conscience n'empêchent pas les patients d'accéder à des soins médicaux licites », y compris la contraception et l'avortement mentionnés dans les paragraphes 46 et 48, le Parle...

Lire la suite