Belgique : donneurs d’organes et réseaux sociaux

 Imprimer

Thématique : Statut du corps humain / Don d'organes, de tissus et de sang

Actualités - Belgique Belgique

Publié le : 27/09/2017

Quand un patient doit recevoir une greffe de rein ou de foie, il disposait, jusqu'ici, de deux possibilités : soit il trouve dans son entourage familial ou amical une personne prête à lui faire, de son vivant, don d'un rein ou d'une partie du foie ; soit il s'inscrit sur une liste en attendant que décède une personne sur laquelle on pourra prélever les organes recherchés (rappel : en Belgique, toute personne est réputée consentir, sauf démarche en sens contraire, à un tel don post mortem).

Mais une troisième voie est apparue plus récemment : l'appel d'un patient sur les réseaux sociaux, expliquant son parcours médical et sollicitant un don d'organes de la part d'un généreux internaute. Cette dernière démarche, que les Néerlandais appellent le don altruiste ciblé, est-elle conforme à l'éthique ? Le Comité consultatif de Bioéthique de Belgique a remis sur ce sujet l'avis n° 72.

Comme d'habitude, l'avis est partagé. Certains membres estiment que cette sollicitation publique de dons d'organes par un donneur vivant se justifie par son utilité : les réseaux sociaux offrent en effet une possibilité supplémentaire d'obtenir des organes qui, dans notre pays, continuent à faire cruellement défaut. Ces membres signalent tout de même l'inconvénient pratique de procéder à l'examen – tant médical que psychologique – de tous les candidats qui auraient répondu à l'appel, ce qui peut entraîner de grosses pertes de temps. Ils signalent aussi le court-circuit qu'opère la demande publique par rapport aux patients inscrits sur la liste d'attente, et qui se voient ‘doublés' par les réseaux sociaux.

Les autres membres du Comité émettent de plus nettes réserves sur l'éthique du procédé et demandent que les centres de transplantation ne donnent pas suite aux accords réalisés entre donneur et receveur grâce à Internet. A leurs yeux, d'abord il n'apparaît pas sain qu'un patient joue sur l'émotion provoquée par son cas personnel pour susciter la démarche de donneurs potentiels ; ensuite et surtout, le plus gros obstacle éthique vient du risque de paiement.

Or tous les membres du Comité rejettent – unanimement cette fois – la rétribution du donneur : comme son nom l'indique, le don doit rester bénévole ; seule une compensation des frais du prélèvement est autorisée.

Source : Comité de Bioéthique de Belgique


Articles similaires

DON D’ORGANES

- Don d'organes, de tissus et de sang

 Don d'organes après euthanasie : nouvelles directives en place aux Pays-Bas

Belgique : 684 organes auraient pu être disponibles après euthanasie en 2015

Belgique : donneurs d'organes et réseaux sociaux

Suisse : modifications des directives pour diagnostiquer la mort

Lire la suite

CONSEIL DE L’EUROPE – Journée européenne du Don d’organes

CONSEIL DE L’EUROPE – Journée européenne du Don d’organes

- Don d'organes, de tissus et de sang

Ce 11 octobre 2014 aura lieu cette année la journée européenne du don d'organes, dont l'objectif est de sensibiliser aux besoins croissants en matière de dons et de transplantations. Le Conseil de l'Europe le souligne en chiffres : « En 2013, 17 020 personnes en Europe ont pu bénéficier d'une greffe de rein. Mais au cours de cette même année, 14 personnes en moyenne sont mortes chaque jour du fait de la pénurie d'organes disponibles pour la transplantation - 14 personnes qui auraient pu surviv...

Lire la suite

Don d'organes: exclure les patients atteints de la maladie de Parkinson ?

Don d'organes: exclure les patients atteints de la maladie de Parkinson ?

- Don d'organes, de tissus et de sang

Dans son avis n°8800, le Conseil supérieur de la santé s'est penché sur la pertinence de l'exclusion des personnes atteintes de la maladie de Parkinson (MP) de la liste des donneurs de tissus, organes et cellules.

En effet, l'évolution de cette maladie est lente et le mécanisme de transmission n'est pas démontré. La prévalence de cette maladie est de 3 pour 1000 au sein de la population belge et nombreux sont les patients en attente d'une greffe.  Au vu de ces considérations, le Conseil Supér...

Lire la suite