UK : manipulation génétique : un embryon conçu des gamètes de 2 femmes et d’un homme

 Imprimer

Thématique : Recherche biomédicale / Gamètes

Actualités - Royaume-Uni

Publié le : 12/02/2015

Les députés britanniques s'étant prononcés en faveur de la fécondation in vitro avec remplacement mitochondrial, le Royaume-Uni est sur le point d'autoriser la conception d'un embryon à partir des gamètes de 3 personnes. Cette technologie consiste à retirer de l'ovule de la mère les mitochondries (génératrices d'énergie des cellules) « défectueuses » responsables de maladies comme la myopathie ou le diabète pour les remplacer par des mitochondries saines provenant d'un ovule d'une autre femme.
L'ovule maternel modifié est ensuite fécondé avec le sperme du père en laboratoire, pour être réimplanté dans l'utérus de la mère. Cela implique qu'un couple, même fertile, devrait recourir aux techniques de fécondation artificielle, dont le taux d'échec est non négligeable. Dans le cas d'une naissance, l'enfant ainsi conçu sera alors porteur de toutes les caractéristiques génétiques de son père et de sa mère, mais aussi d'une partie d'ADN mitochondrial de la femme donneuse. Même si les chercheurs estiment que l'ADN mitochondrial ne représente que moins de 1 % de la quantité totale d'ADN contenue dans chaque cellule, cette technique pose de graves questions éthiques.
Tout d'abord, ces modifications génétiques et épigénétiques, quand bien même elles épargneraient des souffrances aux enfants à naître et à leur famille, ne sont-elles pas un geste médical à portée eugéniste ? En effet, on ne soigne pas la maladie du futur bébé, mais on modifie génétiquement les gamètes donneuses en vue d'une procréation non défectueuse.
Le transfert dans un embryon d'une mitochondrie d'une tierce personne franchit une nouvelle barrière. Pour la première fois, un être humain serait génétiquement manipulé, ce qui aura un impact sur toute sa descendance.
De plus, il faudra nécessairement faire appel à des femmes qui devront, après traitement hormonal, donner des ovocytes sains pour en extraire les mitochondries. Quand on sait ce que représente le marché des « dons » ovocytaires, on se doit de rester prudent.
De plus, il y a aussi la question des origines de l'enfant : celui-ci connaîtra-t-il ses origines extra-parentales ? En viendra-t-on à dire que l'enfant a trois parents, mais qu'il n'en connaîtra que deux ?
Au vu du retentissement international qu'aurait une telle décision pour la recherche, on comprend les réticences de différentes instances médicales à propos de la modification de la loi anglaise sur l'embryologie et la fertilisation humaine qui datait de 2008.
Cette nouvelle loi vient d'être adoptée par la Chambre des communes  mais doit encore être examinée le 23 février par la Chambre des Lords.
Source : Le Point – Le Monde
 


Articles similaires

Produire ovocytes, spermatozoïdes à partir de cellules souches embryonnaires et de cellules de peau

Produire ovocytes, spermatozoïdes à partir de cellules souches embryonnaires et de cellules de peau

- Gamètes

Des chercheurs britanniques et israéliens ont produit des cellules de sperme et des cellules précurseurs d'ovocytes humains à partir de cellules souches embryonnaires et de cellules de peau, transformées en cellules souches pluripotentes induites humaines (ipS), avec des taux de 25 à 40% d'efficacité. Ils espèrent les voir évoluer en ovules et en spermatozoïdes, et aboutir ainsi à un embryon viable par fécondation.
Pour vérifier cette hypothèse, les scientifiques envisagent d'injecter les cell...

Lire la suite

Des embryons prédisposés au cancer isolés par un diagnostic pré-implantatoire

Des embryons prédisposés au cancer isolés par un diagnostic pré-implantatoire

- Diagnostics prénataux

Trois jours après la fécondation in vitro d'ovules provenant de femmes qui présentent des affections génitales pouvant mener au cancer (neurofibromatose de type 1 ou maladie de Von Hippel-Landau), des chercheurs de l'hôpital universitaire de Louvain (UZ Leuven)  ont pu  déterminer par des tests génétiques si certains des embryons ont un risque de développer le syndrome du cancer à l'âge adulte. Seuls les embryons ne présentant pas cette affection génitale ont été replacés dans l'utérus

Source...

Lire la suite

Pays-Bas : autoriser la création d’embryons exclusivement pour la recherche scientifique ?

- Recherche sur les embryons

Créer des embryons au service exclusif de la recherche fondamentale et en vue de développer des techniques d'édition du génome : voilà ce qui vient d'être proposé aux Pays-Bas. Parmi les techniques disponibles, on compte notamment le CRISPR-Cas9, qui implique la modification du code génétique de l'embryon ainsi que de sa descendance.Cette demande a été adressée au ministre de la Santé publique, du Bien-être et des Sports (Volksgezondheid, Welzijn en Sport, VWS ) et à la Chambre par le Conseil ...

Lire la suite