La sédation palliative : analyse éthique pour dissiper la confusion

 Imprimer

Thématique : Fin de vie / Sédation

Actualités - Belgique Belgique

Publié le : 07/06/2019

Auteur / Source : C. du Bus et E. de Diesbach

La législation belge au sujet de la fin de vie offre le droit aux patients de recourir aux soins palliatifs, parmi lesquels la sédation palliative transitoire ou intermittente et la sédation palliative continue jusqu'au décès. Ces actes médicaux ont pour but de soulager les patients en fin de vie dont les symptômes ne sont plus contrôlables autrement, sans que leur vie ne soit abrégée intentionnellement.

Parler de la sédation est nécessaire pour que les patients et leurs proches, mais aussi les médecins et le monde politique, évitent des rapprochements malheureux entre sédation et euthanasie. En effet, il arrive que la sédation palliative soit perçue comme une sorte d'échappatoire pour les partisans de l'euthanasie, permettant de contourner l'interdit ou d'éviter l'acte d'euthanasie là où il est légal, par une mise à mort lente.

Trois médecins néerlandais se sont penchés sur la sédation palliative dans le Journal of Medical Ethics (JME) du British Medical Journal et ont confirmé que les aspects moraux problématiques de cette pratique ne sont pas correctement évalués ni pris en compte.

Ce dossier a pour objectif d'expliquer la réalité et les enjeux éthiques dans la décision de la sédation. Pourquoi la sédation ? Comment pratiquer une bonne sédation ? Pourquoi ne peut-on pas parler d'euthanasie dans le cadre d'une sédation palliative continue jusqu'au décès? Faut-il mieux encadrer ou même enregistrer les sédations auprès des autorités de santé ? La sédation palliative est-elle une solution « miracle » qui pallie toutes les douleurs et souffrances de la fin de vie, ou une solution « pratique » qui évite d'avoir à se confronter à l'angoisse de la mort ?


Articles similaires

Belgique : contrôler aussi les sédations en fin de vie ?

- Sédation

Réduire volontairement l'état de conscience d'un patient en toute fin de vie, avec son consentement, dans une mesure juste suffisante pour contrôler  un  ou des symptômes réfractaires à tous les moyens médicaux connus, est un acte médical qui demande une grande compétence et des soignants bien formés. Cette sédation palliative ne peut en aucun cas viser à abréger la vie du patient. Car si l'intention du médecin est d'induire le coma pour provoquer la mort du patient, - l'intention est claire -...

Lire la suite

Fiche didactique : la sédation en fin de vie

Fiche didactique : la sédation en fin de vie

- Sédation

Pour les étudiants, leurs professeurs mais aussi les lecteurs pressés, voici une Fiche Didactique (Recto / verso) sur le sujet.

Nous rappelons que l'IEB accueille les requêtes des étudiants pour leur recherches en vue d'un TFE. Nous répondons aussi aux demandes des enseignants qui souhaitent une intervention dans leurs classes.

Lire la suite

Pays-Bas : la pratique de la sédation en hausse constante

- Sédation

En 2016, plus de 20% des personnes décédées à domicile aux Pays-Bas n'étaient pas conscientes au moment de leur mort. En effet, 32.500 personnes se sont vu administrer une sédation chez elles, ce qui constitue une augmentation de 14.000 personnes en 5 ans. Ces chiffres ont été communiqués par la SFK (Fondation pour les statistiques pharmaceutiques), et se basent sur la délivrance des substances par les pharmacies et principalement du Midazolam, produit recommandé pour les sédations par les dir...

Lire la suite