La sédation palliative n’est pas un acte d'euthanasie masquée

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Sédation

Actualités - Italie

Publié le : 31/01/2018

En Italie, la célèbre Marina Ripa di Meana, a déclaré ne plus avoir besoin de partir en Suisse pour demander le suicide assisté, puisqu'elle avait découvert les soins palliatifs et la sédation « profonde ».

Sa déclaration pose les deux actes comme des alternatives équivalentes, puisqu'ils provoqueraient tous deux la mort.

En sa qualité de Président national de la Société italienne de soins palliatifs (SICP), Italo Penco tient à rappeler que ces pratiques ne sont pas alternatives, mais au contraire antinomiques.

La sédation palliative est dite « profonde » lorsqu'elle induit un sommeil irréversible chez la personne mourante, dans le sens où le médecin ne la réanimera avant son décès naturel. Cette personne doit être en phase terminale et présenter des symptômes réfractaires. Renzo Puccetti, Professeur de bioéthique à l'Université catholique du Sacré-Coeur à Milan, met à juste titre en garde contre le risque de faire de la sédation profonde une sédation « euthanasique » camouflée.

Néanmoins, contrairement à l'euthanasie et au suicide assisté, la sédation profonde pratiquée dans les règles de l'art ne vise pas à abréger la vie. Comparable à une anesthésie avant une intervention chirurgicale, elle ne provoque nullement le décès, mais induit la perte de conscience afin de soulager la personne jusqu'à son décès.

Citant le cas de Mme Ripa di Meana, Italo Penco demande à ce que l'Italie agisse pour mieux faire connaitre les soins palliatifs, plutôt que de légaliser l'euthanasie et le suicide assisté.

L'Etat n'a jamais fourni les ressources nécessaires à l'application correcte de la « Loi 38 » sur les soins palliatifs dans le pays. Les enfants ne sont pas épargnés : en Italie, seul 1 enfant sur 7 reçoit les soins palliatifs dont il a besoin.

Source : Journal Avvenire


Articles similaires

France : une campagne d’information qui banalise la sédation en phase terminale ?

France : une campagne d’information qui banalise la sédation en phase terminale ?

- Sédation

Faisant suite à une première campagne sur le thème du dialogue patients-professionnels de la santé, le Ministère de la Santé français vient de lancer une nouvelle initiative en vue de sensibiliser le grand public sur les enjeux de la fin de vie. L'objectif est de clarifier les changements législatifs entrés en vigueur depuis un an, et de faire connaître à chacun ses droits en matière de fin de vie.

La plupart des Français ignorent en effet largement le cadre légal de la fin de vie et les mesu...

Lire la suite

Pays-Bas : la pratique de la sédation en hausse constante

Pays-Bas : la pratique de la sédation en hausse constante

- Sédation

En 2016, plus de 20% des personnes décédées à domicile aux Pays-Bas n'étaient pas conscientes au moment de leur mort. En effet, 32.500 personnes se sont vu administrer une sédation chez elles, ce qui constitue une augmentation de 14.000 personnes en 5 ans. Ces chiffres ont été communiqués par la SFK (Fondation pour les statistiques pharmaceutiques), et se basent sur la délivrance des substances par les pharmacies et principalement du Midazolam, produit recommandé pour les sédations par les dir...

Lire la suite

Enregistrer les sédations pour mieux  les contrôler ?

Enregistrer les sédations pour mieux les contrôler ?

- Sédation

Une semaine après la proposition par le CD&V d'évaluer la loi euthanasie, les députées S.PA. Karin Jiroflée et Monica De Coninck ont, le 14 décembre 2017, déposé à la Chambre une proposition visant à clarifier l'application de la sédation palliative en Belgique.

Ce geste médical, qui peut entraîner le décès anticipé du patient, ne fait l'objet d'aucune procédure légale et d'aucun contrôle officiel, contrairement à l'euthanasie, affirment-elles. Seules les recommandations médicales sur le site...

Lire la suite