Grande-Bretagne : manipulations génétiques sur l’embryon autorisées

 Imprimer

Thématique : Recherche biomédicale / Recherche sur les embryons

Actualités - Royaume-Uni

Publié le : 01/02/2016

Peut-on modifier  et "purifier" l'ADN défectueux d'un embryon ? Sans répondre explicitement à cette question éthique importante, la HFEA, autorité britannique de la fertilisation humaine et de l'embryologie, a autorisé ce 1er février, la manipulation et la transformation génétique de l'embryon à des fins de recherche. C'est une première en Grande-Bretagne et en Europe.
Cette autorisation concerne la nouvelle méthode de génie génétique qui permet très aisément de modifier l'ADN défectueux à faible coût et sur tous types de cellules, humaines, animales ou végétales. Le CRIPR-Cas9 peut en effet cibler des gènes très précis dans l'ADN et les couper par le biais d'une enzyme "Cas9". L'ADN subit ainsi des mutations et peut se voir modifié par l'insertion de nouveaux gènes.

Cette méthode peut sembler prometteuse pour le développement de nouvelles approches thérapeutiques pour des maladies génétiques humaines comme la myopathie de Duchenne par exemple. Elle présente toutefois des risques éthiques évidents lorsqu'elle est employée sur des cellules d'embryon, ou de gamètes.

Pour le moment, le régime juridique britannique limite strictement la modification génétique de l'embryon à des fins de recherche : ces embryons modifiés ne peuvent être replacés dans l'utérus d'une femme mais doivent être détruits au bout de deux semaines maximum. La question qui se pose est celle de savoir si les scientifiques s'arrêteront bien là. Car en modifiant irrémédiablement l'ADN humain de l'embryon, on en viendrait à modifier l'espèce humaine. De telles mutations se transmettraient de génération en génération sans que l'on sache les conséquences qu'elles engendrent à plus long terme. En outre, une telle maîtrise des gènes de l'ADN humain pourrait très facilement conduire à choisir un « bébé à la carte », avec l'implication eugéniste que cela représente. En deux ans, cette méthode de modification de l'ADN a fait l'objet de plus de 650 articles dans des revues scientifiques.
Source : Le Monde

Comprendre le CRISPR-cas9: Note d'expert d'Alliance Vita


Articles similaires

Fin des tests sur les embryons humains? Banque de CSA déprogrammées

Fin des tests sur les embryons humains? Banque de CSA déprogrammées

- Recherche sur les embryons

10 sociétés pharmaceutiques internationales vont travailler avec des scientifiques de 11 pays européens pour monter une banque de cellules souches, dont l'objectif sera de tester de nouveaux médicaments, rapporte Foxnews.

La StemBANCC, coordonnée par le groupe pharmaceutique suisse Roche et dirigée par des scientifiques de l'université d'Oxford, prélèvera des cellules souches chez des personnes adultes atteintes de maladies telles que le diabète ou la démence.
Les chercheurs ont récemment déc...

Lire la suite

Pays-Bas : création d’embryons pour la recherche

- Recherche sur les embryons

Le vendredi 27 mai 2016, la Ministre de la santé néerlandaise Edith Schippers a annoncé un nouveau projet de loi visant à permettre la création d'embryons pour certaines recherches spécifiques relatives à l'infertilité, aux procréations médicalement assistées et aux maladies héréditaires « sous de strictes conditions ». L'objectif de cette loi est, selon la ministre, de faciliter l'accès à « un enfant ou un enfant en bonne santé ».

Les Pays-Bas sont, après la Belgique, un des premiers Etats à...

Lire la suite

Création d'embryons humains pour la recherche : la plupart des Néerlandais disent non

Création d'embryons humains pour la recherche : la plupart des Néerlandais disent non

- Recherche sur les embryons

La population néerlandaise est de moins en moins favorable à la création d'embryons humains à des fins de recherche. C'est ce qui ressort d'une enquête menée par l'Institut Rathenau, situé à La Haye. L'Institut avait déjà sondé la population sur le sujet en 2007. Il présente aujourd'hui de nouvelles données qui devraient peser sur la décision politique de permettre ou non aux chercheurs de "créer" des embryons aux seules fins de la recherche scientifique.

Pour rappel, la loi néerlandaise de 2...

Lire la suite