Pays-Bas : autoriser la création d’embryons exclusivement pour la recherche scientifique ?

 Imprimer

Thématique : Recherche biomédicale / Recherche sur les embryons

Actualités - Pays-Bas Pays-Bas

Publié le : 05/04/2017

Créer des embryons au service exclusif de la recherche fondamentale et en vue de développer des techniques d'édition du génome : voilà ce qui vient d'être proposé aux Pays-Bas. Parmi les techniques disponibles, on compte notamment le CRISPR-Cas9, qui implique la modification du code génétique de l'embryon ainsi que de sa descendance.Cette demande a été adressée au ministre de la Santé publique, du Bien-être et des Sports (Volksgezondheid, Welzijn en Sport, VWS ) et à la Chambre par le Conseil de la Santé, en accord avec la Commission pour la Modification Génétique (COGEM). Ces derniers soulignent combien la technique du CRISPR-Cas9 est prometteuse et permettra d'intervenir sur l'embryon atteint d'une maladie héréditaire en modifiant le génome de chaque cellule.Il est ainsi présenté comme étant urgent que les lois des Pays-Bas soient adaptées et permettent aux chercheurs d'avoir des embryons pour avancer dans ces recherches, tout en « encadrant de façon bien stricte » ces pratiques.
Actuellement la recherche sur embryons, y compris le transfert de noyau, est permise par la loi, mais uniquement sur des embryons surnuméraires qui ont été congelés et qui, abandonnés à la science, ne font plus l'objet d'un projet parental.
Ce qui est demandé par le Conseil de la Santé et le COGEM n'est pas seulement de pouvoir disposer d'embryons « frais » pour la recherche, mais aussi de pouvoir réimplanter les embryons modifiés - pour lesquels il y a eu un transfert de noyau - dans l'utérus d'une femme. Cette pratique est actuellement interdite : la loi ne permet pas qu'un embryon modifié soit replacé dans le cadre d'une PMA.

Rappelant l'interdit du clonage, des scientifiques ont fait entendre leur voix. L'Académie Royale Néerlandaise des Sciences (KNAW) avait d'ailleurs pris position en novembre 2016, arguant qu'il ne fallait pas précipiter les choses car la recherche n'était pas au point et qu'il était nécessaire d'avoir un débat sociétal sur le sujet, les enjeux étant très importants.
Rappelons qu'en Belgique, la loi de 2003 permet non seulement la recherche sur les embryons surnuméraires mais aussi la création d'embryons uniquement pour la recherche. La loi ne permet toutefois pas (encore) la réimplantation d'embryons génétiquement modifiés.


Articles similaires

La création d’ « embroïdes » provoque un flou éthique nouveau

La création d’ « embroïdes » provoque un flou éthique nouveau

- Recherche sur les embryons

En septembre 2017, des chercheurs de l'Université de Michigan ont déclaré avoir découvert une nouvelle manière de créer des embryons. L'équipe tentait de créer des « organoïdes », organes miniatures, à partir de cellules souches humaines. Elle s'est rendue compte que ces agrégats de cellules s'organisaient de telle manière à présenter progressivement de plus en plus les caractéristiques d'un embryon.

Il manquait à ces entités dites « embroïdes » plusieurs types de cellules-souches-clefs. Ceci...

Lire la suite

France : 5 autorisations de recherche sur l’embryon illégalement accordées par l’ABM

- Recherche sur les embryons

Suite à un recours formé par la Fondation Jérôme Lejeune en 2012, le Tribunal Administratif (TA) de Paris a déclaré illégales cinq décisions de l'Agence de Biomédecine française (ABM), visant à autoriser des recherches sur l'embryon. Ces recherches conduisant au cours des travaux, à la destruction de l'embryon sont autorisées en France depuis une loi du 6 août 2013. Ce 24 juin 2015, le juge administratif a en l'espèce constaté la violation de l'article L 2151-5 du Code de la santé publique qui...

Lire la suite

Un hôpital poursuivi pour « mort injustifiée » d’embryons

Un hôpital poursuivi pour « mort injustifiée » d’embryons

- Recherche sur les embryons

Le 3 mars 2018 à Cleveland (Ohio), une défaillance dans le congélateur d'un centre de fertilité universitaire a provoqué la perte d'environ 4.000 embryons et ovocytes, lésant au total plus de 950 patients.

Une septantaine de victimes de l'accident ont entamé des actions en justice contre l'hôpital universitaire. « Je pense à comment, et qui ils auraient été. C'étaient mes futurs enfants ... », exprime Kate Plants, qui vit difficilement la perte de ses embryons. 

Parmi les plaignants, un cou...

Lire la suite