Un hôpital poursuivi pour « mort injustifiée » d’embryons

 Imprimer

Thématique : Recherche biomédicale / Recherche sur les embryons

Actualités - Etats-Unis

Publié le : 12/12/2018

Le 3 mars 2018 à Cleveland (Ohio), une défaillance dans le congélateur d'un centre de fertilité universitaire a provoqué la perte d'environ 4.000 embryons et ovocytes, lésant au total plus de 950 patients.

Une septantaine de victimes de l'accident ont entamé des actions en justice contre l'hôpital universitaire. « Je pense à comment, et qui ils auraient été. C'étaient mes futurs enfants … », exprime Kate Plants, qui vit difficilement la perte de ses embryons. 

Parmi les plaignants, un couple accuse l'hôpital de « mort injustifiée » de ses trois embryons. L'action de Wendy et Rick Penniman vise ainsi à établir que les embryons doivent être considérés comme des patients, car ils sont « des vies laissées entre les mains de l'hôpital », selon leurs mots. Jugée inadmissible en première instance, l'affaire a été portée devant la cour d'appel. “Ce que nous avons fait ici, c'est permettre à la cour d'appel de trouver un moyen de confirmer ce que veut la majorité des Américains, à savoir que la loi décrète que la vie commence dès la conception”, explique leur avocat, Bruce Taubman. Selon lui, le couple est prêt à aller jusqu'à la Cour Suprême des Etats-Unis, si nécessaire.

La nouvelle n'a pas tardé à provoquer des réactions de méfiance : des bioéthiciens et des juristes ont dit leur crainte de voir un tel jugement, s'il advenait, limiter la pratique de l'avortement, de la recherche sur les embryons et de la fécondation in vitro.

D'autres pistes de poursuites sont la rupture du contrat, la faute professionnelle médicale, l'infliction négligente d'une détresse émotionnelle, ou la perte de propriété (invoquée par la majorité des plaignants).

Ce cas s'avère d'autant plus compliqué que le système juridique applicable n'a pas prévu de voies judiciaires qui permettent de réclamer des dommages et intérêts pour destruction d'ovocytes ou d'embryons, un incident qui dévoile les limites et les risques inhérents à la fécondation in vitro.

Il n'empêche que ce n'est pas la première fois aux Etats-Unis que des gamètes et des embryons ont été incidemment détruits ou endommagés. Combien et quand ? Aucun répertoire ne permet de le savoir. 

Source : Bioedge, CNN, www.cleveland.com


Articles similaires

Commission de contrôle Recherche Embryons : nomination de 10 membres suppléants

Commission de contrôle Recherche Embryons : nomination de 10 membres suppléants

- Recherche sur les embryons

La Commission fédérale pour la recherche médicale et scientifique sur les embryons in vitro est chargée de contrôler le respect de la loi autorisant la recherche et la création d'embryons humains à des fins de recherche. C'est ainsi que la recherche peut utiliser des embryons surnuméraires et créer des embryons (y compris par le biais de la technique du clonage thérapeutique) à condition de respecter les conditions strictes prévues explicitement par la loi. La loi précise qui peut mener la rec...

Lire la suite

Développement d’embryons humains en laboratoire au-delà des 14 jours ?

Développement d’embryons humains en laboratoire au-delà des 14 jours ?

- Recherche sur les embryons

Dans un article publié le 5 mars dernier, des scientifiques invitent les décideurs politiques à repousser la limite des 14 jours durant laquelle les chercheurs sont autorisés à observer le développement d'embryons en éprouvette (in vitro). L'appel s'adresse également à la Société Internationale pour la Recherche sur les Cellules souches (ISSCR), l'organisation phare qui rassemble les chercheurs en matière de cellules souches et dont la position revêt une certaine autorité pour les législateurs...

Lire la suite

Tests chromosomiques sur les embryons conçus in vitro pour éviter une fausse couche ?

Tests chromosomiques sur les embryons conçus in vitro pour éviter une fausse couche ?

- Recherche sur les embryons

Que penser des tests chromosomiques réalisés sur les embryons conçus in vitro avant de les réimplanter in utero ? Serait-ce éthique d'effectuer des tests pour détecter les éventuelles anomalies chromosomiques des embryons et d'écarter ainsi ceux qui éventuellement seraient sujets à une fausse couche ?

Une étude a été réalisée par neuf centres médicaux spécialisés dans la fécondité et la génétique, dont le Centre de la reproduction humaine et le Centre de la médecine génétique de l'UZ Brussel....

Lire la suite