Don d’organes après une euthanasie ?

 Imprimer

Thématique : Statut du corps humain / Don d'organes et euthanasie

Actualités

Publié le : 07/06/2010

Des médecins de l'hôpital universitaire d'Anvers ont expliqué avoir accédé à la demande d'euthanasie d'une patiente de 44 ans qui, après un accident cardio-vasculaire, était totalement dépendante (Locked-in syndrome). La patiente tout à fait consciente a pu communiquer avec son entourage et exprimer non seulement son désir d'être euthanasiée, mais aussi de permettre le prélèvement de différentes parties de son corps dont son foie et ses reins, en vue d'un don post-mortem.
Ce cas semble ne pas être isolé comme le mentionne une intervention de ces mêmes médecins lors du Congrès sur les transplantations d'organes de 2008 (European Society for Organ Transplantation). Une telle pratique  consiste à organiser une euthanasie et, dix minutes après l'arrêt cardiaque de la patiente s'est arrêté, intervient  l'opération en vue du prélèvement des organes. Les médecins de l'hôpital anversois semblent considérer que cette pratique est tout à fait éthique, légale et en concordance  avec la pratique en vigueur dans les pays où l'euthanasie est dépénalisée (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg).
Le manque d'organes est tel qu'ils se réjouissent de l'apparition d'une nouvelle source d'approvisionnement et estiment en outre que « cela peut aussi réconforter le donneur (qui demande l'euthanasie) et sa famille, de savoir que, demandant que l'on mette fin à sa vie, la personne permet ainsi d'aider d'autres êtres humains qui ont un besoin vital d'un organe. » 

Source: European Society for Organ Transplantation 21 (2008), p. 915.


Articles similaires

Royaume-Uni : provoquer la mort des personnes en état prolongé de coma pour prélever leurs organes ?

Royaume-Uni : provoquer la mort des personnes en état prolongé de coma pour prélever leurs organes ?

- Don d'organes et euthanasie

Dans un article publié par le Journal of Medical Ethics, le Dr Zoe Fritz a demandé que les tribunaux puissent accorder aux médecins l'autorisation de provoquer la mort de patients en état végétatif chronique. Actuellement, la législation du Royaume-Uni interdit l'euthanasie et l'assistance au suicide est passible de peines pouvant aller jusqu'à 14 ans de prison.  

Cependant, certaines dispositions légales prévoient qu'un juge puisse autoriser le médecin à interrompre l'hydratation et l'alimen...

Lire la suite

Proposer aux personnes admises à l’euthanasie de donner leurs organes ?

Proposer aux personnes admises à l’euthanasie de donner leurs organes ?

- Don d'organes et euthanasie

Professeur émérite à l'Université catholique de Louvain, médecin chirurgien spécialiste des greffes de foie, et membre du comité d'éthique des cliniques Saint-Luc, Jean-Bernard Otte a donné ce mardi 20 février 2018 une conférence à l'Académie royale de Médecine de Belgique sur le thème " Don d'organes après euthanasie." Cette conférence fait suite à une première conférence déjà donnée à Tournai le 16 décembre 2017.

Le Prof. Otte a rappelé, dans une vision qu'il assume être tout-à-fait « utili...

Lire la suite

Le don d’organes après euthanasie : les chiffres parlent

Le don d’organes après euthanasie : les chiffres parlent

- Don d'organes et euthanasie

Le nombre de personnes euthanasiées sur lesquelles des tissus ou des organes sont prélevés, augmente aux Pays-Bas comme en Belgique. Malgré cela, des médecins considèrent que cette pratique n'est pas encore assez connue et veulent l'encourager pour répondre aux longues files d'attentes pour les transplantations (ex. 761 personnes sur la liste d'attente pour l'implantation d'une cornée).

L'enjeu est de taille : les personnes mourant par euthanasie représentent 4,4 % des décès aux Pays-Bas. Le ...

Lire la suite