Les premiers embryons « homme-mouton » ont 1 mois

 Imprimer

Thématique : Recherche biomédicale / Recherche sur les embryons

Actualités

Publié le : 21/02/2018

Pour la première fois, des embryons hybrides mouton-humain ont été créés. Les résultats de laboratoire ont été présentés lors de la réunion annuelle de l'Association américaine pour l'Avancement des Sciences à Austin, Texas.

Les chercheurs ont introduit des cellules souches humaines dans des embryons de moutons, de telle sorte qu'une cellule de la créature hybride sur 10 000 soit humaine. En termes de pourcentages, la créature est génétiquement mouton à 99 %, et humaine à 1 %.

Il y a quelques mois déjà, des cellules humaines introduites dans des embryons de porc avaient permis la création d'hybrides que les chercheurs avaient surnommés « chimères interspécifiques ». Ces êtres hybrides comptaient une cellule humaine sur 100 000.

Ces recherches ont pour objectif de pallier le manque d'organes disponibles sur le marché pour les greffes. Les chimères devraient devenir nos futures « banques à organes ».  Le principe est simple : les chercheurs bloquent le développement des organes souhaités dans l'embryon mouton, et y introduisent ensuite des cellules souches humaines, qui se développeront normalement à la place de l'organe manquant.

Pour que la greffe d'organes chimères prenne, la présence d'au moins 1 % de cellules humaines dans l'être hybride est impérative, explique le Professeur Hiro Nakauchi, biologiste spécialiste des cellules souches à l'Université de Stanford. Et plus on augmente le ratio humain dans l'animal, plus on diminuera le risque de rejet.

D'importantes questions éthiques se posent sur le genre de créature obtenue : que faire si des cellules souches humaines se retrouvent dans les organes sexuels ou le cerveau de la chimère ? Créerait-on alors un animal avec une intelligence humaine ?

Le risque de transmission potentielle de maladies animales à l'homme n'est pas à négliger non plus.

Jusqu'à présent, les chercheurs sont autorisés à maintenir en vie et à développer les embryons chimères pendant 28 jours : 7 jours in vitro, et puis 21 in vivo (c'est-à-dire réimplantés dans l'animal). Ils souhaitent désormais prolonger l'expérience à 70 jours, afin d'examiner jusqu'à quel stade les cellules souches humaines de l'embryon peuvent créer un organe humain fonctionnel.

 Sources : Sciencepost.fr


Articles similaires

Cour de justice de l'UE: pas de brevet pour les recherches utilisant des embryons humains

Cour de justice de l'UE: pas de brevet pour les recherches utilisant des embryons humains

- Recherche sur les embryons

Le 18 octobre 2011, la Cour de justice de l'Union européenne a interdit le brevetage d'un procédé utilisant des embryons humains et entraînant leur destruction : ce jugement intervient après que Greenpeace a demandé l'annulation d'un brevet portant sur une technique utilisant des cellules souches embryonnaires humaines. La Cour fédérale de justice allemande avait saisi la juridiction du Luxembourg au sujet de l'interprétation de la notion d'embryon humain *.

Dans son arrêt, la Cour de justice...

Lire la suite

Commission de contrôle Recherche Embryons : nomination de 10 membres suppléants

Commission de contrôle Recherche Embryons : nomination de 10 membres suppléants

- Recherche sur les embryons

La Commission fédérale pour la recherche médicale et scientifique sur les embryons in vitro est chargée de contrôler le respect de la loi autorisant la recherche et la création d'embryons humains à des fins de recherche. C'est ainsi que la recherche peut utiliser des embryons surnuméraires et créer des embryons (y compris par le biais de la technique du clonage thérapeutique) à condition de respecter les conditions strictes prévues explicitement par la loi. La loi précise qui peut mener la rec...

Lire la suite

Recherche sur Embryons: rapport de la Commission d'évaluation

Recherche sur Embryons: rapport de la Commission d'évaluation

- Recherche sur les embryons

Belgique : Analyse du rapport de la Commission fédérale pour la recherche médicale et scientifique sur les embryons in vitro

La loi belge relative à la recherche sur les embryons in vitro a été votée le 11 mai 2003. Dans ce cadre législatif, chaque projet de recherche doit recevoir l'aval d'une autorité fédérale, en l'occurrence la Commission fédérale pour la recherche médicale et scientifique sur les embryons in vitro.

Le premier rapport de ladite Commission vient de paraître, 6 ans après l...

Lire la suite